Iran - Grupo G
đźđ· Iran, la mĂšche allumĂ©e vers 2026 đ„
Une qualification construite au cordeau, entre coups dâĂ©clat Ă TĂ©hĂ©ran et pragmatisme Ă lâextĂ©rieur, avec un Groupe G qui sent la poudre.
Introduction
Il y a des sĂ©lections qui avancent en fanfare, et dâautres qui avancent en cadence. LâIran, dans cette campagne, a surtout avancĂ© en cadence: le pas sĂ»r, lâĆil sur lâhorizon, et cette façon de laisser les matches venir Ă lui⊠avant de les plier dâun geste net. Dans ses stades, lâair a souvent eu un goĂ»t de certitude. Ă lâextĂ©rieur, un goĂ»t dâeffort bien dosĂ©. Et au total, une trajectoire qui ressemble Ă une Ă©quipe qui sait exactement ce quâelle veut obtenir.
On se souvient dâabord dâAzadi, du bruit et de lâespace qui se referme sur lâadversaire. On se souvient aussi de ces fins de pĂ©riode oĂč lâIran frappe comme un voleur Ă©lĂ©gant: juste avant la pause, juste aprĂšs un temps faible, juste aprĂšs avoir laissĂ© lâautre croire quâil respire. Dans cette qualification asiatique, lâIran a parfois racontĂ© ses matches comme on raconte une histoire simple: une entrĂ©e sĂ©rieuse, un accĂ©lĂ©rateur, et une porte qui se ferme.
Puis viennent les chiffres, ceux qui font foi quand la narration sâemballe. En deuxiĂšme tour, Groupe E, lâIran termine premier avec 14 points en 6 matches, invaincu, 16 buts marquĂ©s, 4 encaissĂ©s, diffĂ©rence de +12. Au troisiĂšme tour, Groupe A, mĂȘme accent: premiĂšre place avec 23 points en 10 matches, 7 victoires, 2 nuls, 1 dĂ©faite, 19 buts pour, 8 contre, +11. Deux Ă©tapes, deux tableaux, une mĂȘme signature: efficacitĂ© offensive sans abandonner la maĂźtrise du risque.
Trois moments charniĂšres servent de balises. Dâabord le 16 novembre 2023, IranâHong Kong 4:0: une entrĂ©e en matiĂšre qui nâest pas seulement une victoire, mais une annonce, avec Azmoun en double frappe prĂ©coce et une fin de match qui insiste. Ensuite le 21 novembre 2023, OuzbĂ©kistanâIran 2:2: un nul Ă lâextĂ©rieur oĂč lâIran montre quâil peut encaisser un retour adverse sans se dissoudre. Enfin le 25 mars 2025, IranâOuzbĂ©kistan 2-2: match de haut de tableau, match de nerfs, match oĂč lâIran rappelle quâil sait revenir dans la partie quand le scĂ©nario se tord.
Et il y a ce dĂ©tail qui dit beaucoup de lâĂ©quipe: lâIran ne se contente pas de gagner, il choisit souvent le moment oĂč il fait basculer. Un but juste avant la pause, un coup au cĆur sur une transition, une sĂ©rie de minutes oĂč lâadversaire perd la boussole. Le parcours nâa pas Ă©tĂ© une ligne droite sans aspĂ©ritĂ©s, mais il a eu une logique: accumuler, sĂ©curiser, puis frapper.
Le chemin des éliminatoires
Le cadre dâabord, parce quâune qualification nâest pas seulement une suite de scores: câest un systĂšme. En AFC, lâitinĂ©raire passe par des tours successifs, dont un troisiĂšme tour Ă groupes oĂč la rĂ©gularitĂ© prime: chaque faux pas coĂ»te cher, chaque match nul mal gĂ©rĂ© se paye en calculs. LâIran, lui, a rĂ©duit les calculs en rendant les points presque mĂ©caniques: prendre Ă domicile, gratter Ă lâextĂ©rieur, et ne jamais sâinstaller dans lâinconfort.
Dans les donnĂ©es, on voit deux mondes distincts et complĂ©mentaires. Le deuxiĂšme tour, Groupe E, ressemble Ă une mise en place: gros Ă©carts contre Hong Kong et TurkmĂ©nistan, maĂźtrise et invincibilitĂ©, avec un duel de sommet contre lâOuzbĂ©kistan qui se solde par deux nuls (2:2 puis 0:0). Le troisiĂšme tour, Groupe A, câest la phase oĂč la pression se met Ă parler, oĂč chaque dĂ©placement a un parfum de piĂšge, oĂč la moindre soirĂ©e sans prĂ©cision peut se payer comptant. Et pourtant lâIran termine encore en tĂȘte.
