Ouzbékistan - Grupo K

Ouzbékistan  La qualification au forceps, le rêve au bout des crampons

Ouzbékistan 🇺🇿🔥 La qualification au forceps, le rêve au bout des crampons

Une sélection longtemps aux portes du grand monde, enfin installée dans l’idée qu’elle peut y rester

Introduction

Il y a des campagnes qui se racontent comme une montée en puissance, avec des virages pris à pleine vitesse. Et il y en a d’autres, plus ouzbèkes dans l’âme, qui se construisent à coups de matchs fermés, de détails gagnés, de penalties assumés, de nuls arrachés loin de chez soi. Celle-ci appartient à la seconde famille: un parcours à la fois sobre et nerveux, où l’Ouzbékistan avance comme une équipe qui a compris que le prestige ne se demande pas, il se verrouille.

On les voit souvent venir: une sélection qui ne surjoue pas, qui ne se disperse pas, qui préfère le contrôle aux feux d’artifice. Mais derrière cette façade, il y a une vraie tension compétitive, un goût du match qui se gagne dans la zone grise. Un 1-0, un 0-0, un 2-2 lourd de sens à Téhéran… et soudain, l’histoire bascule. Le genre de campagne où l’on ne collectionne pas les “grandes soirées” mais où l’on empile les preuves.

Dans les chiffres, la trajectoire est nette sur la troisième phase des qualifications AFC: 2e du groupe A avec 21 points en 10 matchs, bilan de 6 victoires, 3 nuls et 1 défaite, 14 buts marqués pour 7 encaissés, soit une différence de +7. Une équipe qui encaisse peu, qui perd très rarement, et qui sait convertir ses soirées moyennes en points pleins.

Les moments-charnières, eux, ont des dates et des visages. Le 10 septembre 2024, à Bichkek, l’Ouzbékistan s’offre un succès 3-2 chez le Kirghizistan, match-piège par excellence, gagné au mental et à l’opportunisme. Le 14 novembre 2024, l’unique accroc de la phase: 2-3 au Qatar, match renversant et cruel, marqué par une fin de rencontre interminable. Et puis le 25 mars 2025, ce 2-2 à Téhéran contre l’Iran, un nul qui a le goût d’un certificat de maturité: être mené, répondre, et repartir avec un résultat qui pèse lourd dans la course au top 2.

Si l’on remonte d’un cran, la deuxième phase (groupe E) avait déjà installé le décor: Ouzbékistan invaincu, 14 points en 6 matchs, 13 buts marqués, 4 encaissés. Même tendance, même signature: solidité, efficacité, et cette capacité à prendre la main quand le match exige d’appuyer, puis de fermer quand il faut protéger.

Et maintenant, la récompense s’appelle Mondial et se lit sur une feuille de route très concrète: un groupe K, trois rendez-vous, trois villes, trois ambiances. Mexico d’abord, Houston ensuite, Atlanta pour finir. L’Ouzbékistan n’a plus seulement un projet: il a un calendrier, des adversaires, et un vrai examen de style.

Le chemin des éliminatoires

Le format AFC, sur la route de la Coupe du monde 2026, est un escalier en plusieurs paliers: une deuxième phase en groupes (aller-retour), puis une troisième phase en groupes de six où les deux premiers décrochent directement leur billet mondial. Derrière, les équipes classées 3e et 4e poursuivent via des tours de barrage asiatiques pour chercher des places supplémentaires, puis une ultime porte via un tournoi intercontinental. Pour l’Ouzbékistan, l’histoire s’est jouée avant les couloirs: qualification directe obtenue en se maintenant dans les deux premières places de son groupe de troisième phase.

Ce parcours, on peut le lire en deux chapitres bien distincts, avec un fil rouge identique: l’équipe sait gagner sans se déséquilibrer. En deuxième phase (groupe E), elle termine 2e à égalité de points avec l’Iran (14), invaincue (4 victoires, 2 nuls), avec 13 buts marqués et seulement 4 encaissés (+9). Derrière, Turkménistan et Hong Kong n’ont jamais été en mesure de contester durablement le duo de tête.

