République de Corée - Grupo A

Corée du Sud, la machine qui avance sans bruit mais sans frein 🚀

🇰🇷 Corée du Sud, la machine qui avance sans bruit mais sans frein 🚀

Une qualification bâtie sur la maîtrise, des cartons bien placés et une ligne de conduite claire: ne jamais se désunir.

Introduction

Il y a des sélections qui se racontent en clairons, et d’autres qui se lisent comme un métronome. La Corée du Sud, sur ce cycle, appartient à la deuxième famille: une équipe qui entre sur le terrain comme on entre dans une pièce rangée, avec l’idée simple que l’ordre finit toujours par produire des occasions, puis des buts. Et quand le match refuse d’obéir, elle ne se fracture pas: elle attend, elle insiste, elle repart.

Le décor, lui, change au fil des étapes. D’abord des soirées où tout paraît large, presque trop facile, comme ce 5-0 infligé à Singapour le 16 novembre 2023 à Séoul, puis ce 0-7 à Singapour le 6 juin 2024, démonstrations de puissance qui disent autant sur la qualité offensive que sur la capacité à ne pas laisser le doute s’installer. Ensuite vient la partie la plus intéressante: celle où l’adversité se rapproche, où les marges se réduisent, où l’on mesure une sélection non pas à ses fulgurances, mais à son sang-froid.

Dans les chiffres, la trajectoire est propre. Au deuxième tour, groupe C: première place avec 16 points en 6 matches, 20 buts marqués, 1 encaissé, différence de +19. Puis au troisième tour, groupe B: première place avec 22 points en 10 matches, invaincue, 20 buts marqués, 7 encaissés, différence de +13. Deux tableaux, deux contextes, une constante: la Corée du Sud ne perd pas, et elle encaisse peu.

La ligne du récit se tend surtout dans trois moments-charnières, ceux qui révèlent une équipe au-delà de ses chiffres. Le 21 mars 2024, le 1-1 contre la Thaïlande à Séoul: Son Heung-min ouvre (42’) et pourtant le match se grippe, la Thaïlande égalise (61’), et la Corée doit accepter qu’un cycle de qualification n’est pas une ligne droite. Le 19 novembre 2024, nouveau 1-1, cette fois contre la Palestine à Amman: but concédé très tôt (12’), réaction immédiate de Son (16’), mais incapacité à convertir la domination en rupture définitive. Et enfin, le 10 juin 2025, le 4-0 contre le Koweït à Séoul: la réponse d’une équipe qui, quand l’heure du bilan approche, remet de l’air et des buts dans le moteur.

Ce qui frappe, au fond, c’est la façon dont la Corée du Sud a traversé ses zones grises. Il y a eu des nuls, oui — et même une série de nuls au troisième tour — mais jamais de panique, jamais de match qui bascule hors de contrôle. Une sélection qui gagne large quand elle peut, et qui prend le point quand il faut, comme si elle avait intégré une règle interne: la qualification se construit autant par les soirées flamboyantes que par les 0-0 qui ne font pas de bruit.

Le chemin des éliminatoires

Le parcours AFC vers la Coupe du monde 2026, tel qu’on peut le résumer sans surcharger, s’est joué en étapes. Dans cette configuration, le troisième tour (groupes) a une règle centrale: les deux premiers de chaque groupe obtiennent une qualification directe, tandis que les équipes classées troisième et quatrième poursuivent via une phase de play-offs continentale. C’est une mécanique qui valorise la régularité et punit les trous d’air: le sprint final compte, mais la respiration longue compte davantage.

Pour la Corée du Sud, l’histoire commence par un deuxième tour presque clinique dans le groupe C. L’entrée en matière donne le ton: 5-0 contre Singapour, le 16 novembre 2023, une soirée où les buteurs se relaient (Cho Gue-sung, Hwang Hee-chan, Son Heung-min, Hwang Ui-jo sur penalty, Lee Kang-in). Cinq buts, cinq signatures: c’est déjà un indice narratif, celui d’une attaque qui ne dépend pas d’un seul homme, même si Son reste l’aimant principal.

