Belgique - Grupo G

⚔ Belgique, les Diables rouges en mission mondiale

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Une qualification Ă  grande vitesse, puis un groupe qui exige de la maĂźtrise plutĂŽt que des promesses

Introduction

Le voyage commence souvent par un match qu’on croit simple. Pour la Belgique, il a commencĂ© par un rappel: on ne traverse pas une campagne internationale en pantoufles. À Skopje, un soir de juin, le vent a tournĂ© tard, et le tableau d’affichage a refusĂ© de se plier Ă  la logique attendue. Les Diables rouges ont compris, d’entrĂ©e, qu’il faudrait gagner autrement: avec patience, avec nerfs, parfois avec un sourire crispĂ©.

Puis, trĂšs vite, la Belgique a retrouvĂ© son tempo. Pas forcĂ©ment celui d’un rouleau compresseur continu — il y aura des nuls, des minutes de flottement — mais celui d’une Ă©quipe qui sait oĂč sont les portes, et qui possĂšde des joueurs capables de les ouvrir mĂȘme quand elles semblent verrouillĂ©es. Il y a des campagnes de qualification qui se racontent Ă  coups de symboles. Celle-ci se raconte Ă  coups de scores: 6-0, 7-0, 6-0
 et quelques accrocs qui donnent du relief.

Sur le plan comptable, c’est propre, presque clinique: 1re place du groupe J, 18 points en 8 matches, invaincue, avec 29 buts marquĂ©s pour 7 encaissĂ©s et une diffĂ©rence de +22. Ce n’est pas seulement une qualification, c’est une signature offensive, appuyĂ©e par une capacitĂ© Ă  ne pas perdre, mĂȘme quand le match refuse d’obĂ©ir.

Trois moments-bascule ressortent comme des clous dans la planche. D’abord, le 6 juin 2025 Ă  Skopje: MacĂ©doine du Nord – Belgique 1-1, avec un but belge signĂ© De Cuyper Ă  la 28e minute, avant l’égalisation tardive d’Alioski (86e). Ensuite, le 9 juin 2025 Ă  Bruxelles: Belgique – Pays de Galles 4-3, un match Ă  la fois spectaculaire et dangereux, oĂč Lukaku, Tielemans, Doku et De Bruyne ont dĂ» rĂ©pondre Ă  une remontĂ©e galloise qui aurait pu faire dĂ©railler la soirĂ©e. Enfin, le 13 octobre 2025 Ă  Cardiff: Pays de Galles – Belgique 2-4, une soirĂ©e de maturitĂ© oĂč De Bruyne a frappĂ© deux fois sur penalty, et oĂč la Belgique a montrĂ© qu’elle savait aussi gagner au milieu du bruit.

Cette Belgique-lĂ  avance avec une idĂ©e simple: si le match s’ouvre, elle sait punir; si le match se ferme, elle insiste; si le match s’enflamme, elle a de quoi rĂ©pondre. Le rĂ©cit, lui, n’est pas celui d’une promenade. C’est celui d’une Ă©quipe qualifiĂ©e, oui, mais qualifiĂ©e en ayant dĂ» se regarder dans le miroir de plusieurs scĂ©narios: l’ascenseur Ă©motionnel, le mur bas, la transition adverse, et le piĂšge des fins de match.

Le chemin des éliminatoires

Le cadre UEFA est connu pour sa densitĂ©: une phase de groupes oĂč la rĂ©gularitĂ© compte autant que l’éclat. Ici, les donnĂ©es racontent une histoire limpide: la Belgique termine en tĂȘte du groupe J et obtient le billet direct, tandis que les poursuivants se disputent les issues secondaires. Dans cette mĂ©canique, chaque nul a un poids, et chaque carton contre un adversaire plus faible a une valeur double: points dans la poche et diffĂ©rence de buts qui installe une forme de confort.

