Iran - Grupo G

Iran, la mÚche allumée vers 2026

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Une qualification construite au cordeau, entre coups d’éclat Ă  TĂ©hĂ©ran et pragmatisme Ă  l’extĂ©rieur, avec un Groupe G qui sent la poudre.

Introduction

Il y a des sĂ©lections qui avancent en fanfare, et d’autres qui avancent en cadence. L’Iran, dans cette campagne, a surtout avancĂ© en cadence: le pas sĂ»r, l’Ɠil sur l’horizon, et cette façon de laisser les matches venir Ă  lui
 avant de les plier d’un geste net. Dans ses stades, l’air a souvent eu un goĂ»t de certitude. À l’extĂ©rieur, un goĂ»t d’effort bien dosĂ©. Et au total, une trajectoire qui ressemble Ă  une Ă©quipe qui sait exactement ce qu’elle veut obtenir.

On se souvient d’abord d’Azadi, du bruit et de l’espace qui se referme sur l’adversaire. On se souvient aussi de ces fins de pĂ©riode oĂč l’Iran frappe comme un voleur Ă©lĂ©gant: juste avant la pause, juste aprĂšs un temps faible, juste aprĂšs avoir laissĂ© l’autre croire qu’il respire. Dans cette qualification asiatique, l’Iran a parfois racontĂ© ses matches comme on raconte une histoire simple: une entrĂ©e sĂ©rieuse, un accĂ©lĂ©rateur, et une porte qui se ferme.

Puis viennent les chiffres, ceux qui font foi quand la narration s’emballe. En deuxiĂšme tour, Groupe E, l’Iran termine premier avec 14 points en 6 matches, invaincu, 16 buts marquĂ©s, 4 encaissĂ©s, diffĂ©rence de +12. Au troisiĂšme tour, Groupe A, mĂȘme accent: premiĂšre place avec 23 points en 10 matches, 7 victoires, 2 nuls, 1 dĂ©faite, 19 buts pour, 8 contre, +11. Deux Ă©tapes, deux tableaux, une mĂȘme signature: efficacitĂ© offensive sans abandonner la maĂźtrise du risque.

Trois moments charniĂšres servent de balises. D’abord le 16 novembre 2023, Iran–Hong Kong 4:0: une entrĂ©e en matiĂšre qui n’est pas seulement une victoire, mais une annonce, avec Azmoun en double frappe prĂ©coce et une fin de match qui insiste. Ensuite le 21 novembre 2023, OuzbĂ©kistan–Iran 2:2: un nul Ă  l’extĂ©rieur oĂč l’Iran montre qu’il peut encaisser un retour adverse sans se dissoudre. Enfin le 25 mars 2025, Iran–OuzbĂ©kistan 2-2: match de haut de tableau, match de nerfs, match oĂč l’Iran rappelle qu’il sait revenir dans la partie quand le scĂ©nario se tord.

Et il y a ce dĂ©tail qui dit beaucoup de l’équipe: l’Iran ne se contente pas de gagner, il choisit souvent le moment oĂč il fait basculer. Un but juste avant la pause, un coup au cƓur sur une transition, une sĂ©rie de minutes oĂč l’adversaire perd la boussole. Le parcours n’a pas Ă©tĂ© une ligne droite sans aspĂ©ritĂ©s, mais il a eu une logique: accumuler, sĂ©curiser, puis frapper.

Le chemin des éliminatoires

Le cadre d’abord, parce qu’une qualification n’est pas seulement une suite de scores: c’est un systĂšme. En AFC, l’itinĂ©raire passe par des tours successifs, dont un troisiĂšme tour Ă  groupes oĂč la rĂ©gularitĂ© prime: chaque faux pas coĂ»te cher, chaque match nul mal gĂ©rĂ© se paye en calculs. L’Iran, lui, a rĂ©duit les calculs en rendant les points presque mĂ©caniques: prendre Ă  domicile, gratter Ă  l’extĂ©rieur, et ne jamais s’installer dans l’inconfort.