Le déplacement en Chine, le 21 novembre 2023, confirme que ce n’est pas seulement une question de confort à domicile: 0-3 à Shenzhen, avec deux buts de Son (dont un penalty) et une tête de Jung Seung-hyun. Là encore, un match de qualification qui ressemble à un match “géré”: frapper tôt, frapper avant la mi-temps, et fermer le couloir du doute. Puis viennent les deux matches contre la Thaïlande: un nul 1-1 à Séoul (21 mars 2024), suivi d’un 0-3 à Bangkok (26 mars 2024). Cette bascule en quatre jours a une valeur de test: après un accroc, la Corée répond sans débat, avec des buts à des moments clefs (19’, 54’, 82’) qui disent une équipe capable d’accélérer au bon moment.

La fin du deuxième tour est un doublé de maîtrise: 0-7 à Singapour (6 juin 2024), puis 1-0 contre la Chine à Séoul (11 juin 2024). Le 0-7 est une avalanche, mais structurée: Son marque trois fois (53’, 56’, plus un rôle d’orchestre évident), Lee Kang-in et Joo Min-kyu participent, Bae Jun-ho s’invite. Le 1-0 face à la Chine, lui, raconte autre chose: la capacité à gagner “petit”, à accepter un match qui ne s’ouvre pas, et à le trancher sur un détail (but de Lee Kang-in à la 61’).

Ensuite, le troisième tour — groupe B — change la couleur des matches. Plus de densité, plus de pièges, plus d’équipes capables de fermer les espaces. La Corée démarre pourtant par un 0-0 à domicile contre la Palestine (5 septembre 2024). Ce résultat, dans un cycle, agit comme une sonnette: on peut être supérieur, mais si l’on ne marque pas, on se condamne à se regarder dans le miroir. La réponse arrive au match suivant: 1-3 à Oman (10 septembre 2024), malgré un but contre son camp de Jung Seung-hyun (45+2’). Ce détail est important: encaisser de manière “accidentelle” et gagner quand même, c’est souvent le signe d’une équipe robuste.

Le cœur du groupe B se construit ensuite à l’extérieur: 0-2 en Jordanie (10 octobre 2024), 1-3 au Koweït (14 novembre 2024), puis 0-2 en Irak (5 juin 2025). Trois déplacements, trois victoires nettes, et dans chaque match, un scénario de contrôle: on marque, on ne concède pas ou peu, on ferme. Entre les deux, il y a ce 3-2 contre l’Irak (15 octobre 2024) à Yongin, match plus chaotique, où l’adversaire revient et marque même très tard (90+5’). Mais la Corée avait déjà pris de l’avance: ce 3-2 est le type de match qui rappelle qu’une qualification n’est jamais parfaitement lisse, même pour le premier du groupe.

Et puis il y a la séquence des nuls, la partie la plus parlante pour un analyste de performance. Le 19 novembre 2024: 1-1 contre la Palestine à Amman. Le 20 mars 2025: 1-1 contre Oman à Goyang. Le 25 mars 2025: 1-1 contre la Jordanie à Suwon. Trois nuls, trois matches où la Corée marque mais ne tue pas le match. C’est le seul fil “incomplet” de la campagne: la capacité à convertir une supériorité en deux buts d’écart dans les rencontres serrées. La conclusion, elle, ferme la parenthèse: 4-0 contre le Koweït (10 juin 2025), une soirée sans bavure, avec quatre buteurs différents — Jeon Jin-woo, Lee Kang-in, Oh Hyeon-gyu, Lee Jae-sung — comme un résumé de l’équilibre offensif.

