Qatar - Grupo B
🇶🇦 Catar, el billete ganado a pulso rumbo a 2026 🏟️🔥
De la goleada inicial au sprint final: une qualification construite entre éclats offensifs et cicatrices loin de Doha.
Introduction
Le récit commence comme un été qui n’en finit pas: une sélection qui joue souvent à domicile, dans ses stades familiers, avec cette sensation de connaître chaque rebond du ballon. Le Qatar a ouvert sa campagne de qualification avec le pas sûr d’un favori régional, en imposant un tempo simple: marquer tôt, étirer le score, et transformer la maîtrise en chiffres.
Puis l’histoire s’est compliquée, comme toujours dès que la route quitte les repères. Quand les voyages s’enchaînent et que la moindre erreur se paie cash, l’équipe a parfois basculé dans des matches qui se brisent en deux: une phase de contrôle, puis une phase de survie. Le Qatar a alterné les séquences de football fluide et les soirs d’orage, ceux où l’on encaisse trop, trop vite, et où la gestion émotionnelle devient aussi importante que la gestion tactique.
Pourtant, au milieu de ces oscillations, le fil conducteur n’a jamais totalement disparu: une capacité à produire des buts — beaucoup — et à trouver des solutions même quand le match tourne. Le Qatar a vécu des montagnes russes, mais il a gardé ce qui qualifie souvent les équipes de sélection: un noyau d’attaquants capables de décider sur une action, et une mentalité qui accepte de gagner sans toujours séduire.
Les données racontent un chemin en plusieurs actes. En deuxième tour, le Qatar termine 1er du groupe A avec 16 points en 6 matches, 18 buts marqués et 3 encaissés, soit une différence de +15. Le troisième tour, en revanche, montre une équipe plus exposée: 4e du groupe A avec 13 points en 10 matches, 17 buts pour… mais 24 contre, différence de -7. C’est là que le parcours prend une couleur particulière: l’équipe marque, souvent, mais elle saigne aussi. Et c’est précisément dans cet équilibre instable qu’elle a dû aller chercher la porte de sortie: le quatrième tour.
Trois moments-charnières suffisent à résumer le scénario, avec des dates qui donnent la cadence du récit. D’abord, le 16 novembre 2023: Qatar–Afghanistan 8-1, une entrée en scène qui annonce une équipe capable de faire exploser un match. Ensuite, le 19 novembre 2024: Émirats arabes unis–Qatar 5-0, une claque qui rappelle la fragilité dès que l’adversaire accélère et que le match bascule hors contrôle. Enfin, le 14 octobre 2025: Qatar–Émirats arabes unis 2-1, victoire qui pèse plus que trois points — elle a la valeur d’une qualification, car elle installe le Qatar en tête du groupe du quatrième tour dans une mini-ligue à trois.
Au final, la qualification du Qatar n’est pas un long fleuve tranquille. C’est une qualification par séquences: une phase de domination, une phase de turbulence, puis une phase de précision. Et c’est souvent ainsi que les sélections se construisent: non pas en restant parfaites, mais en restant vivantes.
Le chemin des éliminatoires
Le format a imposé une dramaturgie en paliers, typique de la zone AFC. D’abord une phase de groupes (deuxième tour) pour filtrer et installer une hiérarchie. Puis un troisième tour plus dense, où chaque adversaire peut vous punir, et où le classement se joue sur la régularité. Enfin, pour ceux qui n’ont pas verrouillé la qualification directe au troisième tour, un quatrième tour au format court: trois équipes, deux matches par nation, et aucune place pour un faux pas.
Le Qatar, dans ce scénario, a connu les deux visages d’une sélection ambitieuse. En deuxième tour, il a dominé sans discussion: 1er, 16 points; 5 victoires, 1 nul, 0 défaite; 18 buts marqués, 3 encaissés. L’équipe a marqué trois buts ou plus dans quatre de ses six matches de ce tour. Elle a installé une autorité statistique, et aussi psychologique: l’adversaire entrait souvent sur le terrain déjà en train de calculer comment limiter les dégâts.