Dans les donnĂ©es, on voit deux mondes distincts et complĂ©mentaires. Le deuxiĂšme tour, Groupe E, ressemble Ă  une mise en place: gros Ă©carts contre Hong Kong et TurkmĂ©nistan, maĂźtrise et invincibilitĂ©, avec un duel de sommet contre l’OuzbĂ©kistan qui se solde par deux nuls (2:2 puis 0:0). Le troisiĂšme tour, Groupe A, c’est la phase oĂč la pression se met Ă  parler, oĂč chaque dĂ©placement a un parfum de piĂšge, oĂč la moindre soirĂ©e sans prĂ©cision peut se payer comptant. Et pourtant l’Iran termine encore en tĂȘte.

Lecture du deuxiĂšme tour, Groupe E: l’Iran finit premier avec 14 points, Ă  Ă©galitĂ© avec l’OuzbĂ©kistan (14). La diffĂ©rence se fait sur les dĂ©tails du tableau, mais surtout sur la sensation de contrĂŽle: 16 buts marquĂ©s, 4 encaissĂ©s. DerriĂšre, TurkmĂ©nistan et Hong Kong finissent trĂšs loin (2 points chacun), signe d’un groupe rapidement polarisĂ©. L’Iran a pris l’essentiel lĂ  oĂč il fallait: punir les Ă©carts de niveau, puis ne pas se casser les dents sur le rival direct.

Lecture du troisiĂšme tour, Groupe A: l’Iran s’installe premier avec 23 points, deux longueurs devant l’OuzbĂ©kistan (21). Les Émirats arabes unis suivent Ă  15, le Qatar Ă  13, puis le Kirghizistan Ă  8 et la CorĂ©e du Nord Ă  3. LĂ , la hiĂ©rarchie se dessine sur dix journĂ©es, et l’Iran n’a concĂ©dĂ© qu’une seule dĂ©faite: le 5 juin 2025 au Qatar (1-0). Une anomalie dans une campagne sinon trĂšs stable.

Ce qui frappe, c’est la maniĂšre: au troisiĂšme tour, l’Iran gagne souvent avec un but d’écart quand il faut, et sait aussi ouvrir les vannes quand l’adversaire se dĂ©couvre. Exemple parfait: le 10 septembre 2024, Émirats arabes unis–Iran 0-1, but de Ghayedi Ă  45+3. Match qui raconte une Ă©quipe patiente, capable de faire mal au moment le plus frustrant pour l’autre. MĂȘme rĂ©cit le 19 novembre 2024, Kirghizistan–Iran 2-3: match de dĂ©placement, match agitĂ©, mais l’Iran en sort avec les points et un but d’Azmoun Ă  la 76e pour remettre l’ordre.

Il y a aussi des matches qui servent de marqueur offensif. Le 21 mars 2024, Iran–TurkmĂ©nistan 5:0: deux buts de Kanaani, Azmoun, Mohebi, Noorafkan
 une feuille de match qui dit “volume” et “variĂ©tĂ©â€. Le 15 octobre 2024, Iran–Qatar 4-1: Azmoun double, Mohebi double, et une rĂ©ponse immĂ©diate Ă  un but encaissĂ©. L’Iran n’a pas seulement dominĂ©: il a repris le contrĂŽle du scĂ©nario.

Enfin, il y a les nuls, ceux qui ne font pas trembler la campagne mais qui dessinent un style. Deux 0-0 contre l’OuzbĂ©kistan (10 octobre 2024 Ă  l’extĂ©rieur, puis auparavant le 11 juin 2024 Ă  domicile au deuxiĂšme tour) et ce 2-2 du 25 mars 2025 Ă  Azadi. Face au rival principal, l’Iran n’a pas toujours gagnĂ©, mais il n’a pas cĂ©dĂ©. Sur une campagne de qualification, c’est parfois la plus grande victoire.