Tableau 1

Date Tour Groupe Journée Adversaire Condition Résultat Buteurs Stade Ville
16 novembre 2023 Deuxième tour C Singapour Domicile 5:0 Cho Gue-sung 44’, Hwang Hee-chan 49’, Son Heung-min 63’, Hwang Ui-jo 68’ pen., Lee Kang-in 85’ Stade Mundialista, Seúl Séoul
21 novembre 2023 Deuxième tour C Chine Extérieur 0:3 Son Heung-min 11’ pen., 45’, Jung Seung-hyun 87’ Shenzhen Universiade Sports Centre, Shenzhen Shenzhen
21 mars 2024 Deuxième tour C Thaïlande Domicile 1:1 Son Heung-min 42’ Stade Mundialista, Seúl Séoul
26 mars 2024 Deuxième tour C Thaïlande Extérieur 0:3 Lee Jae-sung 19’, Son Heung-min 54’, Park Jin-seop 82’ Stade Rajamangala, Bangkok Bangkok
6 juin 2024 Deuxième tour C Singapour Extérieur 0:7 Lee Kang-in 9’, 54’, Joo Min-kyu 20’, Son Heung-min 53’, 56’, Bae Jun-ho 79’, Hwang Hee-chan 81’ Stade Nacional, Singapur Singapour
11 juin 2024 Deuxième tour C Chine Domicile 1:0 Lee Kang-in 61’ Stade Mundialista, Seúl Séoul
5 septembre 2024 Troisième tour B 1 Palestine Domicile 0-0 Stade Mundialista, Seúl Séoul
10 septembre 2024 Troisième tour B 2 Oman Extérieur 1-3 Hwang Hee-chan 10’, Son Heung-min 82’, Joo Min-kyu 90+11’ Complejo Deportivo del Sultán Qaboos, Mascate Mascate
10 octobre 2024 Troisième tour B 3 Jordanie Extérieur 0-2 Lee Jae-sung 38’, Oh Hyeon-gyu 68’ Stade Internacional, Amán Amman
15 octobre 2024 Troisième tour B 4 Irak Domicile 3-2 Oh Se-hun 41’, Oh Hyeon-gyu 74’, Lee Jae-sung 83’ Stade Yongin Mireu, Yongin Yongin
14 novembre 2024 Troisième tour B 5 Koweït Extérieur 1-3 Oh Se-hun 10’, Son Heung-min 19’ pen., Bae Jun-ho 74’ Stade Internacional Jaber Al-Ahmad, Kuwait Koweït
19 novembre 2024 Troisième tour B 6 Palestine Extérieur 1-1 Son Heung-min 16’ Stade Internacional, Amán Amman
20 mars 2025 Troisième tour B 7 Oman Domicile 1-1 Hwang Hee-chan 41’ Stade de Goyang, Goyang Goyang
25 mars 2025 Troisième tour B 8 Jordanie Domicile 1-1 Lee Jae-sung 5’ Stade Mundialista, Suwon Suwon
5 juin 2025 Troisième tour B 9 Irak Extérieur 0-2 Kim Jin-gyu 63’, Oh Hyeon-gyu 82’ Stade Internacional, Basora Bassora
10 juin 2025 Troisième tour B 10 Koweït Domicile 4-0 Jeon Jin-woo 30’, Lee Kang-in 51’, Oh Hyeon-gyu 54’, Lee Jae-sung 72’ Stade Mundialista, Seúl Séoul

La lecture des classements confirme la sensation de terrain: la Corée domine ses groupes sans perdre. Au deuxième tour, elle termine à 16 points; derrière, Chine et Thaïlande à 8, Singapour à 1. Au troisième tour, elle s’échappe à 22 points; la Jordanie suit à 16, l’Irak à 15. Ce trio dit quelque chose: la Corée n’a pas seulement été meilleure, elle a été plus stable. Et la stabilité, dans une phase de groupes longue, est souvent le meilleur synonyme du mot “qualifié”.

