France - Grupo I
đ«đ·âĄ Les Bleus, un groupe pliĂ© au couteau et une promesse de juin
La France a traversĂ© ses Ă©liminatoires comme on trace une ligne droite: rythme, profondeur et une pointe de sang-froid quand le match sâest mis Ă brĂ»ler.
Introduction
Il y a des qualifications qui se racontent comme une randonnĂ©e: lentes, irrĂ©guliĂšres, pleines de dĂ©tours. Et puis il y a celles qui ressemblent Ă une course sur une piste familiĂšre, avec des repĂšres clairs et un chronomĂštre qui ne tremble jamais. La France a donnĂ© cette impression-lĂ : un parcours sans panique, sans grand discours, mais avec cette mĂ©canique de grand niveau qui finit par faire passer lâadversaire du statut de rival Ă celui de tĂ©moin.
Le dĂ©cor, pourtant, nâavait rien de complĂštement aseptisĂ©. Il y a eu un but encaissĂ© trĂšs tĂŽt Ă Bakou, un nul Ă Reykjavik oĂč la soirĂ©e sâest emballĂ©e en quelques minutes, et des moments oĂč lâadversaire a cru voir une brĂšche. Sauf que, chez cette Ă©quipe, lâhistoire est souvent la mĂȘme: dĂšs quâune porte sâentrouvre, la France accĂ©lĂšre, change de cadence, et referme tout avec un but, puis un autre. Elle ne joue pas seulement pour gagner; elle joue pour remettre le match dans son sens.
Sur les chiffres, la feuille est nette: premiĂšre du groupe D avec 16 points en 6 matches, invaincue (5 victoires, 1 nul), 16 buts marquĂ©s, 4 encaissĂ©s, diffĂ©rence de +12. Au classement, lâUkraine termine derriĂšre avec 10 points, lâIslande suit Ă 7, lâAzerbaĂŻdjan ferme Ă 1. Une campagne courte, mais suffisamment dense pour dessiner une tendance: la France nâa pas seulement dominĂ©, elle a pris lâhabitude de rĂ©soudre vite.
Trois moments font bascule et rĂ©sument le film. Dâabord le 5 septembre 2025 Ă Breslavia, terrain neutre en Pologne: UkraineâFrance 0â2, avec Olise Ă la 10e minute et MbappĂ© Ă la 82e. DĂ©but de campagne, dĂ©placement, et dĂ©jĂ ce scĂ©nario typiquement âgrandâ â marquer tĂŽt, contrĂŽler longtemps, finir au bon moment. Ensuite le 13 octobre 2025 Ă Reykjavik: IslandeâFrance 2â2. Les Bleus reviennent par Nkunku (63e) et Mateta (68e), mais concĂšdent encore. Une piqĂ»re utile: match ouvert, transitions, et cette sensation que lâĂ©quilibre se joue sur deux ou trois courses mal gĂ©rĂ©es. Enfin, le 13 novembre 2025 Ă Paris: FranceâUkraine 4â0. LĂ , câest lâaffirmation: MbappĂ© (55e sur penalty, 83e), Olise (76e), Ekitike (88e). Une dĂ©monstration qui a lâallure dâun message envoyĂ© au groupe, et un autre envoyĂ© Ă la suite.
Ă ce stade, ce nâest plus seulement une qualification; câest un profil. Une Ă©quipe capable dâouvrir des matches verrouillĂ©s, de retourner un scĂ©nario, et de multiplier les solutions offensives sans renier une base dĂ©fensive solide. Le genre de campagne qui ne crie pas âinvincibleâ, mais qui murmure âprĂȘtâ.
Le chemin des éliminatoires
Le format UEFA, dans sa logique la plus simple, rĂ©compense la rĂ©gularitĂ©. Dans ce groupe D, la France a jouĂ© 6 matches â aller-retour contre lâUkraine, lâIslande et lâAzerbaĂŻdjan â et a terminĂ© en tĂȘte. La ligne âClasificaciĂłnâ du tableau rĂ©sume lâessentiel: premier = qualification directe pour la Coupe du monde 2026; deuxiĂšme = play-offs; les autres sâarrĂȘtent lĂ . Dans ce cadre, lâobjectif nâest pas dâĂȘtre spectaculaire, il est dâĂȘtre premier. La France lâa Ă©tĂ© sans discussion.
