Arabie saoudite - Grupo H

🌙 Les Faucons Verts, une route en lacets vers l’Amérique

🇸🇦🌙 Les Faucons Verts, une route en lacets vers l’Amérique

Entre matches verrouillés et coups de chaud, l’Arabie saoudite arrive au Mondial avec une identité de survie et des détails à régler.

Introduction

Il y a des sélections qui avancent comme un fleuve, avec un courant logique et une destination lisible. Et puis il y a celles qui progressent par méandres, par secousses, par petits ponts franchis au-dessus du vide. L’Arabie saoudite, dans ces qualifications, a souvent ressemblé à ça: une équipe capable d’ouvrir une porte d’un geste net, puis de passer dix minutes à vérifier que la clé est bien dans la poche.

Son parcours a un parfum de contrastes. Les soirs où elle marque tôt, elle respire, elle prend le contrôle émotionnel du match. Les soirs où elle doit courir après le score, elle se heurte à des murs, parfois même à sa propre impatience. On la comprend vite: ce n’est pas une sélection qui cherche l’ivresse, c’est une sélection qui cherche la maîtrise. Et quand la maîtrise se fissure, tout devient plus compliqué qu’il ne devrait.

Sur le plan froid, celui des chiffres, l’histoire se raconte en plusieurs chapitres. Deuxième tour: 13 points en 6 matches, 12 buts marqués, 3 encaissés, différence +9, et un duel serré avec la Jordanie au sommet du groupe G. Troisième tour: une marche plus haute, 13 points en 10 matches, seulement 7 buts inscrits pour 8 concédés, différence -1, dans un groupe C où le Japon (23 points) et l’Australie (19) ont imposé leur tempo. Puis la phase de play-offs asiatique centralisée: une entrée qui compte, avec 4 points en 2 rencontres, 3 buts pour, 2 contre, et une première place de groupe B dans cette quatrième étape.

Trois moments-bascule donnent un rythme à la campagne, comme des chapitres qui changent la couleur du récit. D’abord, le départ au deuxième tour: le 16 novembre 2023, un 4-0 contre le Pakistan, match où l’Arabie saoudite installe sa supériorité sans tergiverser. Ensuite, le 19 novembre 2024, la chute à Jakarta: défaite 2-0 contre l’Indonésie, un soir qui coupe la série de matches serrés et renvoie l’équipe à sa fragilité offensive. Enfin, le 8 octobre 2025, ce 3-2 à l’extérieur contre… l’Indonésie encore, cette fois en quatrième tour: match de réaction, match de nerfs, match qui dit que cette sélection sait se relever quand la route devient étroite.

L’Arabie saoudite n’arrive pas au Mondial comme une équipe “finie”. Elle arrive comme une équipe dessinée au crayon, avec des traits déjà solides: une capacité à survivre dans les matches de score court, une discipline qui s’exprime par les clean sheets, et un fil rouge offensif autour de quelques hommes. Mais elle arrive aussi avec une question simple, presque brutale: quand le match n’offre pas d’espace, qui crée le déséquilibre?

Le chemin des éliminatoires

Le format asiatique, ici, se lit en étages. Deuxième tour: des groupes, aller-retour, avec les deux premiers qui avancent. Troisième tour: trois groupes de six, en aller-retour, où les deux premiers se qualifient directement pour la Coupe du monde, tandis que les troisième et quatrième basculent vers un quatrième tour. Quatrième tour: deux mini-groupes de trois, en format centralisé, où le premier de chaque groupe décroche son billet mondial. Et derrière, une cinquième étape existe pour départager les deux deuxièmes des mini-groupes, mais ce chemin-là n’est pas celui qu’a choisi l’Arabie saoudite: elle a cherché l’issue la plus directe dans son groupe de quatrième tour.

La lecture “tableau de bord” commence au deuxième tour, groupe G. L’Arabie saoudite termine avec 13 points en 6 matches, exactement comme la Jordanie, mais derrière à la position: 4 victoires, 1 nul, 1 défaite, 12 buts marqués, 3 encaissés. Le différentiel (+9) raconte une chose claire: l’équipe est construite pour contrôler et punir, pas pour subir. Mais la Jordanie, avec +12 et 16 buts marqués, a fait un peu plus de bruit. Dans ce groupe, le Pakistan a servi de rampe aux leaders; le Tadjikistan, lui, a été la vraie zone de friction, avec ce 1-1 à Douchanbé le 26 mars 2024 qui rappelle qu’à l’extérieur, l’Arabie saoudite sait aussi se contenter.