Tableau 2

Tour Groupe Pos Équipe Points MJ V N D BP BC Diff
Deuxième C 1 Corée du Sud 16 6 5 1 0 20 1 +19
Deuxième C 2 Chine 8 6 2 2 2 9 9 0
Deuxième C 3 Thaïlande 8 6 2 2 2 9 9 0
Deuxième C 4 Singapour 1 6 0 1 5 5 24 -19

Tableau 3

Tour Groupe Pos Équipe Points MJ V N D BP BC Diff
Troisième B 1 Corée du Sud 22 10 6 4 0 20 7 +13
Troisième B 2 Jordanie 16 10 4 4 2 16 8 +8
Troisième B 3 Irak 15 10 4 3 3 9 9 0
Troisième B 4 Oman 11 10 3 2 5 9 14 -5
Troisième B 5 Palestine 10 10 2 4 4 10 13 -3
Troisième B 6 Koweït 5 10 0 5 5 7 20 -13

Une segmentation simple aide à comprendre la campagne du troisième tour: à domicile, la Corée a alterné le verrou et la finition. Quatre matches à domicile: 0-0 (Palestine), 3-2 (Irak), 1-1 (Oman), 1-1 (Jordanie), puis le grand final 4-0 (Koweït) — cinq matches si l’on prend l’ensemble des dix journées et la répartition donnée par les lieux. À l’extérieur, elle a été plus tranchante: 1-3 à Oman, 0-2 en Jordanie, 1-3 au Koweït, 1-1 en Palestine, 0-2 en Irak. C’est un paradoxe fréquent chez les grandes sélections: à la maison, on se heurte parfois à des blocs bas et à la pression de “devoir” gagner; à l’extérieur, les espaces s’ouvrent un peu plus, et l’équipe qui contrôle mieux les temps du match finit par marquer au bon moment.

Et si l’on cherche la statistique la plus parlante, elle est là: invaincue dans les deux tours, et seulement 8 buts encaissés en 16 matches (1 au deuxième tour, 7 au troisième). C’est peu, très peu, dans une campagne où les styles se mélangent et où les déplacements demandent souvent des ajustements. La Corée du Sud a transformé la qualification en exercice d’hygiène: ne pas offrir, ne pas se désorganiser, et frapper suffisamment pour garder les autres derrière.

Comment ils jouent

On peut déduire l’identité de la Corée du Sud sans inventer une disposition tactique: elle joue comme une équipe qui recherche d’abord la maîtrise des risques, puis la multiplication des situations favorables. Les grands scores — 5-0, 0-7, 4-0 — ne sont pas des anomalies isolées: ils apparaissent quand l’adversaire s’ouvre, ou quand la Corée parvient à marquer et à faire craquer la structure adverse. À l’inverse, les nuls (0-0, 1-1) disent qu’elle accepte parfois de gagner “par accumulation” plutôt que par rupture précoce.

L’indicateur le plus net est le volume offensif stable: 20 buts au deuxième tour en 6 matches (moyenne élevée), puis 20 buts au troisième tour en 10 matches (moyenne plus modérée), ce qui est logique face à une opposition plus dense. La baisse de la moyenne n’est pas un signe de faiblesse: c’est la signature d’une équipe qui sait adapter sa production au niveau d’adversité, sans perdre son fil. Et surtout, la défense tient: 1 but encaissé au deuxième tour, 7 au troisième. Sur 16 matches, 8 buts concédés, c’est le socle de tout.

Le rythme des matches raconte une Corée capable de marquer à différents moments, mais particulièrement efficace quand elle trouve le premier but. On le voit dans les victoires à l’extérieur: à Oman (but à la 10’), en Jordanie (but à la 38’), au Koweït (but à la 10’), en Irak (but à la 63’). Même quand le premier but arrive plus tard, la sélection conserve l’outil principal: rester compacte, puis profiter de la fatigue et des espaces pour doubler la mise. Le 0-2 en Irak, avec un deuxième but à la 82’, est typique d’un match que l’on plie sans se découvrir.