La lecture de la table est instructive parce quâelle met en lumiĂšre lâĂ©cart rĂ©el, pas seulement symbolique. 16 points sur 18 possibles, câest un quasi sans-faute. Mais surtout: 16 buts marquĂ©s contre 4 encaissĂ©s. DerriĂšre, lâUkraine a un bilan positif en victoires (3) mais paie cher ses buts concĂ©dĂ©s: 11 encaissĂ©s, diffĂ©rence de â1. LâIslande a mĂȘme une diffĂ©rence de +2, preuve quâelle sait marquer (13 buts), mais elle a perdu trop de matches (3 dĂ©faites) pour exister dans la course au sommet. Quant Ă lâAzerbaĂŻdjan, il a servi de terrain dâexpression⊠tout en rappelant au passage quâun match international commence toujours Ă 0â0, et parfois Ă 0â1 dĂšs la 4e minute.
Ce qui frappe, quand on dĂ©roule les rĂ©sultats, câest la variĂ©tĂ© des contextes gagnĂ©s. La France a su: gagner Ă lâextĂ©rieur sans prendre de but (0â2 contre lâUkraine), gagner Ă domicile en encaissant (2â1 contre lâIslande), dĂ©rouler Ă domicile (3â0 contre lâAzerbaĂŻdjan, 4â0 contre lâUkraine), et revenir dans un match qui sâouvre (2â2 en Islande). Une qualification, câest souvent ça: pas une collection de âbeaux matchesâ, mais une collection de rĂ©ponses adaptĂ©es.
Il y a aussi, dans cette campagne, une hiĂ©rarchie des matches âlourdsâ. Ceux contre lâUkraine avaient une saveur de duel direct pour la premiĂšre place. RĂ©sultat: 0â2 Ă lâextĂ©rieur, 4â0 Ă Paris. Total sur la double confrontation: 6â0. Câest plus quâune diffĂ©rence de niveau sur une soirĂ©e; câest une prise de contrĂŽle du groupe. Les matches contre lâIslande, eux, ont rappelĂ© que marquer ne suffit pas: 2â1 Ă Paris, 2â2 Ă Reykjavik. Total: 4â3. Ăa raconte des matches plus vivants, plus risquĂ©s, oĂč la France a aussi montrĂ© un visage plus poreux.
Enfin, les deux matches contre lâAzerbaĂŻdjan dessinent une histoire presque pĂ©dagogique. Ă Paris, un 3â0 propre, construit, avec MbappĂ© (45+2), Rabiot (69) et Thauvin (84). Ă Bakou, une secousse immĂ©diate: but encaissĂ© Ă la 4e, puis rĂ©action en premiĂšre mi-temps: Mateta (17), Akliouche (30) et un but contre son camp (45). Score final 1â3. Lâessentiel nâest pas le but concĂ©dĂ©, mais la capacitĂ© Ă renverser sans sâĂ©nerver, et surtout Ă le faire vite.
Table 1 â Matches de la France
| Date | Groupe | Adversaire | Condition | Résultat | Buteurs | Stade |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 5 septembre 2025 | D | Ukraine | ExtĂ©rieur | 0â2 | Olise 10', MbappĂ© 82' | Breslavia, Stade Municipal |
| 9 septembre 2025 | D | Islande | Domicile | 2â1 | MbappĂ© 45' pen., Barcola 62' | Paris, Parc des Princes |
| 10 octobre 2025 | D | AzerbaĂŻdjan | Domicile | 3â0 | MbappĂ© 45+2', Rabiot 69', Thauvin 84' | Paris, Parc des Princes |
| 13 octobre 2025 | D | Islande | ExtĂ©rieur | 2â2 | Nkunku 63', Mateta 68' | Reykjavik, Laugardalsvöllur |
| 13 novembre 2025 | D | Ukraine | Domicile | 4â0 | MbappĂ© 55' pen., 83', Olise 76', Ekitike 88' | Paris, Parc des Princes |
| 16 novembre 2025 | D | AzerbaĂŻdjan | ExtĂ©rieur | 1â3 | Mateta 17', Akliouche 30', Magomedaliyev 45' c.s.c. | Bakou, Stade Tofiq BÉhramov |
La table de positions, elle, permet de replacer ces matches dans la logique de course. Et ici, il nây a pas besoin de loupe: la France a construit un matelas, lâUkraine a jouĂ© la deuxiĂšme place, lâIslande a alternĂ©, lâAzerbaĂŻdjan a subi.