Au troisième tour, groupe C, le niveau monte d’un cran et la marge disparaît. L’Arabie saoudite finit 3e avec 13 points en 10 matches (3 victoires, 4 nuls, 3 défaites). Surtout, elle marque peu: 7 buts en 10 matches, un ratio qui oblige à gagner sans s’enflammer. En face, le Japon empile (30 buts, 23 points), l’Australie avance sans s’exposer (19 points). L’Arabie saoudite, elle, se retrouve dans un entre-deux: assez solide pour ne pas sombrer, pas assez tranchante pour prendre la deuxième place. Sa différence de buts (-1) est un résumé: un match peut basculer sur une séquence, une erreur, un détail.

Ce troisième tour a son mini-film. Il y a des soirs de “verrou” et des soirs de “panne”. Le 10 octobre 2024, 0-2 contre le Japon à domicile: match qui rappelle la distance avec l’élite du groupe. Puis une série de matches sans but encaissé, mais aussi sans but marqué: 0-0 contre Bahreïn le 15 octobre 2024, 0-0 en Australie le 14 novembre 2024, 0-0 au Japon le 25 mars 2025. Trois nuls à zéro, précieux pour ne pas tomber, frustrants pour grimper. Entre ces plaques de glace, il y a le trou noir du 19 novembre 2024: défaite 2-0 en Indonésie, là où l’Arabie saoudite perd à la fois le match et l’initiative.

Le point de bascule “positif” de ce groupe C, c’est aussi sa capacité à aller chercher des victoires à l’extérieur quand il faut: 2-1 en Chine le 10 septembre 2024, puis 2-0 à Bahreïn le 5 juin 2025. Et au milieu, un match qui ressemble à une respiration: 1-0 contre la Chine le 20 mars 2025, but de S. Al-Dawsari, ce genre de soirée où l’équipe n’a pas besoin de briller: elle a besoin d’être efficace.

Puis vient le quatrième tour, groupe B, format concentré, matches qui pèsent plus lourd parce qu’ils sont moins nombreux. L’Arabie saoudite prend 4 points en 2 matches: victoire 3-2 à l’extérieur contre l’Indonésie le 8 octobre 2025, puis 0-0 contre l’Irak le 14 octobre 2025. Les chiffres (3 buts marqués, 2 encaissés) disent quelque chose d’important: là où le troisième tour a été une histoire de faible production, ce mini-tour réclame de la réponse immédiate, du pragmatisme offensif. Et l’Arabie saoudite trouve des buts au bon moment, portée notamment par Firas Al-Buraikan (doublé dans ce 3-2).

La hiérarchie du groupe B de ce quatrième tour est serrée à l’os: l’Arabie saoudite et l’Irak sont à 4 points après deux matches, même différence (+1). Dans un format aussi court, la gestion du risque devient une compétence à part entière. Le 0-0 contre l’Irak n’est pas un match “vide” dans ce contexte: c’est une décision. Mais une décision qui impose un coût: si vous ne marquez pas, vous vous condamnez à vivre au fil du rasoir, et l’Arabie saoudite a déjà connu ce fil au troisième tour.

Pour comprendre le “chemin”, il faut aussi regarder la segmentation simple qui raconte une équipe. Dans les matches du deuxième tour fournis, l’Arabie saoudite encaisse 3 buts en 6, avec un seul revers (1-2 contre la Jordanie le 11 juin 2024). Dans les matches du troisième tour, elle encaisse 8 en 10, et concède des défaites qui ont souvent un scénario lisible: un but encaissé tôt ou un match qui se ferme sans solution, comme le 0-2 contre le Japon ou le 0-2 en Indonésie. Dans le quatrième tour, elle accepte le match ouvert (3-2) puis verrouille (0-0): deux visages dans une même semaine, comme si la sélection cherchait le réglage idéal.

