Haïti - Grupo C

Haïti 💥 Des Grenadiers au goût du but

Haïti 🇭🇹💥 Des Grenadiers au goût du but

Une qualification bâtie sur des étincelles offensives et une vraie résistance émotionnelle

Introduction

Il y a des équipes qui se qualifient en déroulant un tapis rouge, et d’autres qui avancent en laissant des traces de crampons sur le béton. Haïti appartient à la deuxième catégorie: une sélection qui ne promet pas le confort, mais qui garantit du relief. Dans cette campagne CONCACAF, les Grenadiers ont alterné les éclats et les secousses, avec un fil rouge très clair: quand le match s’ouvre, ils savent l’attaquer; quand il se crispe, ils savent survivre.

Le récit commence avec une sensation de terrain “neutre” et pourtant chargé: Bridgetown, Oranjestad, Willemstad… autant de villes où Haïti a dû se construire loin de la routine, dans une sorte de football itinérant. Là où certains perdent leurs repères, Haïti a trouvé un moteur: une capacité à marquer dans différents scénarios, à renverser l’énergie d’un match en quelques minutes, et à s’accrocher quand le vent tourne.

Derrière l’histoire, les chiffres posent le décor. En deuxième ronde, groupe C, Haïti termine 2e avec 9 points en 4 matches, 11 buts marqués, 7 encaissés, différence +4: un bilan offensif affirmé, mais avec une ligne de faille défensive visible. En troisième ronde, groupe C, la sélection prend la 1re place avec 11 points en 6 matches, 9 buts marqués, 6 encaissés, différence +3: moins de feu d’artifice brut, davantage de contrôle des moments.

Trois “moments-bascule” racontent la mue. D’abord, le 10 juin 2025, le choc: Haïti s’incline 1-5 contre Curaçao à Oranjestad. C’est une claque nette, une soirée où le match a glissé trop vite, trop loin. Ensuite, la réponse par le caractère: le 9 septembre 2025, à San José, Haïti arrache un 3-3 contre le Costa Rica, porté par un triplé de Nazon (55’, 58’, 86’), comme une manière de dire que la sélection ne s’éteint pas quand le scénario devient hostile. Enfin, le 13 novembre 2025, un 1-0 contre le Costa Rica à Willemstad, but de Pierrot (44’): une victoire au couteau, plus adulte, plus pragmatique.

Ce n’est pas seulement une suite de résultats: c’est un style de qualification. Haïti a montré qu’elle pouvait gagner “large” (0-5 à Aruba), gagner “serré” (1-0 contre le Costa Rica), et se remettre debout après une défaite lourde (3-0 au Honduras) en fermant ensuite la porte contre ses concurrents directs. Une sélection qui n’a pas choisi la voie la plus confortable, mais une voie qui forge une identité.

Le chemin des éliminatoires

La campagne est découpée en deux étages dans les données: une deuxième ronde (groupe C) puis une troisième ronde (groupe C). Sur le terrain, cela ressemble à une ascension: d’abord l’obligation de prendre des points contre des adversaires qu’il faut battre sans se compliquer la vie, puis la nécessité de tenir le choc contre des rivaux plus installés dans le haut niveau régional. Haïti a fait les deux, avec des méthodes différentes.

En deuxième ronde, le classement est limpide: Curaçao finit 1er avec 12 points sur 12, et Haïti suit avec 9 points. Ce “9 sur 12” a une couleur: trois victoires, une défaite. Mais surtout un total de 11 buts marqués en 4 matches, soit une moyenne très élevée, et 7 buts encaissés, signe que l’équipe a accepté un certain degré d’exposition. L’attaque a été un accélérateur, la défense un chantier à surveiller.

Le démarrage est propre et concret: le 6 juin 2024, Haïti bat Sainte-Lucie 2-1 (Duverne, Nazon), puis le 9 juin 2024, elle bat la Barbade 3-1, avec trois buteurs différents (Louicius, Lacroix, Labissiere). Deux matches, deux victoires: la sélection lance sa campagne en “gagnant la journée” et en diversifiant ses solutions offensives. Ce sont des points qui comptent double: au classement et dans le ton.

Le 7 juin 2025, Haïti signe un 0-5 à Aruba, avec cinq buteurs distincts (Jean Jacques, Pierrot, Providence, Nazon, Prunier). C’est une donnée de performance précieuse: marquer cinq fois à l’extérieur, répartir les buts, et ne rien concéder. À ce moment-là, Haïti ressemble à une équipe qui sait punir, qui sait transformer la moindre brèche en couloir vers le but.