Tableau 1

Tableau des matches de l’Iran

Date Tour Groupe Journée Adversaire Condition Résultat Buteurs Stade ou Sede
16 novembre 2023 DeuxiĂšme tour E Hong Kong Domicile 4:0 Iran: Azmoun 12', 15', Taremi 87', Rezaeian 90+2'. Stade Azadi, TeherĂĄn
21 novembre 2023 DeuxiÚme tour E Ouzbékistan Extérieur 2:2 Ouzbékistan: Urunov 52', Sergeev 83'. Iran: Rezaeian 14', Taremi 38'. Stade Milliy, Taskent
21 mars 2024 DeuxiÚme tour E Turkménistan Domicile 5:0 Iran: Kanaani 10', 48', Azmoun 13', Mohebi 56', Noorafkan 90+2'. Stade Azadi, Teherån
26 mars 2024 DeuxiÚme tour E Turkménistan Extérieur 0:1 Iran: Ghayedi 45+5'. Stade Ashgabat, Asjabad
6 juin 2024 DeuxiÚme tour E Hong Kong Extérieur 2:4 Hong Kong: Ma Hei Wai 14', Pinto 59'. Iran: Taremi 12' pen., 34' pen., 56', Azmoun 65'. Stade Hong Kong, Hong Kong
11 juin 2024 DeuxiÚme tour E Ouzbékistan Domicile 0:0 Stade Azadi, Teherån
5 septembre 2024 TroisiĂšme tour A 1 Kirghizistan Domicile 1-0 Iran: Taremi 34' Stade Foolad Shahr, IsfahĂĄn
10 septembre 2024 TroisiĂšme tour A 2 Émirats arabes unis ExtĂ©rieur 0-1 Iran: Ghayedi 45+3' Stade Hazza bin Zayed, Al Ain
10 octobre 2024 TroisiÚme tour A 3 Ouzbékistan Extérieur 0-0 Stade Milliy, Taskent
15 octobre 2024 TroisiĂšme tour A 4 Qatar Domicile 4-1 Iran: Azmoun 42', 48', Mohebi 65', 90+8'; Qatar: Ali 17' Stade Al-Rashid, DubĂĄi
14 novembre 2024 TroisiÚme tour A 5 Corée du Nord Extérieur 2-3 Corée du Nord: Taremi 56' csc, Kim Yu-song 59'; Iran: Ghayedi 29', Mohebi 41', 45' Nuevo Stade Nacional, Vientiån
19 novembre 2024 TroisiÚme tour A 6 Kirghizistan Extérieur 2-3 Kirghizistan: Kojo 51', 64' pen.; Iran: Taremi 12', Hardani 33', Azmoun 76' Stade Dolen Omurzakov, Biskek
20 mars 2025 Troisiùme tour A 7 Émirats arabes unis Domicile 2-0 Iran: Azmoun 45+27', Mohebi 70' Stade Azadi, Teherán
25 mars 2025 TroisiÚme tour A 8 Ouzbékistan Domicile 2-2 Iran: Taremi 52', 83'; Ouzbékistan: Erkinov 16', Fayzullaev 53' Stade Azadi, Teherån
5 juin 2025 TroisiÚme tour A 9 Qatar Extérieur 1-0 Qatar: Ró-Ró 41' Stade Jassim bin Hamad, Rayån
10 juin 2025 TroisiÚme tour A 10 Corée du Nord Domicile 3-0 Iran: Mohebi 74', Taremi 77', Hosseinzadeh 90+3' Stade Azadi, Teherån

La segmentation chiffrĂ©e donne une lecture de performance qui parle “terrain”. Sur l’ensemble des 16 matches listĂ©s, l’Iran affiche 11 victoires, 4 nuls et 1 dĂ©faite. Offensivement, 34 buts marquĂ©s; dĂ©fensivement, 11 encaissĂ©s. Ce n’est pas seulement un bon ratio: c’est un Ă©quilibre. On gagne beaucoup, on encaisse peu, et on ne se met presque jamais en danger de sĂ©rie noire.

À domicile, l’Iran est un rouleau: 7 matches, 6 victoires et 1 nul, 21 buts marquĂ©s et seulement 3 encaissĂ©s. Des soirĂ©es “sans discussion” (4:0, 5:0, 3-0) et des soirĂ©es “avec caractĂšre” (4-1 contre le Qatar, 2-2 contre l’OuzbĂ©kistan). À l’extĂ©rieur, la collection est plus “professionnelle”: 9 matches, 5 victoires, 3 nuls, 1 dĂ©faite, 13 buts pour, 8 contre. L’Iran sait gagner petit (0-1, 2-3), sait aussi marquer 4 (2:4 Ă  Hong Kong), mais accepte plus facilement le match serrĂ©.

L’autre dĂ©tail: la frĂ©quence des matches Ă  un but d’écart au troisiĂšme tour. Iran–Kirghizistan 1-0, Émirats arabes unis–Iran 0-1, Qatar–Iran 1-0, deux succĂšs 2-3 Ă  l’extĂ©rieur
 L’Iran a souvent jouĂ© sur la frontiĂšre, celle oĂč une action, une transition, une minute de relĂąchement fait tout basculer. Et l’équipe s’y est sentie Ă  l’aise la plupart du temps.