Lecture du deuxiĂšme tour, Groupe E: lâIran finit premier avec 14 points, Ă Ă©galitĂ© avec lâOuzbĂ©kistan (14). La diffĂ©rence se fait sur les dĂ©tails du tableau, mais surtout sur la sensation de contrĂŽle: 16 buts marquĂ©s, 4 encaissĂ©s. DerriĂšre, TurkmĂ©nistan et Hong Kong finissent trĂšs loin (2 points chacun), signe dâun groupe rapidement polarisĂ©. LâIran a pris lâessentiel lĂ oĂč il fallait: punir les Ă©carts de niveau, puis ne pas se casser les dents sur le rival direct.
Lecture du troisiĂšme tour, Groupe A: lâIran sâinstalle premier avec 23 points, deux longueurs devant lâOuzbĂ©kistan (21). Les Ămirats arabes unis suivent Ă 15, le Qatar Ă 13, puis le Kirghizistan Ă 8 et la CorĂ©e du Nord Ă 3. LĂ , la hiĂ©rarchie se dessine sur dix journĂ©es, et lâIran nâa concĂ©dĂ© quâune seule dĂ©faite: le 5 juin 2025 au Qatar (1-0). Une anomalie dans une campagne sinon trĂšs stable.
Ce qui frappe, câest la maniĂšre: au troisiĂšme tour, lâIran gagne souvent avec un but dâĂ©cart quand il faut, et sait aussi ouvrir les vannes quand lâadversaire se dĂ©couvre. Exemple parfait: le 10 septembre 2024, Ămirats arabes unisâIran 0-1, but de Ghayedi Ă 45+3. Match qui raconte une Ă©quipe patiente, capable de faire mal au moment le plus frustrant pour lâautre. MĂȘme rĂ©cit le 19 novembre 2024, KirghizistanâIran 2-3: match de dĂ©placement, match agitĂ©, mais lâIran en sort avec les points et un but dâAzmoun Ă la 76e pour remettre lâordre.
Il y a aussi des matches qui servent de marqueur offensif. Le 21 mars 2024, IranâTurkmĂ©nistan 5:0: deux buts de Kanaani, Azmoun, Mohebi, Noorafkan⊠une feuille de match qui dit âvolumeâ et âvariĂ©tĂ©â. Le 15 octobre 2024, IranâQatar 4-1: Azmoun double, Mohebi double, et une rĂ©ponse immĂ©diate Ă un but encaissĂ©. LâIran nâa pas seulement dominĂ©: il a repris le contrĂŽle du scĂ©nario.
Enfin, il y a les nuls, ceux qui ne font pas trembler la campagne mais qui dessinent un style. Deux 0-0 contre lâOuzbĂ©kistan (10 octobre 2024 Ă lâextĂ©rieur, puis auparavant le 11 juin 2024 Ă domicile au deuxiĂšme tour) et ce 2-2 du 25 mars 2025 Ă Azadi. Face au rival principal, lâIran nâa pas toujours gagnĂ©, mais il nâa pas cĂ©dĂ©. Sur une campagne de qualification, câest parfois la plus grande victoire.