Tableau 1

Date Tour ou journée Adversaire Statut Résultat Buteurs Stade
16 novembre 2023 Groupe G Pakistan Domicile 4:0 Al-Shehri 6', 48' pen.; Ghareeb 90+1'; Radif 90+6' Stade Príncipe Mohamed bin Fahd, Dammam
21 novembre 2023 Groupe G Jordanie Extérieur 0:2 Al-Shehri 8', 30' Stade Internacional, Amán
21 mars 2024 Groupe G Tadjikistan Domicile 1:0 S. Al-Dawsari 23' Stade KSU, Riad
26 mars 2024 Groupe G Tadjikistan Extérieur 1:1 Al-Buraikan 46' Stade Pamir, Dusambé
6 juin 2024 Groupe G Pakistan Extérieur 0:3 Al-Buraikan 26', 41'; Al-Juwayr 59' Stade Jinnah Sports, Islamabad
11 juin 2024 Groupe G Jordanie Domicile 1:2 Lajami 16' Stade KSU, Riad
5 septembre 2024 Groupe C Journée 1 Indonésie Domicile 1-1 Al-Juwayr 45+3' Ciudad Deportiva del Rey Abdalá, Yeda
10 septembre 2024 Groupe C Journée 2 Chine Extérieur 1-2 Kadesh 39', 90' Dalian Suoyuwan Football Stadium, Dalian
10 octobre 2024 Groupe C Journée 3 Japon Domicile 0-2 Ciudad Deportiva del Rey Abdalá, Yeda
15 octobre 2024 Groupe C Journée 4 Bahreïn Domicile 0-0 Ciudad Deportiva del Rey Abdalá, Yeda
14 novembre 2024 Groupe C Journée 5 Australie Extérieur 0-0 Stade Rectangular, Melbourne
19 novembre 2024 Groupe C Journée 6 Indonésie Extérieur 2-0 Stade Gelora Bung Karno, Yakarta
20 mars 2025 Groupe C Journée 7 Chine Domicile 1-0 S. Al-Dawsari 50' Stade de la Universidad Rey Saúd, Riad
25 mars 2025 Groupe C Journée 8 Japon Extérieur 0-0 Stade Saitama 2002, Saitama
5 juin 2025 Groupe C Journée 9 Bahreïn Extérieur 0-2 Al-Juwayr 16'; Al-Aboud 78' Stade Nacional, Riffa
10 juin 2025 Groupe C Journée 10 Australie Domicile 1-2 Al-Aboud 19' Ciudad Deportiva del Rey Abdalá, Yeda
8 octobre 2025 Quatrième tour Groupe B Indonésie Extérieur 2:3 Saleh Aboulshamat; Firas Al-Buraikan x2
14 octobre 2025 Quatrième tour Groupe B Irak Domicile 0:0

Tableau 2

Ronde Groupe Pos Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
Deuxième G 1 Jordanie 13 6 4 1 1 16 4 +12
Deuxième G 2 Arabie saoudite 13 6 4 1 1 12 3 +9
Deuxième G 3 Tadjikistan 8 6 2 2 2 11 7 +4
Deuxième G 4 Pakistan 0 6 0 0 6 1 26 -25

Tableau 3

Ronde Groupe Pos Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
Troisième C 1 Japon 23 10 7 2 1 30 3 +27
Troisième C 2 Australie 19 10 5 4 1 16 7 +9
Troisième C 3 Arabie saoudite 13 10 3 4 3 7 8 -1
Troisième C 4 Indonésie 12 10 3 3 4 9 20 -11
Troisième C 5 Chine 9 10 3 0 7 7 20 -13
Troisième C 6 Bahreïn 6 10 1 3 6 5 16 -11

Tableau 4

Ronde Groupe Pos Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
Quatrième B 1 Arabie saoudite 4 2 1 1 0 3 2 +1
Quatrième B 2 Irak 4 2 1 1 0 1 0 +1
Quatrième B 3 Indonésie 0 2 0 0 2 2 4 -2

Comment ils jouent

L’Arabie saoudite de ces données-là a une signature: elle n’est pas obsédée par le score large, elle est obsédée par la sécurité du résultat. Cela se voit immédiatement au troisième tour: 10 matches, 7 buts marqués, 8 encaissés. On est dans une équipe qui gagne rarement “à l’aise”, et qui, quand elle ne gagne pas, sait souvent fermer la porte pour garder un point. Trois 0-0 (contre Bahreïn, en Australie, au Japon) ne sont pas des accidents: c’est un choix, une manière de vivre les matches contre des adversaires capables de punir la moindre erreur.