Le groupe E a néanmoins offert des leçons utiles pour la suite. Le 21 novembre 2023, à Tachkent, le 2-2 contre l’Iran a posé un premier repère: l’Ouzbékistan peut marquer, revenir, rivaliser… mais la marge est fine, et chaque but concédé coûte cher. À l’inverse, les double confrontations contre Hong Kong (0-2 à l’extérieur puis 3-0 à domicile, mars 2024) ont montré une capacité à faire respecter la hiérarchie sans traîner: deux matchs, cinq buts, aucun encaissé.

La troisième phase (groupe A) a ensuite changé l’atmosphère. Ici, plus de matches “obligatoires”: chaque journée est un duel de trajectoires. L’Ouzbékistan finit 2e avec 21 points, à deux longueurs de l’Iran (23). Surtout, il distance nettement les Émirats arabes unis (15), principal poursuivant, ce qui donne la clé du récit: la sélection ouzbèke a su transformer ses matchs face aux “voisins de classement” en points sécurisés, tout en survivant aux confrontations face au leader.

On retrouve une chronologie typique des équipes qui montent: démarrage propre (1-0 contre la Corée du Nord le 5 septembre 2024), capacité à gagner un match sale à l’extérieur (3-2 au Kirghizistan le 10 septembre 2024), puis ce 0-0 contre l’Iran le 10 octobre 2024, qui ressemble à une phrase dite calmement dans une discussion tendue: “nous sommes là, et nous ne bougerons pas”.

Le cœur tactique du parcours, au sens des résultats, se lit aussi dans la manière de gérer les fins de campagne. Après la défaite au Qatar (2-3, 14 novembre 2024), l’Ouzbékistan répond par un 1-0 contre la Corée du Nord (19 novembre 2024), puis enchaîne en 2025 une série qui a tout d’une marche de qualification: 1-0 contre le Kirghizistan, 2-2 en Iran, 0-0 aux Émirats, 3-0 contre le Qatar. Quatre matchs, zéro défaite, et une ligne arrière qui ne craque pas quand la pression monte.

Dans ce groupe A, la comparaison avec les adversaires directs est parlante. L’Iran termine devant avec 19 buts marqués et 8 encaissés (+11), l’Ouzbékistan suit avec 14 marqués, 7 encaissés (+7). Les Émirats, eux, marquent autant que l’Ouzbékistan (15) mais encaissent un peu plus (8) et surtout perdent davantage (3 défaites). Le Qatar est l’illustration inverse: 17 buts marqués mais 24 encaissés, différence négative et irrégularité structurelle. L’Ouzbékistan, dans cette photographie, est l’équipe “équilibre”: pas la plus flamboyante, mais celle qui donne le moins de prises.

Cette campagne s’explique enfin par une gestion des détails offensifs: des buteurs qui surgissent à différents moments, des penalties assumés, et une capacité à marquer sans avoir besoin de tout casser. Shomurodov apparaît régulièrement dans les feuilles de match, Urunov aussi, mais l’équipe a également trouvé des buts avec Aliqulov, Fayzullaev, Erkinov, Sergeev, Turgunboev, Alijonov. Ce n’est pas un luxe: c’est une assurance. Quand le match est fermé, il faut parfois un seul tir, une seule action, un seul pied droit propre.