Tableau 1
Tableau des matches de lâIran
| Date | Tour | Groupe | Journée | Adversaire | Condition | Résultat | Buteurs | Stade ou Sede |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 16 novembre 2023 | DeuxiĂšme tour | E | Hong Kong | Domicile | 4:0 | Iran: Azmoun 12', 15', Taremi 87', Rezaeian 90+2'. | Stade Azadi, TeherĂĄn | |
| 21 novembre 2023 | DeuxiÚme tour | E | Ouzbékistan | Extérieur | 2:2 | Ouzbékistan: Urunov 52', Sergeev 83'. Iran: Rezaeian 14', Taremi 38'. | Stade Milliy, Taskent | |
| 21 mars 2024 | DeuxiÚme tour | E | Turkménistan | Domicile | 5:0 | Iran: Kanaani 10', 48', Azmoun 13', Mohebi 56', Noorafkan 90+2'. | Stade Azadi, Teherån | |
| 26 mars 2024 | DeuxiÚme tour | E | Turkménistan | Extérieur | 0:1 | Iran: Ghayedi 45+5'. | Stade Ashgabat, Asjabad | |
| 6 juin 2024 | DeuxiÚme tour | E | Hong Kong | Extérieur | 2:4 | Hong Kong: Ma Hei Wai 14', Pinto 59'. Iran: Taremi 12' pen., 34' pen., 56', Azmoun 65'. | Stade Hong Kong, Hong Kong | |
| 11 juin 2024 | DeuxiÚme tour | E | Ouzbékistan | Domicile | 0:0 | Stade Azadi, Teherån | ||
| 5 septembre 2024 | TroisiĂšme tour | A | 1 | Kirghizistan | Domicile | 1-0 | Iran: Taremi 34' | Stade Foolad Shahr, IsfahĂĄn |
| 10 septembre 2024 | TroisiĂšme tour | A | 2 | Ămirats arabes unis | ExtĂ©rieur | 0-1 | Iran: Ghayedi 45+3' | Stade Hazza bin Zayed, Al Ain |
| 10 octobre 2024 | TroisiÚme tour | A | 3 | Ouzbékistan | Extérieur | 0-0 | Stade Milliy, Taskent | |
| 15 octobre 2024 | TroisiĂšme tour | A | 4 | Qatar | Domicile | 4-1 | Iran: Azmoun 42', 48', Mohebi 65', 90+8'; Qatar: Ali 17' | Stade Al-Rashid, DubĂĄi |
| 14 novembre 2024 | TroisiÚme tour | A | 5 | Corée du Nord | Extérieur | 2-3 | Corée du Nord: Taremi 56' csc, Kim Yu-song 59'; Iran: Ghayedi 29', Mohebi 41', 45' | Nuevo Stade Nacional, Vientiån |
| 19 novembre 2024 | TroisiÚme tour | A | 6 | Kirghizistan | Extérieur | 2-3 | Kirghizistan: Kojo 51', 64' pen.; Iran: Taremi 12', Hardani 33', Azmoun 76' | Stade Dolen Omurzakov, Biskek |
| 20 mars 2025 | TroisiĂšme tour | A | 7 | Ămirats arabes unis | Domicile | 2-0 | Iran: Azmoun 45+27', Mohebi 70' | Stade Azadi, TeherĂĄn |
| 25 mars 2025 | TroisiÚme tour | A | 8 | Ouzbékistan | Domicile | 2-2 | Iran: Taremi 52', 83'; Ouzbékistan: Erkinov 16', Fayzullaev 53' | Stade Azadi, Teherån |
| 5 juin 2025 | TroisiÚme tour | A | 9 | Qatar | Extérieur | 1-0 | Qatar: Ró-Ró 41' | Stade Jassim bin Hamad, Rayån |
| 10 juin 2025 | TroisiÚme tour | A | 10 | Corée du Nord | Domicile | 3-0 | Iran: Mohebi 74', Taremi 77', Hosseinzadeh 90+3' | Stade Azadi, Teherån |
La segmentation chiffrĂ©e donne une lecture de performance qui parle âterrainâ. Sur lâensemble des 16 matches listĂ©s, lâIran affiche 11 victoires, 4 nuls et 1 dĂ©faite. Offensivement, 34 buts marquĂ©s; dĂ©fensivement, 11 encaissĂ©s. Ce nâest pas seulement un bon ratio: câest un Ă©quilibre. On gagne beaucoup, on encaisse peu, et on ne se met presque jamais en danger de sĂ©rie noire.
Ă domicile, lâIran est un rouleau: 7 matches, 6 victoires et 1 nul, 21 buts marquĂ©s et seulement 3 encaissĂ©s. Des soirĂ©es âsans discussionâ (4:0, 5:0, 3-0) et des soirĂ©es âavec caractĂšreâ (4-1 contre le Qatar, 2-2 contre lâOuzbĂ©kistan). Ă lâextĂ©rieur, la collection est plus âprofessionnelleâ: 9 matches, 5 victoires, 3 nuls, 1 dĂ©faite, 13 buts pour, 8 contre. LâIran sait gagner petit (0-1, 2-3), sait aussi marquer 4 (2:4 Ă Hong Kong), mais accepte plus facilement le match serrĂ©.
Lâautre dĂ©tail: la frĂ©quence des matches Ă un but dâĂ©cart au troisiĂšme tour. IranâKirghizistan 1-0, Ămirats arabes unisâIran 0-1, QatarâIran 1-0, deux succĂšs 2-3 Ă lâextĂ©rieur⊠LâIran a souvent jouĂ© sur la frontiĂšre, celle oĂč une action, une transition, une minute de relĂąchement fait tout basculer. Et lâĂ©quipe sây est sentie Ă lâaise la plupart du temps.