Lecture froide de la table: Belgique 18 points, Pays de Galles 16, MacĂ©doine du Nord 13. DerriĂšre, le Kazakhstan (8) et le Liechtenstein (0) ferment la marche. La Belgique n’a perdu aucun match (5 victoires, 3 nuls). On peut y voir une campagne sans tache; on peut aussi y lire une nuance importante: les trois nuls (1-1, 0-0, 1-1) dessinent des zones oĂč la Belgique a dĂ» accepter le partage, parfois aprĂšs avoir menĂ©, parfois aprĂšs avoir butĂ©.

Le duel de sommet avec le Pays de Galles est, Ă  lui seul, un mini-feuilleton. Le 9 juin 2025, la Belgique gagne 4-3 Ă  domicile: un match qui dit tout de son talent
 et de ses risques. Marquer quatre fois et trembler quand mĂȘme, c’est la preuve d’une force d’attaque; c’est aussi l’aveu qu’un match peut se renverser si l’équipe se met Ă  dĂ©fendre en reculant plutĂŽt qu’en contrĂŽlant. Le 13 octobre 2025, Ă  Cardiff, la Belgique rĂ©pond par un 4-2 plus “adulte”, plus gĂ©rĂ©, avec des buts Ă©talĂ©s, une fin de match oĂč Trossard ajoute la derniĂšre virgule (90e).

La MacĂ©doine du Nord, elle, a Ă©tĂ© l’adversaire-piĂšge, celui qui te fait jouer dans la boue. Deux fois, la Belgique n’a pas gagnĂ©: 1-1 Ă  l’extĂ©rieur (6 juin 2025), puis 0-0 Ă  domicile (10 octobre 2025). Deux scĂ©narios diffĂ©rents, mĂȘme conclusion: ce rival-lĂ  a su rĂ©duire l’espace, tenir le score, et pousser la Belgique Ă  produire plus que ce que le match offrait. Pour une sĂ©lection qui aime le ballon et la zone de finition, ce genre de rendez-vous est une piqĂ»re utile: elle rappelle que la qualitĂ© ne suffit pas, qu’il faut aussi l’outil pour forcer les serrures.

Et puis il y a le versant “statistique” de la campagne, celui qui pĂšse lourd dans l’impression gĂ©nĂ©rale: les doubles claques infligĂ©es au Liechtenstein (6-0 Ă  Vaduz le 4 septembre 2025; 7-0 Ă  LiĂšge le 18 novembre 2025) et le 6-0 contre le Kazakhstan Ă  Anderlecht (7 septembre 2025). La Belgique a fait ce que font les Ă©quipes mĂ»res face aux adversaires qu’elles doivent battre: elle a battu, et elle a battu largement. Sans s’endormir, sans bricoler un petit 1-0 triste. Ce n’est pas un dĂ©tail: dans une campagne, les soirĂ©es “faciles” sont souvent celles oĂč l’on se complique la vie.

La seule vraie alerte Ă©motionnelle, paradoxalement, arrive au Kazakhstan: 1-1 Ă  Astana le 15 novembre 2025, but encaissĂ© trĂšs tĂŽt (9e), Ă©galisation plus tardive (Vanaken 48e). Ce nul-lĂ , Ă  l’extĂ©rieur, dit quelque chose d’important: la Belgique peut ĂȘtre surprise en dĂ©but de match, et elle doit parfois courir aprĂšs le score. Or courir aprĂšs le score, c’est quitter son plan de contrĂŽle. Elle l’a fait sans panique, mais ce type de scĂ©nario est un prĂ©lude: en Coupe du monde, un but encaissĂ© tĂŽt n’est jamais anecdotique, parce que l’adversaire change de peau.