Tableau 1

Date Phase Groupe Journée Adversaire Condition Résultat Buteurs Stade ou Sede
16 novembre 2023 Deuxième E Turkménistan Extérieur Turkménistan 1-3 Ouzbékistan Turkménistan: Dinýiew 44'. Ouzbékistan: Shukurov 57', 77', Shomurodov 90+1'. Stade Ashgabat, Asjabad
21 novembre 2023 Deuxième E Iran Domicile Ouzbékistan 2-2 Iran Ouzbékistan: Urunov 52', Sergeev 83'. Iran: Rezaeian 14', Taremi 38'. Stade Milliy, Taskent
21 mars 2024 Deuxième E Hong Kong Extérieur Hong Kong 0-2 Ouzbékistan Ouzbékistan: Shomurodov 49', Ashurmatov 66'. Stade Mong Kok, Hong Kong
26 mars 2024 Deuxième E Hong Kong Domicile Ouzbékistan 3-0 Hong Kong Ouzbékistan: Shomurodov 20', Erkinov 63', Urunov 70'. Stade Milliy, Taskent
6 juin 2024 Deuxième E Turkménistan Domicile Ouzbékistan 3-1 Turkménistan Ouzbékistan: Aliqulov 17', Urunov 29', Nasrullayev 70'. Turkménistan: Tirkişow 25'. Stade Milliy, Taskent
11 juin 2024 Deuxième E Iran Extérieur Iran 0-0 Ouzbékistan Stade Azadi, Teherán
5 septembre 2024 Troisième A 1 Corée du Nord Domicile Ouzbékistan 1-0 Corée du Nord Ouzbékistan: Masharipov 20' Stade Milliy, Taskent
10 septembre 2024 Troisième A 2 Kirghizistan Extérieur Kirghizistan 2-3 Ouzbékistan Kirghizistan: Kojo 15', Abdurakhmanov 35'. Ouzbékistan: Shomurodov 17', Aliqulov 45', Urunov 72' Stade Dolen Omurzakov, Biskek
10 octobre 2024 Troisième A 3 Iran Domicile Ouzbékistan 0-0 Iran Stade Milliy, Taskent
15 octobre 2024 Troisième A 4 Émirats arabes unis Domicile Ouzbékistan 1-0 Émirats arabes unis Ouzbékistan: Shukurov 76' pen. Stade Milliy, Taskent
14 novembre 2024 Troisième A 5 Qatar Extérieur Qatar 3-2 Ouzbékistan Qatar: Ali 25', 41', Mendes 90+12'. Ouzbékistan: Fayzullaev 75', 80' Stade Jassim bin Hamad, Rayán
19 novembre 2024 Troisième A 6 Corée du Nord Extérieur Corée du Nord 0-1 Ouzbékistan Ouzbékistan: Fayzullaev 44' Nuevo Stade Nacional, Vientián
20 mars 2025 Troisième A 7 Kirghizistan Domicile Ouzbékistan 1-0 Kirghizistan Ouzbékistan: Alijonov 40' Stade Milliy, Taskent
25 mars 2025 Troisième A 8 Iran Extérieur Iran 2-2 Ouzbékistan Iran: Taremi 52', 83'. Ouzbékistan: Erkinov 16', Fayzullaev 53' Stade Azadi, Teherán
5 juin 2025 Troisième A 9 Émirats arabes unis Extérieur Émirats arabes unis 0-0 Ouzbékistan Stade Al-Nahyan, Abu Dabi
10 juin 2025 Troisième A 10 Qatar Domicile Ouzbékistan 3-0 Qatar Ouzbékistan: Turgunboev 28', Shomurodov 86', Sergeev 90+2' Stade Milliy, Taskent

Tableau 2

Ronda Groupe Pos. Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
Deuxième E 1 Iran 14 6 4 2 0 16 4 +12
Deuxième E 2 Ouzbékistan 14 6 4 2 0 13 4 +9
Deuxième E 3 Turkménistan 2 6 0 2 4 4 14 -10
Deuxième E 4 Hong Kong 2 6 0 2 4 4 15 -11

Tableau 3

Ronda Groupe Pos. Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff
Troisième A 1 Iran 23 10 7 2 1 19 8 +11
Troisième A 2 Ouzbékistan 21 10 6 3 1 14 7 +7
Troisième A 3 Émirats arabes unis 15 10 4 3 3 15 8 +7
Troisième A 4 Qatar 13 10 4 1 5 17 24 -7
Troisième A 5 Kirghizistan 8 10 2 2 6 12 18 -6
Troisième A 6 Corée du Nord 3 10 0 3 7 9 21 -12

Comment ils jouent

L’Ouzbékistan de cette campagne se lit d’abord par son rapport au risque. Sur la troisième phase, 14 buts marqués en 10 matchs (1,4 par match), mais surtout 7 buts encaissés (0,7 par match). C’est la base: une équipe qui n’a pas besoin d’en marquer trois pour exister. Elle peut gagner “au minimum”, et elle l’assume. Les quatre clean sheets les plus symboliques? Deux 0-0 à l’extérieur contre l’Iran (11 juin 2024) et contre les Émirats (5 juin 2025), plus un 0-0 à domicile contre l’Iran (10 octobre 2024): trois matchs contre des adversaires majeurs, zéro but concédé, et un message très simple.