Tableau 2
Tableau des positions
| Ronde | Groupe | Pos. | Ăquipe | Pts | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| DeuxiĂšme | E | 1 | Iran | 14 | 6 | 4 | 2 | 0 | 16 | 4 | +12 |
| DeuxiÚme | E | 2 | Ouzbékistan | 14 | 6 | 4 | 2 | 0 | 13 | 4 | +9 |
| DeuxiÚme | E | 3 | Turkménistan | 2 | 6 | 0 | 2 | 4 | 4 | 14 | -10 |
| DeuxiĂšme | E | 4 | Hong Kong | 2 | 6 | 0 | 2 | 4 | 4 | 15 | -11 |
Tableau 3
Tableau des positions
| Ronde | Groupe | Pos. | Ăquipe | Pts | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| TroisiĂšme | A | 1 | Iran | 23 | 10 | 7 | 2 | 1 | 19 | 8 | +11 |
| TroisiÚme | A | 2 | Ouzbékistan | 21 | 10 | 6 | 3 | 1 | 14 | 7 | +7 |
| TroisiĂšme | A | 3 | Ămirats arabes unis | 15 | 10 | 4 | 3 | 3 | 15 | 8 | +7 |
| TroisiĂšme | A | 4 | Qatar | 13 | 10 | 4 | 1 | 5 | 17 | 24 | -7 |
| TroisiĂšme | A | 5 | Kirghizistan | 8 | 10 | 2 | 2 | 6 | 12 | 18 | -6 |
| TroisiÚme | A | 6 | Corée du Nord | 3 | 10 | 0 | 3 | 7 | 9 | 21 | -12 |
Ces tables racontent aussi les voisins, ce qui donne la vraie tempĂ©rature du groupe. Au troisiĂšme tour, lâOuzbĂ©kistan finit Ă deux points: lâIran nâa donc pas eu le luxe de flotter. Les Ămirats, Ă huit longueurs, nâont pas menacĂ© jusquâau bout, mais ont assez existĂ© pour rendre chaque faux pas dangereux. Et le Qatar, malgrĂ© 17 buts marquĂ©s, a payĂ© cher sa fragilitĂ© (24 encaissĂ©s) tout en trouvant le moyen de battre lâIran sur un match. MoralitĂ©: dans ce Groupe A, lâIran a dominĂ©, mais il nâa jamais Ă©tĂ© Ă lâabri dâun soir sans.
Comment ils jouent
LâidentitĂ© de lâIran se lit dans une chose trĂšs simple: sa capacitĂ© Ă gagner sous plusieurs tempĂ©ratures de match. Quand la partie sâouvre, il peut empiler. Quand elle se ferme, il peut gratter. Sur 16 matches, il marque 34 buts, soit plus de deux par match en moyenne, tout en nâen concĂ©dant que 11. Ce nâest pas une Ă©quipe qui choisit entre attaquer et se protĂ©ger: câest une Ă©quipe qui attaque sans se dĂ©shabiller.
Le rythme de ses matches, surtout au troisiĂšme tour, est souvent celui dâun contrĂŽle patient avec des coups de scalpel. Les 0-0 contre lâOuzbĂ©kistan, par exemple, disent quâil sait survivre sans but quand le contexte lâimpose. Les 1-0 contre le Kirghizistan et aux Ămirats, eux, disent quâil sait transformer une seule sĂ©quence en avantage dĂ©finitif. Et les 3-0, 4-1 montrent quâune fois devant, il sait aussi âtuerâ le match plutĂŽt que de le laisser respirer.
La rĂ©partition du but offre un autre indice: lâIran ne dĂ©pend pas dâun seul nom, mĂȘme si certains reviennent comme des refrains. Taremi marque souvent et marque dans des matches clĂ©s: contre Hong Kong (doublĂ© sur penaltys et un troisiĂšme but le 6 juin 2024), contre le Kirghizistan (5 septembre 2024), et surtout ce doublĂ© contre lâOuzbĂ©kistan le 25 mars 2025. Azmoun aussi est un thermomĂštre: doublĂ© le 16 novembre 2023, but contre le TurkmĂ©nistan, doublĂ© contre le Qatar, et une prĂ©sence dans les matches qui comptent. Mais Mohebi surgit rĂ©guliĂšrement (doublĂ© contre le Qatar, but contre la CorĂ©e du Nord, but le 10 juin 2025), et dâautres apportent: Ghayedi, Hardani, Hosseinzadeh, Kanaani. Quand les buts viennent dâautant de directions, lâadversaire nâa pas une seule prise.