Tableau 2

Tableau des positions

Ronde Groupe Pos. Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
DeuxiĂšme E 1 Iran 14 6 4 2 0 16 4 +12
DeuxiÚme E 2 Ouzbékistan 14 6 4 2 0 13 4 +9
DeuxiÚme E 3 Turkménistan 2 6 0 2 4 4 14 -10
DeuxiĂšme E 4 Hong Kong 2 6 0 2 4 4 15 -11

Tableau 3

Tableau des positions

Ronde Groupe Pos. Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
TroisiĂšme A 1 Iran 23 10 7 2 1 19 8 +11
TroisiÚme A 2 Ouzbékistan 21 10 6 3 1 14 7 +7
Troisiùme A 3 Émirats arabes unis 15 10 4 3 3 15 8 +7
TroisiĂšme A 4 Qatar 13 10 4 1 5 17 24 -7
TroisiĂšme A 5 Kirghizistan 8 10 2 2 6 12 18 -6
TroisiÚme A 6 Corée du Nord 3 10 0 3 7 9 21 -12

Ces tables racontent aussi les voisins, ce qui donne la vraie tempĂ©rature du groupe. Au troisiĂšme tour, l’OuzbĂ©kistan finit Ă  deux points: l’Iran n’a donc pas eu le luxe de flotter. Les Émirats, Ă  huit longueurs, n’ont pas menacĂ© jusqu’au bout, mais ont assez existĂ© pour rendre chaque faux pas dangereux. Et le Qatar, malgrĂ© 17 buts marquĂ©s, a payĂ© cher sa fragilitĂ© (24 encaissĂ©s) tout en trouvant le moyen de battre l’Iran sur un match. MoralitĂ©: dans ce Groupe A, l’Iran a dominĂ©, mais il n’a jamais Ă©tĂ© Ă  l’abri d’un soir sans.

Comment ils jouent

L’identitĂ© de l’Iran se lit dans une chose trĂšs simple: sa capacitĂ© Ă  gagner sous plusieurs tempĂ©ratures de match. Quand la partie s’ouvre, il peut empiler. Quand elle se ferme, il peut gratter. Sur 16 matches, il marque 34 buts, soit plus de deux par match en moyenne, tout en n’en concĂ©dant que 11. Ce n’est pas une Ă©quipe qui choisit entre attaquer et se protĂ©ger: c’est une Ă©quipe qui attaque sans se dĂ©shabiller.

Le rythme de ses matches, surtout au troisiĂšme tour, est souvent celui d’un contrĂŽle patient avec des coups de scalpel. Les 0-0 contre l’OuzbĂ©kistan, par exemple, disent qu’il sait survivre sans but quand le contexte l’impose. Les 1-0 contre le Kirghizistan et aux Émirats, eux, disent qu’il sait transformer une seule sĂ©quence en avantage dĂ©finitif. Et les 3-0, 4-1 montrent qu’une fois devant, il sait aussi “tuer” le match plutĂŽt que de le laisser respirer.

La rĂ©partition du but offre un autre indice: l’Iran ne dĂ©pend pas d’un seul nom, mĂȘme si certains reviennent comme des refrains. Taremi marque souvent et marque dans des matches clĂ©s: contre Hong Kong (doublĂ© sur penaltys et un troisiĂšme but le 6 juin 2024), contre le Kirghizistan (5 septembre 2024), et surtout ce doublĂ© contre l’OuzbĂ©kistan le 25 mars 2025. Azmoun aussi est un thermomĂštre: doublĂ© le 16 novembre 2023, but contre le TurkmĂ©nistan, doublĂ© contre le Qatar, et une prĂ©sence dans les matches qui comptent. Mais Mohebi surgit rĂ©guliĂšrement (doublĂ© contre le Qatar, but contre la CorĂ©e du Nord, but le 10 juin 2025), et d’autres apportent: Ghayedi, Hardani, Hosseinzadeh, Kanaani. Quand les buts viennent d’autant de directions, l’adversaire n’a pas une seule prise.