Ensuite, il y a cette répétition du score court comme un langage. Sur les six victoires de la troisième phase, quatre se terminent en 1-0 (contre Corée du Nord, Émirats, Kirghizistan, Corée du Nord à nouveau). Ce n’est pas un hasard statistique: c’est une manière de jouer les matchs. Le plan ressemble à ceci, sans prétendre détailler un système: marquer en premier, puis réduire le match à une gestion. Quand on marque à la 20e (Masharipov), à la 40e (Alijonov), à la 44e (Fayzullaev), l’équipe montre aussi qu’elle sait choisir ses moments: pas forcément dès le coup d’envoi, mais avant la pause, quand le match peut basculer psychologiquement.

Le rythme émotionnel, lui, est maîtrisé… sauf lors du pic au Qatar. Le 14 novembre 2024, l’Ouzbékistan perd 2-3, avec deux buts rapprochés de Fayzullaev (75’, 80’) qui donnent l’impression d’une remontée possible, avant un but très tardif (90+12’) qui sanctionne la gestion des dernières minutes. Ce match est précieux pour l’analyse: quand l’Ouzbékistan est poussé dans un scénario d’échanges, la marge défensive se fragilise. Et pourtant, cette soirée n’a pas cassé la campagne: elle a été digérée, transformée en rebond immédiat.

Côté efficacité, la palette est double. D’un côté, les matchs à verrou: 0-0, 1-0, 1-0. De l’autre, la capacité à “finir” un adversaire quand l’espace apparaît: 3-0 contre Hong Kong (26 mars 2024), 3-1 contre le Turkménistan (6 juin 2024), 3-0 contre le Qatar (10 juin 2025). On note ici un point concret: les victoires larges sont surtout à domicile. L’équipe semble plus à l’aise quand elle impose son tempo à Tachkent, et quand le match devient un exercice de patience.

Le partage des buts raconte une autre chose: une dépendance relative, pas absolue. Shomurodov revient souvent (buts décisifs, buts de confirmation), Urunov aussi, Fayzullaev marque deux fois au Qatar dans un match perdu, puis revient encore au bon moment à l’extérieur. Et surtout, l’équipe trouve des buts de profils divers: défenseur (Aliqulov), milieu (Masharipov), finisseurs (Sergeev), contributions ponctuelles (Turgunboev, Alijonov). Sur une campagne longue, c’est un indicateur de santé: quand le but ne dépend pas d’un seul homme, la pression change de camp.

Enfin, les vulnérabilités existent, mais elles sont identifiables. Première: les fins de match quand l’Ouzbékistan n’a pas “cassé” le scénario (exemple du 3-2 au Qatar, but encaissé dans un temps additionnel extrême). Deuxième: les matchs où l’adversaire marque deux fois, comme l’Iran au retour (2-2 à Téhéran, doublé de Taremi). Là, la sélection ouzbèke a répondu, oui, mais elle a aussi montré qu’elle peut concéder des séquences de domination. L’enjeu au Mondial sera de traverser ces passages sans perdre le fil, et sans renoncer à sa propre capacité à marquer dans les interstices.

Le groupe à la Coupe du monde

Le groupe K propose à l’Ouzbékistan un triptyque très contrasté, presque pédagogique. D’abord la Colombie, ensuite le Portugal, et enfin un adversaire issu d’un repechage intercontinental. Trois matchs, trois styles probables, trois exigences mentales différentes: entrer sans subir, survivre sans s’éteindre, puis terminer sans trembler.

Le premier rendez-vous, à Mexico, arrive vite dans une compétition où l’entrée compte souvent plus que les discours. La Colombie est un adversaire qui, par statut, pose une question immédiate: l’Ouzbékistan peut-il imposer sa densité et sa discipline dès la première journée, sans attendre que la compétition “se mette en place”? C’est le type de match où un 0-0 n’est pas une honte, mais où un but encaissé tôt peut forcer une équipe habituée au contrôle à courir après le jeu.

Le deuxième match, à Houston, est celui qui peut définir le récit du groupe. Portugal-Ouzbékistan, c’est une affiche où l’outsider doit choisir ses batailles: rester compact, accepter de défendre bas par moments, mais surtout éviter la spirale du match qui s’ouvre trop tôt. Pour l’Ouzbékistan, la meilleure nouvelle est dans son propre historique récent: encaisser peu, tenir des 0-0 contre des adversaires de haut niveau régional, et gagner des matchs en ne concédant presque rien. La mauvaise nouvelle, c’est que le Portugal n’accorde pas souvent trois occasions nettes. La moindre imprécision peut coûter le match.