Mais le troisième tour a été un test de maturité. Le Qatar termine 4e du groupe A: 13 points en 10 matches, 4 victoires, 1 nul, 5 défaites. L’attaque reste productive (17 buts), mais la défense cède trop (24). Et dans une phase où la différence de buts et la gestion des moments sont souvent déterminantes, encaisser autant revient à jouer avec une mèche allumée. Le classement, lui, est sans appel: l’Iran (23 points) et l’Ouzbékistan (21) prennent l’air; les Émirats (15) restent au-dessus; le Qatar se retrouve condamné à la porte latérale, celle du quatrième tour.
Ce quatrième tour, justement, est le laboratoire des nerfs. Deux matches seulement: un 0-0 à Oman le 8 octobre 2025, puis un 2-1 contre les Émirats le 14 octobre 2025. Sur ces 180 minutes, le Qatar prend 4 points, marque 2 buts, n’en encaisse qu’1: c’est court, mais c’est propre. Et surtout, c’est suffisant pour finir 1er de ce mini-groupe, devant les Émirats (3 points) et Oman (1). L’équipe a donc transformé son défaut principal du troisième tour — la perméabilité — en une force à l’instant décisif: la gestion.
On comprend mieux cette qualification si l’on découpe le parcours en épisodes.
Premier épisode: la démonstration. Le 16 novembre 2023, Qatar–Afghanistan 8-1, c’est un match où le score raconte un rapport de force brut. Le Qatar marque huit fois, avec une pluralité de buteurs et même des penalties: cela montre une équipe qui sait provoquer, qui occupe la surface, et qui obtient des situations franches. Ce n’est pas seulement une victoire: c’est une déclaration.
Deuxième épisode: la confirmation à l’extérieur. Le 21 novembre 2023, Inde–Qatar 0-3. La victoire sans encaisser, loin de ses stades, installe une idée essentielle pour une sélection: la capacité à voyager sans perdre son identité. À ce moment-là, la campagne ressemble à une montée en puissance naturelle.
Troisième épisode: le premier grain de sable. Le 6 juin 2024, Afghanistan–Qatar 0-0. Un nul sans but contre un adversaire que le Qatar avait écrasé quelques mois plus tôt. Ce type de match est souvent un avertissement: quand on n’ouvre pas le score, le temps devient l’ennemi. Et quand on ne transforme pas la possession en buts, on laisse l’adversaire respirer.
Quatrième épisode: le troisième tour, celui des ruptures. La séquence de septembre à novembre 2024 est révélatrice. Le 5 septembre 2024, Qatar–Émirats 1-3: défaite à domicile, déjà un signal. Le 10 septembre, Corée du Nord–Qatar 2-2: match ouvert, mais encore deux buts encaissés. Le 15 octobre 2024, Iran–Qatar 4-1: soirée très dure, quatre buts pris. Et le 19 novembre 2024, Émirats–Qatar 5-0: le point bas. En quatre matches marquants de cette période, le Qatar encaisse 16 buts. Même en ajoutant la victoire 3-2 contre l’Ouzbékistan (14 novembre 2024), la photographie est claire: les matches du Qatar deviennent des matchs à haute variance, avec des oscillations brutales.
Cinquième épisode: la résilience. Le 20 mars 2025, Qatar–Corée du Nord 5-1: victoire large, avec cinq buts, et une reprise de confiance. Puis, le 5 juin 2025, Qatar–Iran 1-0: succès court, mais symbolique, contre le premier du groupe. Cela dit quelque chose de la capacité du Qatar à se transformer selon les besoins: être flamboyant un soir, puis pragmatique le lendemain.
Sixième épisode: la bascule finale au quatrième tour. Le 8 octobre 2025, Oman–Qatar 0-0, match de contrôle. Et le 14 octobre 2025, Qatar–Émirats 2-1, match de caractère: gagner ce type de duel direct, en format court, c’est souvent le signe d’une équipe qui a compris où se joue la qualification.