Table 2 â Tableau du groupe D
| Pos. | Ăquipe | Pts | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff | Statut |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | France | 16 | 6 | 5 | 1 | 0 | 16 | 4 | +12 | Coupe du monde 2026 |
| 2 | Ukraine | 10 | 6 | 3 | 1 | 2 | 10 | 11 | â1 | play-offs |
| 3 | Islande | 7 | 6 | 2 | 1 | 3 | 13 | 11 | +2 | Non qualifié |
| 4 | AzerbaĂŻdjan | 1 | 6 | 0 | 1 | 5 | 3 | 16 | â13 | Non qualifiĂ© |
Si on segmente, un autre angle apparaĂźt: la France a Ă©tĂ© plus âpropreâ Ă domicile, et plus ârĂ©silienteâ Ă lâextĂ©rieur. Ă Paris, trois matches: 2â1, 3â0, 4â0. Total domicile: 9 buts marquĂ©s, 1 encaissĂ©. Ă lâextĂ©rieur: 0â2, 2â2, 1â3. Total extĂ©rieur: 7 buts marquĂ©s, 3 encaissĂ©s. Ce nâest pas une alarme, câest une nuance: loin de Paris, le match sâouvre davantage, et la France a dĂ» rĂ©pondre Ă des sĂ©quences plus heurtĂ©es.
La campagne se raconte aussi en âmatches Ă un but prĂšsâ et âmatches tranchĂ©sâ. Un seul match sâest terminĂ© avec un Ă©cart dâun but: 2â1 contre lâIslande. Un nul: 2â2 en Islande. Le reste: deux victoires par deux buts (0â2, 1â3) et deux victoires par trois ou quatre buts (3â0, 4â0). Autrement dit: quand la France prend lâavantage, elle a tendance Ă transformer lâavantage en contrĂŽle, puis en score.
Et puis, il y a la signature MbappĂ©. Cinq matches sur six avec au moins un but inscrit par lui, des buts Ă des minutes qui parlent: 45' sur penalty, 45+2', 82', 83'. Cela ne dit pas âdĂ©pendanceâ au sens strict â Olise, Barcola, Rabiot, Thauvin, Nkunku, Mateta, Ekitike et mĂȘme Akliouche sont passĂ©s par lĂ â mais cela dit âpoint fixeâ: quand le match rĂ©clame une conclusion, il y a souvent son nom au bout de lâaction.
Comment ils jouent
Ă partir des seuls rĂ©sultats et marqueurs, on devine une identitĂ© simple: la France cherche Ă imposer une supĂ©rioritĂ© progressive plutĂŽt quâun chaos permanent. Elle marque beaucoup (16 buts en 6 matches, moyenne 2,67), encaisse peu (4, moyenne 0,67), et construit une diffĂ©rence de buts qui ne vient pas dâune seule soirĂ©e, mais dâune rĂ©pĂ©tition de matches maĂźtrisĂ©s. Le 3â0 et le 4â0 Ă Paris sont moins des accidents que des manifestations dâun plan: Ă©tirer lâadversaire, le faire courir, puis frapper.
Le rythme de ses matches est parlant. Elle sait âĂ©teindreâ trĂšs tĂŽt (but dâOlise Ă la 10e contre lâUkraine, 0â2 final), elle sait frapper avant la mi-temps (MbappĂ© 45+2 contre lâAzerbaĂŻdjan), et elle sait terminer fort (MbappĂ© 82e, 83e; Ekitike 88e). Ce profil â marquer dans les moments charniĂšres â est souvent ce qui distingue une bonne Ă©quipe dâune Ă©quipe qui gagne des campagnes de qualification: pas besoin de dominer 90 minutes, il suffit de gagner les minutes qui comptent.
Le partage des buts est un autre indice. Sur ces 16 buts, le nom de MbappĂ© revient cinq fois (dont deux penalties), mais derriĂšre, la liste sâallonge: Olise, Barcola, Rabiot, Thauvin, Nkunku, Mateta, Ekitike, Akliouche, plus un but contre son camp provoquĂ©. Cela signifie que la France nâest pas obligĂ©e dâattendre un seul geste pour marquer; elle peut trouver la solution par des profils diffĂ©rents, Ă domicile comme Ă lâextĂ©rieur. Et cela rend aussi lâadversaire moins capable de âcouper la tĂȘteâ du plan: mĂȘme si un match se ferme, la France a dâautres chemins.