Le troisième match, à Atlanta, est un piège typique de fin de groupe: un adversaire “à définir” qui arrive avec l’énergie d’une équipe sortie d’un parcours de survie, et un Ouzbékistan qui pourrait se retrouver à jouer une qualification sur un détail. Ici, la règle est simple: ne rien supposer sur l’identité du rival, se concentrer sur ce qui est maîtrisable. Et ce que l’Ouzbékistan maîtrise le mieux, ce sont les matchs où il faut être sérieux, propre, patient, et prêt à gagner 1-0.

Tableau des matchs du groupe K

Date Stade Ville Adversaire de l’Ouzbékistan
17 juin 2026 Stade Azteca Ciudad de México Colombie
23 juin 2026 NRG Stadium Houston Portugal
27 juin 2026 Mercedes-Benz Stadium Atlanta Rival par definirse, saldrá del repechaje internacional Llave A: Nueva Caledonia, Jamaica o República Democrática del Congo.

Match par match, le scénario “probable” côté ouzbek se dessine avec des mots simples.

Contre la Colombie, le match peut se jouer sur l’initiative. L’Ouzbékistan a montré qu’il sait marquer sans s’exposer longtemps: un but avant la pause, puis une gestion froide. Mais il a aussi montré qu’il peut tenir des matchs sans but contre des équipes solides. Pronostic prudent: empate.

Contre le Portugal, la priorité sera de garder le match vivant jusqu’aux dernières minutes. Le risque, c’est d’être mené et de devoir s’ouvrir. Si l’Ouzbékistan garde son niveau de solidité (0,7 but encaissé par match sur la troisième phase), il peut rendre le match inconfortable. Mais l’écart de qualité individuelle peut trancher sur une action. Pronostic: gana Portugal.

Contre le rival issu du repechage intercontinental, l’enjeu est de ne pas jouer “contre une étiquette” mais contre un match concret. L’Ouzbékistan a une compétence utile: transformer un match à pression en rencontre à score court. Il devra imposer ses standards de sérieux, éviter les transitions mal gérées, et accepter qu’un seul but peut suffire. Pronostic: gana Uzbekistán.

Clés de qualification pour l’Ouzbékistan dans ce groupe K

  • Marquer le premier but au moins une fois sur les deux premiers matchs: cette équipe est nettement plus confortable quand elle n’a pas à courir.
  • Garder la cage inviolée sur un match: statistiquement, c’est l’accélérateur de points le plus cohérent avec son profil.
  • Éviter un match “qui s’emballe” comme au Qatar le 14 novembre 2024: au Mondial, ces fins de match coûtent plus cher.
  • Accumuler sans complexe: un nul n’est pas une demi-défaite dans une poule serrée, c’est parfois une fondation.
  • Arriver au troisième match avec une marge psychologique: même minimale, elle change la manière de défendre les dernières minutes.

Opinion éditoriale

L’Ouzbékistan a gagné son billet avec une qualité rare: la maîtrise de soi. Dans une campagne où beaucoup d’équipes se perdent à force de vouloir séduire, il a choisi d’être fiable. Et cette fiabilité n’est pas un style “petit”: c’est une compétence. On ne se qualifie pas sur dix matchs de troisième phase en ne perdant qu’une seule fois par accident. On se qualifie parce qu’on sait répéter un niveau, semaine après semaine, ville après ville.

Mais la Coupe du monde ne récompense pas seulement les équipes solides: elle punit celles qui s’endorment. L’avertissement est déjà écrit noir sur blanc dans la campagne: Qatar-Ouzbékistan 3-2, le 14 novembre 2024, ce but encaissé au bout d’un temps additionnel interminable. Ce n’est pas une anecdote, c’est une alerte de haut niveau. Au Mondial, un ballon mal négocié à la 90e n’efface pas une bonne prestation; il la transforme en regret. Pour l’Ouzbékistan, le prochain pas n’est pas de changer d’identité. C’est d’apprendre à fermer les matchs comme on ferme une porte: sans trembler, sans se raconter d’histoire, et sans laisser la poignée à l’adversaire.