Tableau 1 — Matches de la Belgique dans le groupe J

Date Groupe Adversaire Condition Résultat Buteurs Stade
6 juin 2025 Groupe J Macédoine du Nord Extérieur 1-1 Macédoine du Nord: Alioski 86'; Belgique: De Cuyper 28' Toƥe Proeski Arena, Skopie
9 juin 2025 Groupe J Pays de Galles Domicile 4-3 Belgique: Lukaku 15' pen., Tielemans 19', Doku 27', De Bruyne 88'; Pays de Galles: Wilson 45+7' pen., Thomas 51', Johnson 69' Stade Roi Baudouin, Bruxelles
4 sept. 2025 Groupe J Liechtenstein Extérieur 6-0 De Cuyper 29', Tielemans 46', 70' pen., Theate 60', De Bruyne 62', Fofana 90+1' Rheinpark Stadion, Vaduz
7 sept. 2025 Groupe J Kazakhstan Domicile 6-0 De Bruyne 42', 84', Doku 44', 60', Raskin 51', Meunier 87' Lotto Park, Anderlecht
10 oct. 2025 Groupe J Macédoine du Nord Domicile 0-0 Planet Group Arena, Gand
13 oct. 2025 Groupe J Pays de Galles Extérieur 4-2 Pays de Galles: Rodon 8', Broadhead 89'; Belgique: De Bruyne 18' pen., 76' pen., Meunier 24', Trossard 90' Cardiff City Stadium, Cardiff
15 nov. 2025 Groupe J Kazakhstan Extérieur 1-1 Kazakhstan: Satpaev 9'; Belgique: Vanaken 48' Astana Arena, Astana
18 nov. 2025 Groupe J Liechtenstein Domicile 7-0 Vanaken 3', Doku 34', 41', Mechele 52', Saelemaekers 55', De Ketelaere 57', 59' Stade Maurice Dufrasne, LiĂšge

On peut segmenter la campagne en deux blocs simples, presque pédagogiques.

D’un cĂŽtĂ©, la Belgique Ă  domicile: 4 matches, 3 victoires et 1 nul. Bilan offensif massif: 17 buts marquĂ©s (4 + 6 + 0 + 7), zĂ©ro encaissĂ© sur ces quatre rencontres. Ce dĂ©tail est Ă©norme: Ă  la maison, la Belgique a Ă©tĂ© un coffre-fort, mĂȘme lorsque le score est restĂ© vierge contre la MacĂ©doine du Nord. Gagner 6-0 et 7-0, c’est une chose; ne pas encaisser un seul but, c’en est une autre, plus structurelle.

De l’autre cĂŽtĂ©, la Belgique Ă  l’extĂ©rieur: 4 matches, 2 victoires et 2 nuls. LĂ , le profil change: 12 buts marquĂ©s, 7 encaissĂ©s. C’est Ă  l’extĂ©rieur que se concentrent les buts concĂ©dĂ©s, et c’est aussi Ă  l’extĂ©rieur qu’apparaissent les scĂ©narios d’inconfort (Skopje, Astana). La Belgique voyage bien, mais elle ne voyage pas dans le silence: les matches hors de ses bases ont une dramaturgie plus prononcĂ©e.

Autre lecture: les matches serrĂ©s. Sur 8 rencontres, 4 se jouent sur un but d’écart ou se terminent par un nul: 1-1 en MacĂ©doine du Nord, 4-3 contre le Pays de Galles, 0-0 contre la MacĂ©doine du Nord, 1-1 au Kazakhstan. La moitiĂ© de la campagne, en somme, a demandĂ© un niveau de concentration “match de compĂ©tition”, pas seulement un dĂ©roulĂ© technique. Et c’est peut-ĂȘtre le meilleur signal pour une sĂ©lection ambitieuse: elle n’a pas seulement appris Ă  marquer, elle a appris Ă  survivre aux matches qui grincent.

Tableau 2 — Classement complet du groupe J

Groupe Pos. Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff Statut
J 1 Belgique 18 8 5 3 0 29 7 +22 Coupe du monde 2026
J 2 Pays de Galles 16 8 5 1 2 21 11 +10 play-offs
J 3 Macédoine du Nord 13 8 3 4 1 13 10 +3 play-offs via Ligue des Nations
J 4 Kazakhstan 8 8 2 2 4 9 13 −4 Non qualifiĂ©
J 5 Liechtenstein 0 8 0 0 8 0 31 −31 Non qualifiĂ©

Le classement met aussi en perspective la concurrence directe. La Belgique finit avec 2 points d’avance sur le Pays de Galles: marge courte, mais maĂźtrisĂ©e. Et surtout, elle se distingue sur la diffĂ©rence de buts (+22 contre +10). Dans une campagne, ce type d’écart raconte la capacitĂ© Ă  ne pas se contenter de gagner, mais Ă  gagner en imposant une identitĂ©. La Belgique l’a fait — surtout contre Liechtenstein et Kazakhstan — sans que cela l’empĂȘche d’ĂȘtre accrochĂ©e deux fois par un adversaire plus rugueux, la MacĂ©doine du Nord.