NumĂ©riquement, l’Iran affiche aussi une aptitude au “but qui pique”. On note plusieurs buts dans des zones psychologiquement lourdes: 45+3 (Ghayedi aux Émirats), 45+5 (Ghayedi au TurkmĂ©nistan), 90+2, 90+3, 90+8. Ce n’est pas qu’une statistique: c’est un trait de performance. Soit l’Iran finit fort physiquement, soit il reste lucide quand l’autre commence Ă  compter les secondes, soit il prĂ©pare des sĂ©quences oĂč la concentration adverse se fissure. Probablement un peu des trois.

Les vulnĂ©rabilitĂ©s, elles, ne se racontent pas avec des thĂ©ories, mais avec des scĂ©narios oĂč l’Iran a Ă©tĂ© inconfortable. Le 5 juin 2025 au Qatar (1-0), match perdu sans marquer: cela suggĂšre qu’un adversaire capable de fermer la zone de finition et d’arracher une action dĂ©cisive peut le mettre Ă  nu. Le 2-3 en CorĂ©e du Nord, avec un but contre son camp de Taremi, rappelle aussi que quand le match se dĂ©rĂšgle, l’Iran peut encaisser des sĂ©quences confuses. Enfin, les nuls contre l’OuzbĂ©kistan montrent une limite classique: face Ă  un rival de mĂȘme gamme, l’ouverture n’est pas automatique, et l’Iran doit alors revenir Ă  ses fondamentaux de patience.

Le groupe Ă  la Coupe du monde

Le rendez-vous mondial place l’Iran dans le Groupe G, avec une dramaturgie nette: trois adversaires bien identifiĂ©s, trois styles de match possibles, et un calendrier qui oblige Ă  ĂȘtre prĂȘt tout de suite. Deux rencontres au SoFi Stadium de Los Angeles, puis un dĂ©placement Ă  Seattle, au Lumen Field. On y lit dĂ©jĂ  un micro-roman de tournoi: s’installer, se mesurer, puis jouer la qualification sur une troisiĂšme affiche potentiellement dĂ©cisive.

Le premier match, le 15 juin 2026, Iran–Nouvelle-ZĂ©lande, ressemble Ă  un match d’ouverture de groupe au sens le plus pur: celui oĂč la nervositĂ© vaut double, oĂč les premiers duels donnent le ton, oĂč la gestion du score est presque aussi importante que le score lui-mĂȘme. L’Iran, dans sa campagne, a montrĂ© qu’il savait dĂ©marrer fort (4:0, 5:0) mais aussi qu’il savait gagner court (1-0). Dans un premier match de Mondial, cette flexibilitĂ© est une richesse.

Le deuxiĂšme, le 21 juin 2026, Belgique–Iran, au mĂȘme stade de Los Angeles, est la rencontre qui donne de la densitĂ© au groupe. LĂ , l’Iran devra jouer avec cette qualitĂ© qu’il a cultivĂ©e contre l’OuzbĂ©kistan: accepter un match oĂč tout n’est pas disponible, oĂč l’on doit parfois survivre Ă  une phase, et choisir ses moments. Ce n’est pas un match oĂč l’on “attend” la victoire; c’est un match oĂč l’on construit les conditions d’un rĂ©sultat.

Le troisiĂšme, le 26 juin 2026, Égypte–Iran Ă  Seattle, a le parfum d’un match de classement. Parce que c’est le dernier, parce que les calculs peuvent entrer, et parce que l’Iran a prouvĂ© en qualification qu’il sait vivre dans des scĂ©narios oĂč un dĂ©tail fait tout: un 1-0, un 0-0, un but Ă  la 76e. Si le groupe est serrĂ©, ce match pourrait demander exactement ce que l’Iran sait faire: rester dans le match sans se trahir.

Voici le tableau, net, pour poser le décor.

Date Stade Ville Rival
15 juin 2026 SoFi Stadium Los Angeles Nouvelle-Zélande
21 juin 2026 SoFi Stadium Los Angeles Belgique
26 juin 2026 Lumen Field Seattle Égypte

Match par match, un scĂ©nario probable se dessine, sans prĂ©tendre lire l’avenir dans le marc de cafĂ©.

Pour Iran–Nouvelle-ZĂ©lande, le script le plus logique, vu les habitudes iraniennes en qualification, est un match oĂč l’Iran cherche Ă  marquer le premier. Il l’a souvent fait tĂŽt ou juste avant la pause, et il sait ensuite verrouiller. Pronostic en langage clair: gana IrĂĄn. Non pas parce que ce sera simple, mais parce que l’Iran a dĂ©montrĂ© une capacitĂ© rare Ă  transformer un match fermĂ© en victoire courte.