La vulnĂ©rabilitĂ© principale, sur ces donnĂ©es, se situe dans les matches oĂč le scĂ©nario devient plus ouvert. Le 2â2 en Islande en est la preuve: deux buts encaissĂ©s, et surtout un passage oĂč le match bascule en quelques minutes (63e, 68e, 70e). Ce type de sĂ©quence rĂ©vĂšle une zone de danger: quand le match se transforme en allers-retours, la France concĂšde plus facilement. MĂȘme chose, Ă une moindre Ă©chelle, Ă Bakou: encaisser Ă la 4e impose un match de rĂ©action. La bonne nouvelle, câest que la rĂ©action a Ă©tĂ© immĂ©diate. La leçon, câest que ces dĂ©parts de match et ces transitions sont les rares endroits oĂč la France sâexpose.
Enfin, il y a une donnĂ©e presque âpsychologiqueâ cachĂ©e dans les scores: la France ne sâinstalle pas dans la gestion stĂ©rile. MĂȘme quand elle mĂšne, elle continue de chercher le but qui ferme dĂ©finitivement la porte. Le 4â0 contre lâUkraine, avec deux buts aprĂšs la 75e, raconte une Ă©quipe qui ne se contente pas dâavoir raison; elle veut le rendre visible au tableau dâaffichage. Sur une compĂ©tition courte, cela peut peser sur la confiance, la dynamique, et parfois la diffĂ©rence de buts en cas dâĂ©galitĂ©. Ici, câest surtout un signal de maturitĂ© compĂ©titive.
Le groupe Ă la Coupe du monde
Le prochain chapitre se jouera dans le groupe I de la Coupe du monde 2026. La feuille de route est claire: trois matches, trois villes de la cĂŽte Est, trois ambiances qui nâauront rien Ă voir entre elles. Dâabord New York / New Jersey, ensuite Philadelphie, puis Boston. Et au milieu, une particularitĂ©: un adversaire âĂ dĂ©finirâ, issu dâun repechage international.
Avant de se projeter, il faut poser les noms. La France affrontera le SĂ©nĂ©gal, puis un rival Ă dĂ©finir, puis la NorvĂšge. Et, point important, le deuxiĂšme adversaire nâest pas un code Ă laisser brut: câest un ticket qui sortira dâune mini-ligne de qualification.
Le libellĂ© correct est le suivant: Rival par dĂ©finition, saldrĂĄ del repechaje internacional Llave B: Bolivia, Surinam o Irak. Pour rester cohĂ©rent en français dans le corps de lâarticle: rival Ă dĂ©finir, issu du barrage intercontinental â Branche B: Bolivie, Suriname ou Irak. Le dĂ©tail nâest pas lĂ pour faire joli: il change le type de prĂ©paration. On ne prĂ©pare pas un match de groupe contre âun codeâ; on prĂ©pare un match contre un style potentiel, avec trois visages possibles, et lâobligation de sâadapter vite.
Table â Calendrier des matches de groupe de la France
| Date | Stade | Ville | Adversaire |
|---|---|---|---|
| 16 juin 2026 | MetLife Stadium | New York / New Jersey | Sénégal |
| 22 juin 2026 | Lincoln Financial Field | Philadelphie | Rival à définir, issu du barrage intercontinental Branche B: Bolivie, Suriname ou Irak |
| 26 juin 2026 | Gillette Stadium | Boston | NorvĂšge |
Match 1: FranceâSĂ©nĂ©gal, 16 juin 2026. Dans une phase de groupes, le premier match est souvent un rĂ©vĂ©lateur de ton: soit on entre en compĂ©tition avec une victoire âpropreâ qui installe, soit on se met Ă jouer avec le frein Ă main. La France, au vu de ses qualifications, semble taillĂ©e pour dĂ©marrer fort sans sâemballer: elle sait marquer tĂŽt (Olise Ă la 10e contre lâUkraine), elle sait contrĂŽler, et elle sait ajouter un second but pour sĂ©curiser. Pronostic en langage simple: gagne la France. Non pas par certitude abstraite, mais parce que cette Ă©quipe a montrĂ© une capacitĂ© Ă prendre lâavantage et Ă ne pas le lĂącher.
Match 2: Franceârival Ă dĂ©finir, 22 juin 2026. Câest typiquement le match oĂč une grande sĂ©lection peut se compliquer la vie si elle cherche une victoire âautomatiqueâ. Lâadversaire, quel quâil soit entre Bolivie, Suriname ou Irak, aura un rĂ©cit, une Ă©nergie, et un plan pour survivre. Le danger pour la France nâest pas tant le niveau supposĂ© que le scĂ©nario: un but encaissĂ© tĂŽt, comme Ă Bakou, ou un match qui devient de transitions comme Ă Reykjavik. La clĂ© sera dâimposer des sĂ©quences longues, de rĂ©duire les pertes de balle qui alimentent les courses adverses, et de marquer en premier. Pronostic: gagne la France, avec un match oĂč la patience comptera presque autant que la qualitĂ©.