Puis arrive l’accident du 10 juin 2025: 1-5 contre Curaçao. Le score est lourd, et il dit plusieurs choses à la fois. D’abord, qu’un adversaire capable de “tenir” le ballon et de courir juste peut faire très mal à Haïti si le match se fracture. Ensuite, qu’Haïti, même battue, a trouvé au moins un but (Louicius). Enfin, que la différence entre finir 1er ou 2e du groupe C de deuxième ronde s’est jouée là, sur une soirée où Curaçao a été clinique (15 buts marqués et seulement 2 encaissés sur la phase, un signe d’autorité totale).

La troisième ronde raconte une autre histoire: moins de matches “à sens unique”, plus de marge tactique et mentale. Haïti termine 1re avec 11 points, devant le Honduras (9), le Costa Rica (7) et le Nicaragua (4). La différence de buts est identique entre Haïti et le Honduras (+3), ce qui rappelle une vérité de qualifications: quand les écarts sont serrés, chaque but encaissé est une pièce qu’on laisse sur la table.

Le match d’ouverture de cette troisième ronde, le 5 septembre 2025, est un 0-0 contre le Honduras à Willemstad. Ce nul sans but n’est pas un non-événement: c’est un signal d’entrée. Haïti commence par ne pas perdre contre un concurrent direct, et par ne pas encaisser. Dans un mini-championnat, c’est parfois la première pierre d’un parcours: prendre un point, mais surtout préserver l’équilibre avant de trouver ses séquences offensives.

Quatre jours plus tard, le 9 septembre 2025, Haïti va chercher un 3-3 au Costa Rica. Le scénario est une montagne russe: le Costa Rica mène 2-0 (1’, 35’), puis Haïti renverse par la rafale Nazon (55’, 58’, 86’), avant d’être rejointe à 90+1’. Si l’on parle rendement, ce match prouve deux qualités: une capacité à changer de rythme en deuxième mi-temps, et une force de caractère pour se projeter même après avoir couru derrière le score. La contrepartie, c’est la difficulté à “fermer” les dernières secondes: le but encaissé à 90+1’ coûte deux points potentiels.

Le 9 octobre 2025, Haïti gagne 0-3 au Nicaragua. C’est une victoire extérieure à la fois nette et structurée: ouverture rapide (Nazon 12’), deuxième but en première période (Jean Jacques 35’), puis un troisième dans le temps additionnel (Deedson 90+2’). En performance, c’est le match type d’une équipe qui prend l’avantage, le protège, puis l’enterre. Et quand on regarde le classement final, ce genre de match “propre” pèse lourd.

Le 13 octobre 2025, la douche froide: défaite 3-0 au Honduras. Buts encaissés à 18’, 26’, 40’: trois coups avant la pause, et le match est déjà écrit. C’est le point de rupture du parcours de troisième ronde: le type de soirée où une équipe peut perdre sa colonne vertébrale… ou s’en servir comme rappel. Haïti a choisi la deuxième option.

La réponse arrive dans les deux derniers matches, joués à Willemstad: 1-0 contre le Costa Rica (13 novembre 2025) puis 2-0 contre le Nicaragua (18 novembre 2025). Deux victoires, deux matches sans encaisser, et surtout six points sur six pour fermer la phase. Ce n’est pas du romantisme: c’est de la gestion. Un but de Pierrot avant la pause contre le Costa Rica, puis un 2-0 construit avec une ouverture rapide (Deedson 9’) et un but juste avant la mi-temps (Providence 45+1’). Haïti a terminé en mode “verrou + efficacité”, exactement ce que réclame une qualification.

Voici la table indispensable des matches de Haïti, complète, pour voir la progression, les lieux et les signatures offensives.