Pour matérialiser le parcours, voici l’ensemble des matches fournis.
| Date | Tour | Groupe | Journée | Adversaire | Condition | Résultat | Buteurs | Stade ou lieu |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 16 novembre 2023 | A | Afghanistan | Domicile | 8:1 | Catar: Al-Haidos 11', Ali 15', 26', 33' (pen.), 45+3' (pen.), Meshaal 18', Alaaeldin 53' (pen.), Al-Abdullah 90+4'. Afghanistan: Sharifi 13'. | Stade Internacional Jalifa, Rayán | ||
| 21 novembre 2023 | A | Inde | Extérieur | 0:3 | Catar: Meshaal 4', Ali 47', Abdurisag 88'. | Stade Kalinga, Bhubaneshwar | ||
| 21 mars 2024 | A | Koweït | Domicile | 3:0 | Catar: Afif 47', 68', Al-Rawi 51'. | Stade Jassim bin Hamad, Rayán | ||
| 26 mars 2024 | A | Koweït | Extérieur | 1:2 | Koweït: Daham 79'. Catar: Ali 77', 80'. | Stade Ali Al-Salem Al-Sabah, Al-Farwaniya | ||
| 6 juin 2024 | A | Afghanistan | Extérieur | 0:0 | Ciudad Deportiva del Príncipe Abdalá bin Jalawi, Al-Hasa | |||
| 11 juin 2024 | A | Inde | Domicile | 2:1 | Catar: Aymen 73', Al-Rawi 85'. Inde: Chhangte 37'. | Stade Jassim bin Hamad, Rayán | ||
| 5 septembre 2024 | A | 1 | Émirats arabes unis | Domicile | 1-3 | Catar: Al-Hassan (38'); Émirats: Abdalla (68'), Ibrahim (80'), Saleh (94') | Stade Áhmad bin Ali, Rayán | |
| 10 septembre 2024 | A | 2 | Corée du Nord | Extérieur | 2-2 | Corée du Nord: Ri Il-song (19'), Kang Kuk-chol (51'); Catar: Afif (31' pen.), Ali (44') | Nuevo Stade Nacional, Vientián | |
| 10 octobre 2024 | A | 3 | Kirghizistan | Domicile | 3-1 | Catar: Ali (39'), Kozubaev (63' c.s.c.), Al-Hassan (81'); Kirghizistan: Shukurov (76') | Stade Al Thumama, Doha | |
| 15 octobre 2024 | A | 4 | Iran | Extérieur | 4-1 | Iran: Azmoun (42', 48'), Mohebi (65', 90+8'); Catar: Ali (17') | Stade Al-Rashid, Dubái | |
| 14 novembre 2024 | A | 5 | Ouzbékistan | Domicile | 3-2 | Catar: Ali (25', 41'), Mendes (90+12'); Ouzbékistan: Fayzullaev (75', 80') | Stade Jassim bin Hamad, Rayán | |
| 19 novembre 2024 | A | 6 | Émirats arabes unis | Extérieur | 5-0 | Émirats: Fábio Lima (4', 45' pen., 45+5', 56' pen.), Al-Ghassani (73') | Stade Al-Nahyan, Abu Dabi | |
| 20 mars 2025 | A | 7 | Corée du Nord | Domicile | 5-1 | Catar: Afif (17'), Al Ganehi (23'), Kim Yu-Song (34' c.s.c.), Al-Rawi (56'), Alaaeldin (66'); Corée du Nord: Pak Kwang-hun (86') | Stade Jassim bin Hamad, Rayán | |
| 25 mars 2025 | A | 8 | Kirghizistan | Extérieur | 3-1 | Kirghizistan: Kichin (45+1'), Mishchenko (82'), Shukurov (90+3'); Catar: Lucas Mendes (52') | Stade Dolen Omurzakov, Biskek | |
| 5 juin 2025 | A | 9 | Iran | Domicile | 1-0 | Catar: Ró-Ró (41') | Stade Jassim bin Hamad, Rayán | |
| 10 juin 2025 | A | 10 | Ouzbékistan | Extérieur | 3-0 | Ouzbékistan: Turgunboev (28'), Shomurodov (86'), Sergeev (90+2') | Stade Milliy, Taskent | |
| 8 octobre 2025 | Quatrième ronde | A | Oman | Extérieur | 0:0 | Sin goles | ||
| 14 octobre 2025 | Quatrième ronde | A | Émirats arabes unis | Domicile | 2:1 | Boualem Khoukhi, Ró-Ró; Sultan Adil |
Maintenant, les tableaux de classement, complets et dans l’ordre exact où ils apparaissent.