La répartition du but est l’autre preuve concrète. Son Heung-min est central, bien sûr: il marque dans presque toutes les étapes clefs (Singapour, Chine, Thaïlande, Oman, Palestine, Koweït). Mais il n’est pas seul. Lee Kang-in marque et pèse, notamment avec un doublé à Singapour (6 juin 2024) et le but décisif contre la Chine (11 juin 2024), puis un but au dernier match contre le Koweït (10 juin 2025). Lee Jae-sung apparaît comme un homme des matches importants: but en Thaïlande, en Jordanie, contre l’Irak, contre la Jordanie, et contre le Koweït. Oh Hyeon-gyu marque à plusieurs reprises et souvent sur des matches serrés (Jordanie, Irak, Irak à l’extérieur, Koweït). Et même les défenseurs ou milieux ajoutent leur trace: Jung Seung-hyun, Kim Jin-gyu, Park Jin-seop. Cette diversité, dans une phase de qualification, n’est pas un détail esthétique: c’est ce qui empêche un adversaire de “couper le robinet” en ciblant un seul joueur.

Les vulnérabilités, elles, ne sont pas des failles béantes, mais des scénarios inconfortables. Premier scénario: le match qui se ferme trop longtemps. Le 0-0 contre la Palestine (5 septembre 2024) et les 1-1 contre la Palestine, Oman, Jordanie signalent une difficulté relative à transformer le contrôle en deuxième but, celui qui enterre le suspense. Deuxième scénario: le but encaissé tôt. Contre la Palestine (19 novembre 2024), la Corée concède à la 12’ et doit courir après le score — elle égalise vite, mais ne renverse pas. Troisième scénario: le match qui se désorganise en fin de rencontre, comme ce 3-2 contre l’Irak où l’adversaire marque à la 90+5’. La Corée gagne, mais ce type de fin de match rappelle que la gestion des dernières minutes doit rester un réflexe, pas une option.

En clair: la Corée du Sud a une identité de sélection “propre”. Elle ne vit pas d’un seul plan, elle ne dépend pas d’un seul buteur, elle n’accepte pas de se mettre en danger pour séduire. Mais elle devra, face à des adversaires plus tranchants, convertir plus souvent les temps forts en marges de sécurité. Les qualifications ont récompensé la constance; le Mondial, lui, récompense souvent la capacité à tuer un match quand il est à portée.

Le groupe à la Coupe du monde

Le groupe est le groupe A, et l’agenda est net: trois villes, deux stades, et un calendrier qui pose un défi immédiat puis une montée en tension. La Corée du Sud jouera deux matches à Guadalajara, au Stade Chivas, avant de terminer à Monterrey, au Stade BBVA. L’ordre des rencontres compte presque autant que les adversaires: commencer contre un rival issu d’un play-off, enchaîner avec le pays hôte, puis finir contre l’Afrique du Sud. Une phase de groupes, c’est aussi une gestion d’énergie et de nerfs.

Il faut être précis sur l’adversaire du premier match, car il n’est pas encore nommé dans les données: il s’agit d’un rival à définir, issu d’un play-off UEFA. Dans ce texte, on le dit clairement et sans codes: la Corée du Sud affrontera un “rival par définirse, saldrá del play-off UEFA Ruta D: République tchèque, Irlande, Danemark ou Macédoine du Nord.” Ce n’est pas une pirouette: c’est une donnée structurelle, et cela change la manière de préparer un premier match. On ne prépare pas un nom, on prépare une typologie: intensité, duel, transitions, patience.

Tableau 4

Date Stade Ville Rival
11 juin 2026 Stade Chivas Guadalajara Rival par définirse, saldrá del play-off UEFA Ruta D: République tchèque, Irlande, Danemark ou Macédoine du Nord.
18 juin 2026 Stade Chivas Guadalajara Mexique
24 juin 2026 Stade BBVA Monterrey Afrique du Sud

Match 1, 11 juin 2026, Guadalajara: l’entrée en matière. Dans un groupe, le premier match est souvent le match de vérité, celui où l’on découvre la température réelle du tournoi. Pour la Corée du Sud, la clé sera de ne pas reproduire les matches “fermés” où le but tarde et où le plan devient une patience trop horizontale. La campagne de qualification offre une alerte utile: le 0-0 contre la Palestine (5 septembre 2024) montre qu’un bloc discipliné peut retarder l’ouverture du score. Ici, l’objectif sera simple: imposer le rythme sans se jeter, et chercher le premier but avec méthode. Pronostic: gagne la Corée du Sud.