Table 1 — Matches de Haïti

Date Ronde Groupe Adversaire Condition Résultat Buteurs Stade Ville
6 juin 2024 Deuxième Ronde C Sainte-Lucie Domicile 2:1 Jean-Kévin Duverne, Duckens Nazon; Caniggia Elva Bridgetown
9 juin 2024 Deuxième Ronde C Barbade Extérieur 1:3 Niall Reid-Stephen; Deedson Louicius, Markhus Lacroix, Bryan Labissiere Bridgetown
7 juin 2025 Deuxième Ronde C Aruba Extérieur 0:5 Danley Jean Jacques, Frantzdy Pierrot, Ruben Providence, Duckens Nazon, Mondy Prunier Oranjestad
10 juin 2025 Deuxième Ronde C Curaçao Domicile 1:5 Deedson Louicius; Gervane Kastaneer, Kenji Gorré, Jearl Margaritha, Kevin Felida, Jeremy Antonisse Oranjestad
5 septembre 2025 Troisième Ronda C Honduras Domicile 0:0 Stade Ergilio Hato Willemstad (Curaçao)
9 septembre 2025 Troisième Ronda C Costa Rica Extérieur 3:3 K. Vargas, Al. Martínez, J. Vargas; Nazon 3 Stade Nacional San José
9 octobre 2025 Troisième Ronda C Nicaragua Extérieur 0:3 Nazon, Jean Jacques, Deedson Stade Nacional Managua
13 octobre 2025 Troisième Ronda C Honduras Extérieur 3:0 R. Rivas, A. Lozano, Quioto Stade Chelato Uclés Tegucigalpa
13 novembre 2025 Troisième Ronda C Costa Rica Domicile 1:0 Pierrot Stade Ergilio Hato Willemstad (Curaçao)
18 novembre 2025 Troisième Ronda C Nicaragua Domicile 2:0 Deedson, Providence Stade Ergilio Hato Willemstad (Curaçao)

Le classement, lui, se lit en deux tableaux, parce que les données fournies incluent deux rondes distinctes. Les voici, complets, dans l’ordre exact.

Table 2 — Deuxième ronde, groupe C

Pos. Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
1 Curaçao 12 4 4 0 0 15 2 +13
2 Haïti 9 4 3 0 1 11 7 +4
3 Sainte-Lucie 4 4 1 1 2 5 9 −4
4 Aruba 2 4 0 2 2 3 10 −7
5 Barbade 1 4 0 1 3 4 10 −6

Table 3 — Troisième ronde, groupe C

Pos. Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
1 Haïti 11 6 3 2 1 9 6 +3
2 Honduras 9 6 2 3 1 5 2 +3
3 Costa Rica 7 6 1 4 1 8 6 +2
4 Nicaragua 4 6 1 1 4 4 12 −8

Lecture de classement, version “performance pure”: Haïti finit devant le Honduras de 2 points, avec la même différence de buts (+3), mais un volume offensif supérieur (9 buts contre 5). Autrement dit: Haïti a gagné la phase non pas en “n’encaissant rien”, mais en marquant plus. Et dans le détail, la bascule se voit aussi dans la gestion des confrontations: Haïti prend 4 points sur 6 contre le Costa Rica (3-3 à l’extérieur, 1-0 à domicile), et 6 sur 6 contre le Nicaragua (0-3, 2-0). Contre le Honduras, c’est 1 sur 6 (0-0, 0-3), ce qui rend la première place encore plus parlante: Haïti a compensé son faux pas direct par une régularité supérieure contre les deux autres.

Enfin, un dernier découpage utile: domicile/extérieur sur la troisième ronde. Haïti à “domicile” (Willemstad) prend 7 points sur 9 (0-0 Honduras, 1-0 Costa Rica, 2-0 Nicaragua), avec 3 buts marqués et 0 encaissé. À l’extérieur, Haïti prend 4 points sur 9 (3-3 Costa Rica, 0-3 Nicaragua, 0-3 Honduras), avec 6 buts marqués et 6 encaissés. On voit le portrait: à domicile, l’équipe verrouille; à l’extérieur, elle vit des matches plus ouverts, plus extrêmes.

Comment ils jouent

Haïti a une identité lisible à travers ses scores: ce n’est pas une équipe qui se contente d’un seul tempo. Elle sait accélérer jusqu’à la déflagration (0-5 à Aruba), mais elle peut aussi accepter une partie fermée et la gagner à l’économie (1-0 contre le Costa Rica). Cette polyvalence n’est pas une figure de style: elle est chiffrée par l’écart entre les matches à gros totals et les matches “cadenassés”.