Tableau 1 — Classement Deuxième tour Groupe A
| Tour | Groupe | Pos | Équipe | Pts | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Deuxième | A | 1 | Qatar | 16 | 6 | 5 | 1 | 0 | 18 | 3 | +15 |
| Deuxième | A | 2 | Koweït | 7 | 6 | 2 | 1 | 3 | 6 | 6 | 0 |
| Deuxième | A | 3 | Inde | 5 | 6 | 1 | 2 | 3 | 3 | 7 | -4 |
| Deuxième | A | 4 | Afghanistan | 5 | 6 | 1 | 2 | 3 | 3 | 14 | -11 |
Tableau 2 — Classement Troisième tour Groupe A
| Tour | Groupe | Pos | Équipe | Pts | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Troisième | A | 1 | Iran | 23 | 10 | 7 | 2 | 1 | 19 | 8 | +11 |
| Troisième | A | 2 | Ouzbékistan | 21 | 10 | 6 | 3 | 1 | 14 | 7 | +7 |
| Troisième | A | 3 | Émirats arabes unis | 15 | 10 | 4 | 3 | 3 | 15 | 8 | +7 |
| Troisième | A | 4 | Qatar | 13 | 10 | 4 | 1 | 5 | 17 | 24 | -7 |
| Troisième | A | 5 | Kirghizistan | 8 | 10 | 2 | 2 | 6 | 12 | 18 | -6 |
| Troisième | A | 6 | Corée du Nord | 3 | 10 | 0 | 3 | 7 | 9 | 21 | -12 |
Tableau 3 — Classement Quatrième tour Groupe A
| Tour | Groupe | Pos | Équipe | Pts | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Quatrième | A | 1 | Qatar | 4 | 2 | 1 | 1 | 0 | 2 | 1 | +1 |
| Quatrième | A | 2 | Émirats arabes unis | 3 | 2 | 1 | 0 | 1 | 3 | 3 | 0 |
| Quatrième | A | 3 | Oman | 1 | 2 | 0 | 1 | 1 | 1 | 2 | -1 |
Quelques lectures chiffrées aident à comprendre ce que ces tableaux ne disent pas explicitement.
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Le Qatar a été une équipe à deux vitesses selon les tours. En deuxième tour: 18 buts en 6 matches, soit 3,0 buts par match, et seulement 0,5 but encaissé par match. En troisième tour: 17 buts en 10 matches (1,7/match), mais 24 encaissés (2,4/match). La chute n’est pas offensive: elle est défensive.
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La “ligne fine” des matches serrés. Le Qatar perd lourdement (5-0, 4-1, 3-0) mais sait aussi gagner court contre l’Iran (1-0) et retourner un match à l’extérieur contre le Koweït (1-2 avec deux buts tardifs). C’est une équipe capable de survivre à l’intérieur d’un match, mais pas toujours à l’intérieur d’une série.
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Domicile vs extérieur, à partir de la liste fournie: à domicile, le Qatar empile les buts (8, 3, 2, 3, 3, 5, 1, 2: une moyenne qui respire l’initiative). À l’extérieur, le tableau est plus irrégulier: 0-3 en Inde, mais aussi 0-0 en Afghanistan, 4-1 en Iran, 5-0 aux Émirats, 3-1 au Kirghizistan, 3-0 en Ouzbékistan, 0-0 à Oman. L’extérieur a été l’endroit où le Qatar est passé du costume du chasseur à celui du chassé.
Et pourtant, au moment où il fallait être chirurgical, le Qatar a réussi le minimum qui qualifie: ne pas perdre à Oman, puis battre les Émirats. Deux matches, une porte, et la clé au bon moment.