NumĂ©riquement, lâIran affiche aussi une aptitude au âbut qui piqueâ. On note plusieurs buts dans des zones psychologiquement lourdes: 45+3 (Ghayedi aux Ămirats), 45+5 (Ghayedi au TurkmĂ©nistan), 90+2, 90+3, 90+8. Ce nâest pas quâune statistique: câest un trait de performance. Soit lâIran finit fort physiquement, soit il reste lucide quand lâautre commence Ă compter les secondes, soit il prĂ©pare des sĂ©quences oĂč la concentration adverse se fissure. Probablement un peu des trois.
Les vulnĂ©rabilitĂ©s, elles, ne se racontent pas avec des thĂ©ories, mais avec des scĂ©narios oĂč lâIran a Ă©tĂ© inconfortable. Le 5 juin 2025 au Qatar (1-0), match perdu sans marquer: cela suggĂšre quâun adversaire capable de fermer la zone de finition et dâarracher une action dĂ©cisive peut le mettre Ă nu. Le 2-3 en CorĂ©e du Nord, avec un but contre son camp de Taremi, rappelle aussi que quand le match se dĂ©rĂšgle, lâIran peut encaisser des sĂ©quences confuses. Enfin, les nuls contre lâOuzbĂ©kistan montrent une limite classique: face Ă un rival de mĂȘme gamme, lâouverture nâest pas automatique, et lâIran doit alors revenir Ă ses fondamentaux de patience.
Le groupe Ă la Coupe du monde
Le rendez-vous mondial place lâIran dans le Groupe G, avec une dramaturgie nette: trois adversaires bien identifiĂ©s, trois styles de match possibles, et un calendrier qui oblige Ă ĂȘtre prĂȘt tout de suite. Deux rencontres au SoFi Stadium de Los Angeles, puis un dĂ©placement Ă Seattle, au Lumen Field. On y lit dĂ©jĂ un micro-roman de tournoi: sâinstaller, se mesurer, puis jouer la qualification sur une troisiĂšme affiche potentiellement dĂ©cisive.
Le premier match, le 15 juin 2026, IranâNouvelle-ZĂ©lande, ressemble Ă un match dâouverture de groupe au sens le plus pur: celui oĂč la nervositĂ© vaut double, oĂč les premiers duels donnent le ton, oĂč la gestion du score est presque aussi importante que le score lui-mĂȘme. LâIran, dans sa campagne, a montrĂ© quâil savait dĂ©marrer fort (4:0, 5:0) mais aussi quâil savait gagner court (1-0). Dans un premier match de Mondial, cette flexibilitĂ© est une richesse.
Le deuxiĂšme, le 21 juin 2026, BelgiqueâIran, au mĂȘme stade de Los Angeles, est la rencontre qui donne de la densitĂ© au groupe. LĂ , lâIran devra jouer avec cette qualitĂ© quâil a cultivĂ©e contre lâOuzbĂ©kistan: accepter un match oĂč tout nâest pas disponible, oĂč lâon doit parfois survivre Ă une phase, et choisir ses moments. Ce nâest pas un match oĂč lâon âattendâ la victoire; câest un match oĂč lâon construit les conditions dâun rĂ©sultat.
Le troisiĂšme, le 26 juin 2026, ĂgypteâIran Ă Seattle, a le parfum dâun match de classement. Parce que câest le dernier, parce que les calculs peuvent entrer, et parce que lâIran a prouvĂ© en qualification quâil sait vivre dans des scĂ©narios oĂč un dĂ©tail fait tout: un 1-0, un 0-0, un but Ă la 76e. Si le groupe est serrĂ©, ce match pourrait demander exactement ce que lâIran sait faire: rester dans le match sans se trahir.
Voici le tableau, net, pour poser le décor.
| Date | Stade | Ville | Rival |
|---|---|---|---|
| 15 juin 2026 | SoFi Stadium | Los Angeles | Nouvelle-Zélande |
| 21 juin 2026 | SoFi Stadium | Los Angeles | Belgique |
| 26 juin 2026 | Lumen Field | Seattle | Ăgypte |
Match par match, un scĂ©nario probable se dessine, sans prĂ©tendre lire lâavenir dans le marc de cafĂ©.