Match 3: NorvĂšgeâFrance, 26 juin 2026. TroisiĂšme match de groupe: parfois une formalitĂ©, parfois un match de classement, parfois une finale dĂ©guisĂ©e. Sans inventer lâĂ©tat du groupe, on peut au moins dire ceci: la NorvĂšge sera un adversaire nommĂ©, identifiĂ©, prĂ©parĂ©. Pour la France, le match peut se jouer sur sa capacitĂ© Ă rester âcompacteâ quand la partie sâouvre. Les Bleus ont montrĂ© quâils peuvent gagner Ă lâextĂ©rieur (0â2, 1â3), mais aussi quâils peuvent laisser filer un nul si le match devient trop vertical (2â2 en Islande). Ici, lâobjectif sera de ne pas offrir une soirĂ©e de transitions permanentes. Pronostic prudent: match nul. Un nul âgĂ©rableâ, Ă condition dâavoir fait le travail avant.
Ce groupe, vu depuis la France, se lit comme un parcours oĂč chaque match appelle une discipline diffĂ©rente. Contre le SĂ©nĂ©gal: entrer vite, poser la main. Contre lâadversaire issu du barrage: jouer sans nervositĂ©, sans se mettre Ă la merci dâun scĂ©nario. Contre la NorvĂšge: accepter un match plus tactique, potentiellement plus serrĂ©, et y survivre sans perdre son fil.
Clés de qualification pour la France
- Marquer le premier but: la France a transformĂ© ses matches quand elle a pris lâavantage, et a dĂ» sâemployer quand elle a concĂ©dĂ© tĂŽt.
- Réduire les séquences de transition: le seul accroc du groupe D est venu dans un match ouvert, à Reykjavik.
- Garder la variété offensive: plusieurs buteurs différents ont pesé, et cette diversité évite la dépendance à un seul plan.
- Soigner les entames, surtout loin dâun contexte âdomicileâ: Bakou a rappelĂ© quâun match peut se compliquer en quatre minutes.
Opinion éditoriale
La France a rĂ©ussi ses Ă©liminatoires comme une Ă©quipe qui connaĂźt son mĂ©tier: pas besoin de se raconter une histoire, il suffit dâempiler les preuves. 16 points, invaincus, +12 de diffĂ©rence: câest un bilan qui ne laisse pas beaucoup dâespace aux discussions, et qui dit surtout une chose â la profondeur existe, les solutions existent, et le cadre collectif tient mĂȘme quand le match change de forme.
Mais la Coupe du monde ne distribue pas de points pour la propretĂ© du tableau. Elle rĂ©compense les Ă©quipes qui gĂšrent les minutes dangereuses, celles oĂč un ballon perdu devient une course face au but, celles oĂč le match bascule sans prĂ©venir. Sur cette campagne, la France a eu un rappel trĂšs concret Ă Reykjavik, le 13 octobre 2025, dans ce 2â2 oĂč deux buts encaissĂ©s ont suffi Ă empĂȘcher une victoire pourtant bien revenue. Ce nâest pas une faille Ă©norme; câest une alerte utile.
La promesse est belle, parce quâelle est soutenue par des faits: des victoires Ă lâextĂ©rieur, des dĂ©monstrations Ă Paris, une liste de buteurs qui sâallonge, et un leader offensif qui signe au bon moment. Le danger, lui, est simple et presque banal: croire que lâhistoire sâĂ©crira avec la mĂȘme linĂ©aritĂ©. Le football international adore les matches qui se plient mal.
Si un seul souvenir doit rester sur la table au moment dâentrer dans le groupe I, câest celui-ci: le 16 novembre 2025 Ă Bakou, AzerbaĂŻdjanâFrance. But encaissĂ© Ă la 4e minute, et rĂ©ponse immĂ©diate. La rĂ©action a Ă©tĂ© excellente, mais la situation ne devrait pas devenir une habitude. Dans un match de Coupe du monde, offrir un dĂ©part pareil, câest parfois offrir un match entier. Les Bleus ont montrĂ© quâils savent rĂ©parer; la prochaine Ă©tape, câest dâĂ©viter dâavoir Ă le faire.