Au fond, cette qualification a été un mix: des démonstrations pour installer le statut, et des matches à friction pour rappeler que le statut, justement, ne protÚge pas des piÚges. La Belgique arrive au tournoi avec un bagage: des buts, oui; mais aussi des leçons sur le contrÎle, sur la patience, sur la gestion des premiÚres minutes et des fins de match.

Comment ils jouent

La Belgique de cette campagne se lit d’abord dans un chiffre: 29 buts en 8 matches, soit 3,625 buts par match. C’est une moyenne qui n’existe pas sans une intention permanente d’aller chercher la surface, mĂȘme quand le match semble dĂ©jĂ  gagnĂ©. Les scores de 6-0, 7-0 et 6-0 ne sont pas des accidents: ils montrent une Ă©quipe qui, une fois devant, continue de jouer pour marquer plutĂŽt que de jouer pour que ça se termine.

Mais l’autre chiffre, tout aussi parlant, c’est la distribution des buts encaissĂ©s: 7 au total, dont 0 Ă  domicile et 7 Ă  l’extĂ©rieur. Cela dessine une Belgique trĂšs solide dans ses repĂšres, beaucoup plus exposĂ©e quand l’environnement la pousse Ă  dĂ©fendre face au public, Ă  l’énergie adverse, ou Ă  une entrĂ©e de match plus nerveuse. Encaisser Ă  la 9e minute Ă  Astana, puis devoir Ă©galiser, c’est typiquement le scĂ©nario qui oblige Ă  sortir de son confort de gestion.

Sur la capacitĂ© Ă  “fermer” un match, la Belgique offre deux visages. Le visage de la maĂźtrise totale: 0-0 contre la MacĂ©doine du Nord Ă  Gand, oĂč l’équipe ne concĂšde pas, mĂȘme si elle ne marque pas. Et le visage de la soirĂ©e Ă  risques: 4-3 contre le Pays de Galles Ă  Bruxelles, oĂč l’avance initiale n’a pas suffi Ă  calmer le match, et oĂč il faut un but de De Bruyne Ă  la 88e pour conclure. Dans les deux cas, on retrouve un point commun: la Belgique reste debout. Elle ne s’effondre pas. Elle traverse les tempĂȘtes de match sans perdre.

Le tempo offensif est, lui, trĂšs identifiable: la Belgique marque tĂŽt et souvent, et elle sait aussi frapper tard. Dans le 4-3 contre le Pays de Galles, elle marque Ă  la 15e, 19e, 27e
 puis Ă  la 88e. À Cardiff, elle marque Ă  la 18e, 24e, 76e et 90e. Ces fins de match ne sont pas seulement des “coups”: elles suggĂšrent une Ă©quipe capable de garder de la luciditĂ© et de la qualitĂ© dans les derniĂšres sĂ©quences, lĂ  oĂč beaucoup de sĂ©lections se contentent de dĂ©fendre leur avantage.

Le partage du but est un autre indice de fonctionnement collectif. Les buteurs se multiplient: De Bruyne, Doku, Tielemans, Lukaku, Meunier, Vanaken, Trossard, De Cuyper, Theate, Fofana, Raskin, Mechele, Saelemaekers, De Ketelaere
 Cette liste, longue, raconte deux choses: la Belgique ne vit pas d’un seul homme, et elle produit des buts depuis plusieurs zones de l’équipe. MĂȘme quand De Bruyne ou Doku prennent la lumiĂšre, les autres signatures existent, et elles comptent dans une compĂ©tition oĂč la forme du jour varie.