Sur le rythme des rencontres, le contraste entre les tours est frappant. Au deuxième tour, l’Arabie saoudite peut accélérer: 4-0 et 3-0 contre le Pakistan, avec des buts en fin de match (90+1, 90+6) qui racontent une équipe capable de finir fort quand l’adversaire craque. Au troisième tour, les matches deviennent étroits: beaucoup de scores courts, une capacité à gagner 1-0 (contre la Chine le 20 mars 2025) ou 2-0 (à Bahreïn le 5 juin 2025), mais aussi une incapacité à “réparer” certains matches quand elle tombe: 0-2 contre le Japon, 0-2 en Indonésie. C’est la nuance clé: la sélection sait protéger un match, mais elle ne sait pas toujours le retourner.

Les chiffres d’efficacité défensive, eux, sont plutôt stables sur l’ensemble du parcours: 3 buts encaissés en 6 au deuxième tour, 8 encaissés en 10 au troisième tour, puis 2 encaissés en 2 au quatrième tour, mais dans un match ouvert (2-3) qui a demandé du répondant. Ce n’est donc pas une équipe “muraille” en toutes circonstances; c’est une équipe qui peut être muraille quand le scénario s’y prête, et qui doit mieux gérer les débuts de match pour éviter les plans renversés.

Le partage du but, tel qu’il apparaît dans les feuilles de match, dessine un noyau d’hommes décisifs. Al-Shehri frappe fort au début du deuxième tour (doublé contre le Pakistan, doublé en Jordanie). S. Al-Dawsari signe des buts qui pèsent (1-0 contre le Tadjikistan, 1-0 contre la Chine). Al-Buraikan surgit à des moments structurants: égalisation au Tadjikistan (1-1), doublé contre le Pakistan (0-3), doublé encore dans le 3-2 du quatrième tour. Al-Juwayr, lui, apparaît comme une pièce utile: but au Pakistan, but contre l’Indonésie, but à Bahreïn. On n’a pas une liste infinie: on a un groupe de finisseurs. Le bon côté, c’est que l’équipe sait d’où viennent ses buts. Le risque, c’est la dépendance quand ces circuits-là sont bloqués.

Les vulnérabilités, elles, sont lisibles dans les matches qui font mal. D’abord, les soirées où elle ne marque pas: au troisième tour, elle peut accumuler les 0-0, mais le jour où elle concède, elle ne répond pas (0-2). Ensuite, les matches contre les deux locomotives du groupe C: Japon et Australie. Contre le Japon, c’est 0-2 à domicile puis 0-0 à l’extérieur: l’équipe apprend à survivre, mais le plafond offensif reste bas. Contre l’Australie, 0-0 à Melbourne puis 1-2 à domicile: même quand elle marque (Al-Aboud à la 19e), elle ne tient pas le résultat. Cela pointe un enjeu de gestion des temps faibles, ces dix minutes où la concentration baisse et où une équipe de très haut niveau vous fait payer.

Et puis il y a l’Indonésie, adversaire-pivot du récit, celui qui revient comme un refrain. 1-1 à domicile, 0-2 à l’extérieur, puis 3-2 en quatrième tour. C’est révélateur: l’Arabie saoudite est capable de corriger, mais la correction coûte de l’énergie, du stress, parfois des buts encaissés. Dans un Mondial, où l’erreur se paie au prix fort, cette oscillation devra se stabiliser: soit on verrouille et on assume le 0-0, soit on attaque et on accepte un match plus ouvert. Alterner au milieu d’un même match, c’est là que se glissent les mauvaises surprises.

Le groupe à la Coupe du monde

Le tirage lui a donné un groupe H qui sonne comme une carte postale de styles différents: l’Uruguay, l’Espagne, et le Cap-Vert. Sur le papier, ce sont trois matches où l’Arabie saoudite ne pourra pas simplement “attendre”. Même le match le plus abordable sur le plan théorique exige une qualité que l’équipe n’a pas toujours montrée au troisième tour: marquer sans se découvrir, et surtout marquer sans multiplier les possessions stériles.

Le calendrier, lui, a un détail important: l’Arabie saoudite ouvre contre l’Uruguay, puis enchaîne avec l’Espagne, et termine contre le Cap-Vert. Ça structure forcément la stratégie de groupe. Commencer par un match de contrôle émotionnel, ensuite survivre à un deuxième match très exigeant, puis arriver au troisième avec un calcul possible: c’est un scénario classique de phase de groupes. Mais “classique” ne veut pas dire “simple”: une équipe qui a vécu beaucoup de 0-0 doit aussi apprendre à vivre un groupe où il faut souvent marquer au moins une fois.