Comment ils jouent
Le Qatar de ce parcours n’est pas une équipe qu’on résume à une seule étiquette. Il y a, en revanche, une constante: le match du Qatar aime le but. Sur 18 rencontres listées, l’équipe marque dans 16 d’entre elles. Et quand elle se met en route, elle sait faire exploser le tableau d’affichage: 8-1, 5-1, 3-0, 3-1, 3-2, 5-1 encore. Cela indique une sélection capable de créer des occasions en volume, mais aussi de finir: marquer cinq ou huit fois n’est pas seulement une question de possession, c’est une question de conversion et de présence dans les zones décisives.
Deuxième signature: l’importance des premières fissures. Les défaites lourdes ne sont pas des accidents isolés, elles sont des symptômes. Contre l’Iran (4-1), contre les Émirats (5-0), à Ouzbékistan (3-0), le Qatar a encaissé tôt et/ou en rafales, avec des matches qui se mettent à glisser. Quand l’adversaire accélère et trouve des espaces, le Qatar peut se retrouver obligé de courir derrière le score — et là, son football devient plus direct, parfois plus désordonné, et plus exposé.
Troisième élément: l’équipe a montré une vraie capacité à renverser ou à tuer un match dans les vingt dernières minutes. Le 26 mars 2024 au Koweït, le Qatar marque à la 77e et à la 80e pour retourner un 1-0 tardif: c’est un signal de force mentale et de fraîcheur. Le 14 novembre 2024 contre l’Ouzbékistan, le but de la victoire arrive à 90+12: même lecture, même message — l’équipe reste dangereuse jusqu’au bout, et elle insiste.
Quatrième élément, plus froid, plus “performance”: l’équilibre buts marqués/buts encaissés dessine les zones de confort. Dans les matches où le Qatar encaisse 0 ou 1 but, il gagne presque toujours: Inde 0-3, Koweït 3-0, Iran 1-0, Oman 0-0, et le succès 2-1 contre les Émirats au quatrième tour. Dans les matches où il encaisse 3 ou plus, il perd: 1-3, 4-1, 5-0, 3-1, 3-0. La frontière est nette. Cela ne dit pas la “tactique”, mais cela décrit une vérité opérationnelle: le Qatar a besoin de maintenir le match dans une certaine température défensive. Dès que le match devient une course, il se met en danger.
Enfin, le partage des buts offre une autre clé. Un nom revient souvent: Ali (buteur sur de multiples matches, parfois doublé), et Afif apparaît dans des matches importants (doublé contre le Koweït, penalty contre la Corée du Nord). Mais la liste montre aussi des apports de plusieurs profils: Al-Rawi, Al-Hassan, Ró-Ró, Mendes, Alaaeldin… Cette diversité est une bonne nouvelle en sélection: elle évite qu’un plan adverse ne suffise à éteindre l’attaque. En revanche, la fragilité défensive observée au troisième tour montre que la variété offensive n’a pas toujours été accompagnée d’une solidité collective stable.
Le quatrième tour, avec seulement un but encaissé en deux matches, suggère un ajustement clair: moins d’échanges, plus de contrôle des zones à risque. Ce Qatar-là, même s’il marque moins, ressemble davantage à une équipe de tournoi. Et c’est souvent le point de bascule entre “sélection spectaculaire” et “sélection qualifiée”.
Le groupe à la Coupe du monde
Le Qatar est placé dans le groupe B de la Coupe du monde 2026, avec une entrée immédiate dans le grand bain: Suisse, Canada, puis un adversaire issu d’un play-off UEFA.
La lecture du calendrier est simple: un premier match pour se situer, un deuxième pour gérer l’environnement et la pression d’un hôte, et un troisième potentiellement décisif contre un rival de haut niveau européen, mais dont l’identité exacte dépendra d’une route de barrage. Le détail, ici, compte: les lieux et les dates dessinent aussi la fatigue, les déplacements, et l’adaptation à des ambiances différentes.