Le premier marqueur, c’est la capacité à produire du but en série quand la fenêtre s’ouvre. Sur quatre matches de deuxième ronde, Haïti marque 11 fois: 2, 3, 5, puis 1 contre Curaçao. Le 0-5 à Aruba est révélateur parce que cinq joueurs différents marquent: Jean Jacques, Pierrot, Providence, Nazon, Prunier. Quand une sélection répartit ainsi, elle devient plus difficile à “éteindre”, parce que l’adversaire ne peut pas se contenter de couper une seule ligne de menace.

Le deuxième marqueur, c’est la centralité de Duckens Nazon dans les matches qui basculent. Dans le 3-3 au Costa Rica, il inscrit un triplé (55’, 58’, 86’): c’est une empreinte totale sur le match, et un indice sur le type de joueur qui “fait vivre” Haïti quand le scénario devient urgent. Nazon marque aussi tôt (12’ au Nicaragua) et à différents moments de match, ce qui renforce l’idée d’un attaquant capable d’ouvrir comme de relancer.

Troisième marqueur: Haïti est plus stable quand elle peut imposer un cadre défensif clair. Les trois derniers matches à Willemstad sont parlants: 0-0, 1-0, 2-0, donc 0 but encaissé sur cette séquence à domicile en troisième ronde. Cela ne dit pas que l’équipe est “défensive”; cela dit qu’elle est capable de protéger sa surface quand le match demande de la patience et de la discipline. Les victoires contre le Costa Rica et le Nicaragua se construisent avec un avantage pris avant la pause (Pierrot 44’; Providence 45+1’), comme si Haïti cherchait à se donner un match “pilotable”.

Quatrième marqueur: les zones de turbulence existent et elles sont nettes. Il y a deux défaites lourdes dans la campagne: 1-5 contre Curaçao et 0-3 au Honduras. Dans les deux cas, ce ne sont pas des défaites “au détail”, mais des matches où Haïti encaisse par vagues. Et la lecture performance est simple: quand l’adversaire réussit à accélérer et à marquer tôt (Honduras: 18’, 26’, 40’), Haïti souffre d’un match qui se délite avant la mi-temps. C’est là que se joue la marge à haut niveau: éviter le match qui “disparaît” en 30 minutes.

Enfin, une note sur la gestion des fins de match. Le 3-3 au Costa Rica se termine par un but encaissé à 90+1’. Ce détail est un avertissement fonctionnel: Haïti sait renverser, mais doit mieux fermer les dernières possessions quand elle tient un résultat majeur à l’extérieur. À l’inverse, le 0-3 au Nicaragua avec un but à 90+2’ (Deedson) montre qu’elle sait aussi frapper dans les derniers instants. Le même temps additionnel, deux réalités: l’une subie, l’autre maîtrisée.

Le groupe à la Coupe du monde

Le groupe C du Mondial propose à Haïti un menu sans plat tiède: Écosse d’abord, puis Brésil, puis Maroc. Trois adversaires aux identités réputées très différentes, et trois matches placés dans des stades NFL où l’atmosphère peut changer le volume émotionnel d’une rencontre. Pour Haïti, le défi sera autant de gérer les moments que de gérer les noms.

Le premier match, contre l’Écosse, arrive vite dans le calendrier du groupe: le 13 juin 2026 à Boston, au Gillette Stadium. C’est typiquement un match d’ouverture où l’équipe la plus “prête” mentalement peut prendre l’ascendant sans forcément être la plus brillante. Pour Haïti, l’enjeu est clair: éviter le match qui s’emballe trop tôt contre elle, et entrer dans la compétition avec un scénario pilotable. Les Grenadiers ont déjà montré, sur la troisième ronde, qu’ils pouvaient tenir un 0-0 contre un concurrent direct (Honduras, 5 septembre 2025). Le plan émotionnel pourrait ressembler à cela: d’abord ne rien offrir, puis chercher des coups.

Le deuxième match, contre le Brésil, est le pivot symbolique du groupe: le 19 juin 2026 à Philadelphie, au Lincoln Financial Field. Là, le match est souvent une question de survie par séquences: survivre aux dix premières minutes, survivre aux cinq minutes après la pause, survivre aux périodes où l’adversaire enchaîne les situations. Haïti devra être fidèle à ce qu’elle a appris: à domicile, elle sait fermer; mais ici, il faudra fermer sans renoncer totalement à respirer. Les matches où Haïti s’est fait submerger (1-5, 0-3) rappellent ce qu’il faut éviter: encaisser en rafale et perdre le fil.