La vulnĂ©rabilitĂ© principale apparaĂźt dans les matches oĂč l’adversaire casse le rythme. La MacĂ©doine du Nord a obtenu un 1-1 Ă  domicile et un 0-0 Ă  l’extĂ©rieur: deux matches oĂč la Belgique a dĂ» accepter de ne pas transformer sa qualitĂ© en victoire. Le Kazakhstan, lui, a arrachĂ© un 1-1 Ă  Astana en frappant tĂŽt. Le motif est clair: quand la Belgique ne parvient pas Ă  marquer dans son premier temps fort — ou quand elle encaisse trop vite — le match devient plus long, plus mental, et le score peut rester accrochĂ©. En Coupe du monde, ce n’est pas une catastrophe; c’est un avertissement tactique au sens large: la Belgique doit imposer son rythme dĂšs le dĂ©part, et ne pas offrir le premier rebond Ă©motionnel Ă  l’adversaire.

Le groupe Ă  la Coupe du monde

Le dĂ©cor change, mais l’exigence reste la mĂȘme: trois matches, trois scĂ©narios, trois villes. Le groupe G propose Ă  la Belgique une entrĂ©e qui ressemble Ă  un test de sĂ©rieux, un deuxiĂšme match qui pĂšse souvent comme une charniĂšre, puis une troisiĂšme journĂ©e oĂč tout se calcule sans le dire. La Belgique, qualifiĂ©e avec un statut et des chiffres, devra traduire cette campagne en points, sans se perdre dans le bruit du tournoi.

Le premier match est posĂ© comme une mise en route Ă  Seattle: Belgique – Égypte, le 15 juin 2026 au Lumen Field. Dans un tournoi, la premiĂšre rencontre n’est jamais “juste” un match: c’est la tempĂ©rature de l’équipe, sa capacitĂ© Ă  ne pas se crisper, Ă  convertir ses temps forts. Pour la Belgique, le scĂ©nario le plus logique, au vu de ses qualifications, serait de chercher Ă  marquer sans attendre — parce que l’équipe a montrĂ© qu’elle sait ouvrir tĂŽt — et de ne pas se faire surprendre sur une transition ou une action isolĂ©e. Pronostic: gagne la Belgique.

Le deuxiĂšme match, Ă  Los Angeles au SoFi Stadium, met la Belgique face Ă  l’Iran le 21 juin 2026. C’est typiquement le rendez-vous oĂč la patience devient une compĂ©tence. Si le match se ferme, la Belgique devra Ă©viter de transformer la domination en nervositĂ©. Les donnĂ©es des qualifications offrent un repĂšre: face Ă  la MacĂ©doine du Nord, le verrou a rĂ©sistĂ© deux fois. Le plan, ici, devra ĂȘtre de rester propre, de ne pas concĂ©der, et de maintenir la pression jusqu’à trouver l’ouverture. Pronostic: gagne la Belgique.

Le troisiĂšme match, Ă  Vancouver au BC Place, est Nouvelle-ZĂ©lande – Belgique, le 26 juin 2026. TroisiĂšme journĂ©e: parfois la gestion, parfois le sprint, parfois les deux dans le mĂȘme match. La Belgique arrive avec une force claire: elle sait “tuer” les matches quand l’adversaire s’ouvre, comme elle l’a fait face au Kazakhstan ou au Liechtenstein. Mais elle devra aussi se mĂ©fier d’un dĂ©but de match mal nĂ©gociĂ©, puisque l’extĂ©rieur a Ă©tĂ© la zone des buts encaissĂ©s en qualifications. Pronostic: gagne la Belgique.

Tabla — Les 3 matches de groupe de la Belgique

Date Stade Ville Adversaire
15 juin 2026 Lumen Field Seattle Égypte
21 juin 2026 SoFi Stadium Los Angeles Iran
26 juin 2026 Stade BC Place Vancouver Nouvelle-Zélande

Au-delĂ  des pronostics, la vraie question est celle de la traduction: comment passer d’une campagne oĂč l’on peut parfois rattraper un match au caractĂšre spectaculaire (4-3), Ă  une phase de groupes oĂč chaque dĂ©tail se paie comptant? La Belgique a montrĂ© qu’elle pouvait marquer beaucoup, mais elle a aussi montrĂ© qu’elle pouvait se heurter Ă  un bloc (0-0). Dans un groupe, ce 0-0 n’est pas forcĂ©ment un mauvais rĂ©sultat; il devient mauvais s’il arrive au mauvais moment. D’oĂč l’intĂ©rĂȘt de sĂ©curiser le premier match: installer des points et une confiance, sans laisser le groupe devenir un labyrinthe.