Match 2, 18 juin 2026, Guadalajara: Mexique contre Corée du Sud. Là, le contexte pèse: affronter le pays hôte, c’est affronter un match qui peut basculer sur des détails, des séquences émotionnelles, des moments de bruit. La Corée du Sud a montré en qualifications qu’elle sait voyager et gagner sans s’exciter: 0-2 en Jordanie, 0-2 en Irak, deux exemples de matches où la maîtrise collective a été plus importante que le spectacle. Contre le Mexique, l’idée sera d’accepter les vagues, de traverser les temps faibles sans encaisser, et d’être chirurgicale sur ses occasions. Pronostic: empate.

Match 3, 24 juin 2026, Monterrey: Afrique du Sud contre Corée du Sud. Troisième match, souvent conditionné par le classement. Sans spéculer sur les autres résultats, on peut dire ceci: la Corée du Sud arrive généralement mieux quand le match demande de la lucidité plus que de l’improvisation. Le 4-0 contre le Koweït (10 juin 2025) illustre une équipe capable de “finir” proprement quand l’enjeu se précise. Contre l’Afrique du Sud, la clé sera d’éviter le match qui se casse en deux, et de garder la densité défensive qui a fait la différence sur tout le parcours (8 buts encaissés en 16 matches). Pronostic: gagne la Corée du Sud.

Ce groupe A, vu depuis la Corée, se résume en une phrase: éviter les journées sans second but. Parce que la sélection a montré une solidité rare, mais aussi une tendance à laisser la porte entrouverte quand elle ne creuse pas l’écart. Et au Mondial, une porte entrouverte suffit parfois à faire entrer l’orage.

Clés de qualification pour la Corée du Sud:

  • Marquer en premier: les matches où la Corée ouvre le score se transforment souvent en matches contrôlés, avec peu de risques concédés.
  • Transformer un 1-0 en 2-0: plusieurs nuls (1-1) du troisième tour signalent l’importance du but de “sécurité”.
  • Garder la discipline défensive: 8 buts encaissés en 16 matches sur le cycle, c’est une identité à protéger.
  • Répartir la menace: Son est central, mais la diversité des buteurs a été un levier constant; il faut le conserver sur trois matches.

Opinion éditoriale

La Corée du Sud arrive au Mondial avec un profil qui gagne des tournois longs: une défense qui encaisse peu, une attaque qui sait changer de visage, et une capacité précieuse à ne pas perdre même quand le match se complique. Ce n’est pas la sélection qui crie “on va tout renverser”, c’est celle qui dit “vous n’aurez rien gratuitement”. Et, en phase de groupes, c’est souvent la première marche vers les huitièmes: prendre des points, accumuler, avancer.

Mais il y a une petite mise en garde, très concrète, presque une note de terrain: la Corée du Sud doit se méfier de ses matches où le scénario reste collé à 1-1. La série Palestine (19 novembre 2024), Oman (20 mars 2025), Jordanie (25 mars 2025) raconte un motif: marquer, puis concéder, puis ne pas reprendre l’avantage. Ce n’est pas un défaut de talent, c’est une question de tranchant dans les moments où l’adversaire ne demande qu’une erreur, un ballon relâché, une transition mal gérée.

Le cycle, lui, a déjà livré une scène qui vaut avertissement final: le 3-2 contre l’Irak, le 15 octobre 2024, avec un but encaissé à la 90+5’. La Corée a gagné, oui, mais ce genre de fin de match au Mondial peut coûter un point, puis une qualification. La bonne nouvelle, c’est que cette équipe sait apprendre sans s’affoler: elle a fini par un 4-0 propre, net, sans bruit parasite. Reste à faire la même chose quand le score ne s’ouvre qu’à moitié: conserver la maîtrise, et ajouter la morsure.