Le troisième match, contre le Maroc, le 24 juin 2026 à Atlanta, au Mercedes-Benz Stadium, peut devenir un match de bascule selon les points pris avant. C’est souvent le type de rencontre où la gestion du risque devient une science: savoir quand pousser, quand temporiser, quand accepter un nul, quand aller chercher une victoire. Dans la campagne, Haïti a montré deux profils qui peuvent servir ici: la capacité à gagner court (1-0) et la capacité à punir en transition quand elle a des espaces (0-3, 0-5). La clé sera d’identifier quel match on a, pas celui qu’on voudrait.

Voici la table des trois matches de groupe, avec les informations disponibles.

Date Stade Ville Adversaire
13 juin 2026 Gillette Stadium Boston Écosse
19 juin 2026 Lincoln Financial Field Philadelphie Brésil
24 juin 2026 Mercedes-Benz Stadium Atlanta Maroc

Pronostics, en langage simple et sans déguisement:

  • Haïti vs Écosse: empate. Parce que c’est le match où Haïti peut s’installer dans un format qu’elle connaît: rester compacte, prendre confiance, et chercher un but sur une phase où l’intensité fait la différence.
  • Brésil vs Haïti: gana Brasil. Ici, la prudence n’est pas une posture: c’est la manière la plus honnête de respecter la hiérarchie nominale du duel, tout en gardant l’objectif interne d’Haïti clair — rester dans le match le plus longtemps possible.
  • Maroc vs Haïti: empate. C’est le match qui peut devenir tactique, de détails, de patience. Haïti a prouvé qu’elle sait gagner et ne pas encaisser dans un contexte maîtrisé; si elle arrive avec quelque chose à jouer, ce match peut se transformer en duel de nerfs.

Clés de qualification pour Haïti dans ce groupe, version opérationnelle:

  • Marquer au moins une fois sur les deux matches “jouables” en termes de scénario: Écosse et Maroc, sans dépendre d’un seul buteur.
  • Éviter le match qui s’effondre avant la pause: c’est la leçon directe de Honduras 3-0 (13 octobre 2025) et de Curaçao 5-1 (10 juin 2025).
  • Faire du premier match un point d’appui émotionnel: un résultat positif contre l’Écosse donnerait un cadre au reste.
  • Soigner le temps additionnel: savoir le jouer pour marquer comme à Managua (but à 90+2’), et surtout éviter de le subir comme à San José (but encaissé à 90+1’).

Opinion éditoriale

Haïti arrive au Mondial avec une qualité qui ne se mesure pas seulement en possession ou en schémas: la capacité à rester vivante. Dans cette campagne, les Grenadiers ont montré qu’ils pouvaient encaisser un choc, se remettre en ligne, et reprendre des points là où la qualification se décide vraiment. Ce n’est pas glamour, c’est précieux. Et c’est souvent ce qui fait la différence entre “participer” et “exister” dans un groupe.

Mais la marge est étroite, presque tranchante. Le Mondial ne pardonne pas les minutes où l’équipe se dissout. Haïti a déjà connu ce film: au Honduras, trois buts encaissés avant la mi-temps (18’, 26’, 40’) et le match devient une pente sans prise. La leçon est brutale mais utile: dans les grands rendez-vous, on ne perd pas seulement sur un but, on perd sur une séquence. Le chantier, c’est de traverser ces séquences sans y laisser la qualification.

Le plus beau dans cette équipe, c’est qu’elle sait changer de peau. Elle a gagné en marquant cinq fois, elle a gagné en marquant une fois, elle a tenu des zéros, elle a renversé un 2-0 à l’extérieur par un triplé de Nazon. Ce n’est pas une sélection monolithique: c’est une sélection d’instants. Et au Mondial, les instants font les histoires.

Reste une alerte, concrète, presque personnelle: ne pas offrir le match sur un départ raté. La défaite 3-0 à Tegucigalpa, le 13 octobre 2025, est le panneau le plus clair de toute la campagne. Pas parce qu’elle définit Haïti, mais parce qu’elle peut la trahir si elle se répète. Les Grenadiers n’ont pas besoin d’un miracle; ils ont besoin d’un match qui commence à l’heure, d’un bloc qui respire ensemble, et d’un but — pas forcément beau, mais opportun. Dans un groupe avec l’Écosse, le Brésil et le Maroc, ce genre de but peut valoir une vie.