Pour Belgique–Iran, c’est la rencontre oĂč l’Iran devra accepter des minutes sans ballon et sans confort, puis punir au bon moment. Les 0-0 contre l’OuzbĂ©kistan montrent qu’il sait “tenir” un match de haut niveau de tension. Et ses buts tardifs montrent qu’il peut rester dangereux jusqu’au bout. Pronostic: empate. Un nul qui, dans une phase de groupes, peut valoir beaucoup plus qu’il n’en a l’air.

Pour Égypte–Iran, la clĂ© sera l’état du groupe. Si l’Iran arrive avec quatre points, il jouera le contrĂŽle. S’il arrive avec trois, il jouera la prĂ©cision. S’il arrive avec un besoin de victoire, il devra accĂ©lĂ©rer sans s’exposer, exactement ce qu’il a su faire dans des 3-0 Ă  domicile. Pronostic prudent: empate. Un match potentiellement serrĂ©, oĂč l’Iran cherchera Ă  ne pas se faire aspirer dans un Ă©change trop ouvert.

ClĂ©s de qualification pour l’Iran, en quelques points concrets:

  • Marquer le premier: dans la campagne, l’Iran a souvent rendu le match plus simple une fois devant, notamment dans ses victoires courtes.
  • RĂ©pĂ©ter la soliditĂ© d’Azadi mĂȘme loin de TĂ©hĂ©ran: Ă  l’extĂ©rieur, l’équipe a Ă©tĂ© plus exposĂ©e, mais rarement battue.
  • GĂ©rer les temps faibles: le 2-3 en CorĂ©e du Nord rappelle que les matches peuvent devenir chaotiques; au Mondial, ces minutes-lĂ  dĂ©cident.
  • Garder la variĂ©tĂ© offensive: quand plusieurs buteurs existent, l’adversaire ne peut pas neutraliser un seul point d’appui.
  • Surveiller les fins de mi-temps: l’Iran a marquĂ© plusieurs fois dans ces zones; autant en faire une arme qu’un moment de vigilance.

Opinion éditoriale

L’Iran arrive au Mondial avec ce que beaucoup cherchent pendant des annĂ©es: une cohĂ©rence. Les chiffres ne crient pas “miracle”, ils disent “mĂ©tier”. Premier de son groupe au troisiĂšme tour avec 23 points, meilleure dĂ©fense du groupe Ă  Ă©galitĂ© en buts encaissĂ©s avec les Émirats, et une seule dĂ©faite sur dix journĂ©es: c’est la carte d’une sĂ©lection qui sait voyager, qui sait patienter, et qui sait gagner sans se raconter d’histoires.

Mais le Mondial ne rĂ©compense pas uniquement la cohĂ©rence: il teste la capacitĂ© Ă  survivre quand ton scĂ©nario prĂ©fĂ©rĂ© ne vient pas. Et c’est lĂ  que l’Iran devra ĂȘtre encore plus iranien: accepter le match fermĂ©, accepter l’instant, accepter de gagner “petit” sans se sentir petit. Les 1-0 et les 0-0 de la campagne ne sont pas des cicatrices; ce sont des compĂ©tences.

Le dĂ©tail Ă  ne pas oublier, c’est l’avertissement du 5 juin 2025: Qatar–Iran 1-0. Une dĂ©faite sĂšche, sans but marquĂ©, sur une action dĂ©cisive adverse. Dans un tournoi court, ce type de match peut revenir sans prĂ©venir: une demi-heure oĂč rien ne rentre, une transition mal gĂ©rĂ©e, et tout se complique.

Si l’Iran veut Ă©crire autre chose qu’une participation honorable, il devra transformer ce souvenir-lĂ  en discipline: ne pas se prĂ©cipiter quand le but tarde, ne pas se dĂ©couvrir quand le plan A se heurte, et garder cette lame froide qui lui a fait marquer Ă  90+3, Ă  90+8, et juste avant la pause. Au Mondial, le temps n’est pas un dĂ©cor: c’est un adversaire. Et l’Iran a montrĂ© qu’il savait le battre.