Un autre enseignement, trĂšs concret, vient de la rĂ©partition domicile/extĂ©rieur observĂ©e en qualifications. En Coupe du monde, personne n’est “à domicile” au sens strict, et l’équipe devra donc retrouver la rigueur de ses matches Ă  la maison
 dans un environnement neutre. Cela passe par une chose simple Ă  dire et difficile Ă  faire: ne pas concĂ©der tĂŽt. À Astana, le but Ă  la 9e a forcĂ© un match de poursuite. Dans un tournoi, ce type de poursuite peut coĂ»ter de l’énergie, et l’énergie est la monnaie la plus rare.

Enfin, il y a la variĂ©tĂ© des buteurs, qui peut devenir un atout majeur. Dans une phase de groupes, on n’a pas toujours le mĂȘme plan, ni le mĂȘme dĂ©roulĂ©. Avoir des buts de milieux, de latĂ©raux, de remplaçants potentiels, c’est ce qui permet de gagner un match fermĂ© sur un dĂ©tail, ou de faire basculer une rencontre au moment oĂč l’adversaire fatigue. La Belgique arrive avec cette palette-lĂ , au moins dans les chiffres de sa campagne.

Clés de qualification pour la Belgique dans le groupe G

  • DĂ©marrer fort: Ă©viter le scĂ©nario “but encaissĂ© tĂŽt” vu Ă  Astana, qui transforme le match en course.
  • Ne pas confondre domination et prĂ©cipitation: le 0-0 contre la MacĂ©doine du Nord rappelle que certains matches exigent de l’insistance plus que de la vitesse.
  • Capitaliser sur la diversitĂ© des buteurs: multiplier les sources de danger pour ne pas dĂ©pendre d’une seule soirĂ©e d’inspiration.
  • GĂ©rer les fins de match: la Belgique a souvent marquĂ© tard; au Mondial, savoir conclure sans s’exposer est un art.
  • ProtĂ©ger l’équilibre hors de ses repĂšres: les buts encaissĂ©s se sont concentrĂ©s Ă  l’extĂ©rieur; il faut transporter la soliditĂ© “domicile” sur terrain neutre.

Opinion éditoriale

La Belgique a gagnĂ© sa qualification comme on signe un contrat: nettement, avec des clauses offensives et une garantie d’invincibilitĂ©. Mais le football de sĂ©lection, dans un tournoi, ne rĂ©compense pas seulement la puissance; il rĂ©compense la luciditĂ©. Les scores fleuves contre le Liechtenstein et le Kazakhstan racontent une Ă©quipe qui sait Ă©craser. Les nuls contre la MacĂ©doine du Nord racontent une Ă©quipe qui doit parfois apprendre Ă  forcer sans se frustrer. Entre les deux, il y a la vĂ©ritĂ© d’un Mondial: on ne gagne pas toujours large, mais on doit gagner quand mĂȘme.

Le dĂ©tail qui doit rester dans un coin de la tĂȘte, c’est Astana, le 15 novembre 2025: but encaissĂ© Ă  la 9e, puis match Ă  rĂ©parer. La Belgique l’a rĂ©parĂ©, et c’est un mĂ©rite. Pourtant, le tournoi n’est pas une campagne longue oĂč l’on peut compenser plus tard; c’est une sĂ©rie courte oĂč le premier crochet te change le visage. La Belgique a tout pour imposer son rythme, mais elle ne doit pas offrir le rĂ©cit aux autres. Sinon, mĂȘme une Ă©quipe qui marque 29 buts en 8 matches peut se retrouver Ă  nĂ©gocier ses soirĂ©es au lieu de les Ă©crire.