Voici les trois rencontres de groupe, telles qu’elles sont définies.
| Date | Stade | Ville | Adversaire |
|---|---|---|---|
| 13 juin 2026 | Levi's Stadium | San Francisco | Suisse |
| 18 juin 2026 | BC Place Stadium | Vancouver | Canada |
| 24 juin 2026 | Lumen Field | Seattle | Vainqueur du play-off UEFA Route A, issu de: Pays de Galles, Bosnie-Herzégovine, Italie ou Irlande du Nord. |
Match 1 — Qatar–Suisse, 13 juin 2026, San Francisco C’est un match d’ouverture de groupe qui donne souvent le ton d’un tournoi. Pour le Qatar, l’objectif prioritaire sera de ne pas laisser le match devenir une succession d’attaques placées subies, celles qui finissent par user une défense. Les chiffres des éliminatoires suggèrent une règle d’or: si le Qatar maintient l’adversaire à un but, il reste dans le match; si le match s’ouvre et que les buts encaissés montent, l’histoire devient dangereuse. Pronostic: match nul.
Match 2 — Canada–Qatar, 18 juin 2026, Vancouver Là, la pression change de camp. Le Canada jouera “à la maison” et voudra imposer du rythme. Pour le Qatar, c’est typiquement le type de match où le premier quart d’heure est capital: ne pas concéder tôt, ne pas s’éparpiller, et garder l’attaque vivante, car le Qatar a montré qu’il marque souvent même en déplacement. Pronostic: gagne Canada.
Match 3 — Vainqueur du play-off UEFA Route A contre Qatar, 24 juin 2026, Seattle La particularité de ce match, c’est qu’on ne peut pas préparer un seul portrait-robot d’adversaire: l’identité sortira d’un chemin de barrage. Du point de vue qatari, cela impose une préparation centrée sur soi: gestion des transitions, discipline sur les phases qui cassent le match, et efficacité sur les rares temps forts. Ce troisième match est souvent celui des calculs, mais le Qatar devra d’abord s’offrir le droit de calculer en ayant pris des points avant. Pronostic: gagne l’adversaire.
Ce groupe B, vu depuis le Qatar, se jouera sur trois clés très concrètes:
- Marquer dans au moins deux matches: l’équipe a montré une fréquence de buts élevée dans son parcours, et c’est une base de compétitivité.
- Éviter la déroute: les défaites lourdes du troisième tour sont le scénario à bannir, car elles tuent la différence de buts et la confiance.
- Gagner la bataille des fins de match: le Qatar a marqué très tard contre le Koweït (77e, 80e) et l’Ouzbékistan (90+12). En tournoi, ces minutes-là changent un destin.
- Installer une “température” défensive: si le Qatar parvient à garder les scores courts (0-0, 1-0, 2-1), il se donne une chance réelle de gratter des points.
Opinion éditoriale
Le Qatar arrive en 2026 avec une vérité double, et c’est presque une chance. D’un côté, il y a l’équipe capable de faire un 8-1 et d’écrire un match en grand, avec des buteurs multiples et une confiance contagieuse. De l’autre, il y a l’équipe qui peut encaisser cinq buts loin de Doha et perdre le fil d’un match en quelques minutes. Les éliminatoires n’ont pas maquillé cette réalité: elles l’ont exposée, puis elles ont forcé le Qatar à apprendre vite, surtout au quatrième tour, où l’équipe a choisi le contrôle plutôt que le bras de fer.
Dans un tournoi, je préfère souvent une sélection qui sait gagner “moche” à une sélection qui ne sait gagner que “beau”. Le Qatar a prouvé qu’il pouvait gagner court contre l’Iran (1-0) et verrouiller un 0-0 à Oman quand la pression exige du calme. Ce n’est pas glamour, mais c’est une compétence mondiale. Le défi, c’est d’aligner cette version-là sur trois matches de groupe, sans retomber dans l’excès de confiance ni dans la panique après un but encaissé.
La dernière image à garder en tête n’est pas la grande fête du 8-1, même si elle séduit. C’est plutôt l’avertissement gravé le 19 novembre 2024: Émirats arabes unis–Qatar 5-0. Ce soir-là, le match a montré ce qui arrive quand le Qatar se désorganise et se fait manger par le rythme. Si le Qatar veut transformer sa qualification en vrai parcours, il devra jouer comme au quatrième tour: compact quand il le faut, tranchant quand il le peut. Et surtout, il devra refuser le scénario où le match devient une avalanche.