Pour IranâNouvelle-ZĂ©lande, le script le plus logique, vu les habitudes iraniennes en qualification, est un match oĂč lâIran cherche Ă marquer le premier. Il lâa souvent fait tĂŽt ou juste avant la pause, et il sait ensuite verrouiller. Pronostic en langage clair: gana IrĂĄn. Non pas parce que ce sera simple, mais parce que lâIran a dĂ©montrĂ© une capacitĂ© rare Ă transformer un match fermĂ© en victoire courte.
Pour BelgiqueâIran, câest la rencontre oĂč lâIran devra accepter des minutes sans ballon et sans confort, puis punir au bon moment. Les 0-0 contre lâOuzbĂ©kistan montrent quâil sait âtenirâ un match de haut niveau de tension. Et ses buts tardifs montrent quâil peut rester dangereux jusquâau bout. Pronostic: empate. Un nul qui, dans une phase de groupes, peut valoir beaucoup plus quâil nâen a lâair.
Pour ĂgypteâIran, la clĂ© sera lâĂ©tat du groupe. Si lâIran arrive avec quatre points, il jouera le contrĂŽle. Sâil arrive avec trois, il jouera la prĂ©cision. Sâil arrive avec un besoin de victoire, il devra accĂ©lĂ©rer sans sâexposer, exactement ce quâil a su faire dans des 3-0 Ă domicile. Pronostic prudent: empate. Un match potentiellement serrĂ©, oĂč lâIran cherchera Ă ne pas se faire aspirer dans un Ă©change trop ouvert.
ClĂ©s de qualification pour lâIran, en quelques points concrets:
- Marquer le premier: dans la campagne, lâIran a souvent rendu le match plus simple une fois devant, notamment dans ses victoires courtes.
- RĂ©pĂ©ter la soliditĂ© dâAzadi mĂȘme loin de TĂ©hĂ©ran: Ă lâextĂ©rieur, lâĂ©quipe a Ă©tĂ© plus exposĂ©e, mais rarement battue.
- Gérer les temps faibles: le 2-3 en Corée du Nord rappelle que les matches peuvent devenir chaotiques; au Mondial, ces minutes-là décident.
- Garder la variĂ©tĂ© offensive: quand plusieurs buteurs existent, lâadversaire ne peut pas neutraliser un seul point dâappui.
- Surveiller les fins de mi-temps: lâIran a marquĂ© plusieurs fois dans ces zones; autant en faire une arme quâun moment de vigilance.
Opinion éditoriale
LâIran arrive au Mondial avec ce que beaucoup cherchent pendant des annĂ©es: une cohĂ©rence. Les chiffres ne crient pas âmiracleâ, ils disent âmĂ©tierâ. Premier de son groupe au troisiĂšme tour avec 23 points, meilleure dĂ©fense du groupe Ă Ă©galitĂ© en buts encaissĂ©s avec les Ămirats, et une seule dĂ©faite sur dix journĂ©es: câest la carte dâune sĂ©lection qui sait voyager, qui sait patienter, et qui sait gagner sans se raconter dâhistoires.
Mais le Mondial ne rĂ©compense pas uniquement la cohĂ©rence: il teste la capacitĂ© Ă survivre quand ton scĂ©nario prĂ©fĂ©rĂ© ne vient pas. Et câest lĂ que lâIran devra ĂȘtre encore plus iranien: accepter le match fermĂ©, accepter lâinstant, accepter de gagner âpetitâ sans se sentir petit. Les 1-0 et les 0-0 de la campagne ne sont pas des cicatrices; ce sont des compĂ©tences.
Le dĂ©tail Ă ne pas oublier, câest lâavertissement du 5 juin 2025: QatarâIran 1-0. Une dĂ©faite sĂšche, sans but marquĂ©, sur une action dĂ©cisive adverse. Dans un tournoi court, ce type de match peut revenir sans prĂ©venir: une demi-heure oĂč rien ne rentre, une transition mal gĂ©rĂ©e, et tout se complique.
Si lâIran veut Ă©crire autre chose quâune participation honorable, il devra transformer ce souvenir-lĂ en discipline: ne pas se prĂ©cipiter quand le but tarde, ne pas se dĂ©couvrir quand le plan A se heurte, et garder cette lame froide qui lui a fait marquer Ă 90+3, Ă 90+8, et juste avant la pause. Au Mondial, le temps nâest pas un dĂ©cor: câest un adversaire. Et lâIran a montrĂ© quâil savait le battre.