Voici le tableau des trois matches, tel qu’il est fourni:

Date Stade Ville Adversaire
15 juin 2026 Hard Rock Stadium Miami Uruguay
21 juin 2026 Mercedes-Benz Stadium Atlanta Espagne
26 juin 2026 NRG Stadium Houston Cap-Vert

Match 1, 15 juin 2026, Uruguay. On peut imaginer un match d’ouverture où l’Arabie saoudite cherchera d’abord à garder la ligne intacte. Les données des qualifications montrent qu’elle sait tenir un 0-0 contre des adversaires de niveau supérieur sur son continent. L’idée la plus logique, sans inventer de schéma, serait de réduire les transitions adverses et de jouer les coups sur des séquences courtes, comme elle a su le faire dans ses victoires au score serré. Pronostic prudent, en langage simple: gana Uruguay.

Match 2, 21 juin 2026, Espagne. Là, le match risque d’être une histoire de patience et de résistance. L’Espagne, par définition, impose souvent un rythme de possession qui teste la concentration minute après minute. Or, dans les données, l’Arabie saoudite a parfois craqué sur des périodes courtes (notamment contre l’Australie à domicile, en encaissant deux buts après avoir marqué). Si elle veut exister, il faudra un match “propre”, sans fautes inutiles, sans se désorganiser après un but encaissé. Pronostic: gana Espagne.

Match 3, 26 juin 2026, Cap-Vert. C’est le match qui peut devenir le match “à jouer”, celui où l’Arabie saoudite doit imposer ses conditions: être efficace, ne pas laisser le match partir dans le désordre, et surtout trouver le premier but. Les qualifications montrent qu’elle peut marquer tôt (Al-Shehri à la 6e contre le Pakistan, à la 8e contre la Jordanie) et que, lorsqu’elle ouvre le score, elle sait souvent gérer. Mais elles montrent aussi que l’équipe peut se faire enfermer offensivement. Pronostic: empate.

Clés de qualification à surveiller dans ce groupe

  • Marquer en premier au moins une fois: l’Arabie saoudite a souvent besoin du premier but pour installer son match.
  • Tenir les 15 minutes autour de la mi-temps: période où elle a encaissé des buts décisifs (exemple: Australie, buts à la 42e et 48e).
  • Transformer les matches “fermés” en points: ses 0-0 en qualifications doivent devenir des points utiles, pas des regrets.
  • Garder une discipline offensive minimale: même en souffrance, il faudra créer assez pour ne pas dépendre d’un seul scénario.

Opinion éditoriale

L’Arabie saoudite arrive au Mondial avec une qualité rare: elle sait jouer sans se trahir. Dans un football international où beaucoup d’équipes se perdent entre deux idées, elle a au moins une boussole: ne pas offrir le match. Ses qualifications racontent une équipe qui peut survivre contre plus fort, et qui peut aussi battre des adversaires comparables sans s’exposer inutilement. Il y a du métier dans ces nuls, et il y a du sang-froid dans ces victoires à l’extérieur.

Mais il y a une dette à payer, et elle s’appelle “production”. Sept buts en dix matches au troisième tour, c’est trop peu pour espérer une phase de groupes confortable au Mondial. À force de vouloir tout sécuriser, on finit par jouer des matches où le moindre incident devient fatal. Le danger n’est pas de perdre: le danger est de perdre sans avoir vraiment posé de question à l’adversaire.

La mise en garde la plus concrète tient dans un match précis, presque un avertissement écrit à l’avance: le 10 juin 2025, Arabie saoudite–Australie, 1-2. Ce match dit tout. Marquer, puis se faire retourner en six minutes autour de la pause, c’est le scénario que toute sélection redoute quand elle veut exister au plus haut niveau. Si l’Arabie saoudite veut transformer ses matches serrés en vraie campagne mondiale, elle devra apprendre à fermer la porte après avoir trouvé la clé. Et à l’inverse, si elle encaisse d’abord, elle devra montrer une chose qu’on a peu vue dans ces données: la capacité à forcer le match, sans se désorganiser.

Au fond, c’est une équipe qui sait déjà comment ne pas perdre. Il lui reste à prouver comment gagner quand le match ne lui donne pas la permission.