Croatie - Grupo L

La Croatie remet le feu aux qualifs et arrive au Mondial avec une mÚche allumée

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Une campagne sans défaite, des chiffres qui claquent, et un groupe mondialiste à jouer sans baisser les yeux.

Introduction

Il y a des qualifications qui se racontent comme une randonnée: réguliÚre, sans coups de tonnerre, à la force du mollet. Et puis il y a celles qui ressemblent à une démonstration de caractÚre, une traversée avec un phare au bout. La Croatie version 2025 a choisi la seconde option: avancer vite, frapper fort quand il le faut, et laisser aux autres la poussiÚre et les calculs.

Le dĂ©cor n’a rien d’exotique sur le papier: un groupe UEFA oĂč l’on attendait une bataille rangĂ©e avec la TchĂ©quie, quelques piĂšges typiques loin de Zagreb, et des matchs Ă  gĂ©rer contre des adversaires plus modestes. Mais la maniĂšre, elle, raconte autre chose: une Ă©quipe qui ne s’est jamais dĂ©centrĂ©e, capable d’ouvrir des matchs tĂŽt, de verrouiller quand le scĂ©nario se complique, et de revenir dans un match qui part mal sans paniquer.

Les chiffres posent le cadre avec une nettetĂ© presque brutale. PremiĂšre du groupe L: 22 points en 8 matchs, 7 victoires, 1 nul, aucune dĂ©faite. Un total de 26 buts marquĂ©s, 4 encaissĂ©s, diffĂ©rence de +22. Ce n’est pas seulement un ticket pour le Mondial: c’est une signature, un rapport de force installĂ© sur huit soirĂ©es.

Et dans ces soirĂ©es, il y a des instants charniĂšre, des “basculeurs” qui expliquent le classement au-delĂ  des colonnes. Le 6 juin 2025, la Croatie s’offre un 0-7 chez Gibraltar: un match qui dit “on ne nĂ©gocie rien”, mĂȘme loin, mĂȘme face Ă  un adversaire en souffrance. Le 9 juin 2025, elle Ă©crase la TchĂ©quie 5-1 Ă  Osijek: le duel direct transformĂ© en dĂ©monstration, un message envoyĂ© Ă  tout le groupe. Et le 17 novembre 2025, Ă  Podgorica, elle renverse le match: menĂ©e 2-0, elle gagne 2-3 au MontĂ©nĂ©gro. Ce soir-lĂ , la qualification prend un visage: celui d’une Ă©quipe qui encaisse un choc, puis rĂ©pond avec sang-froid.

L’histoire de cette campagne est donc simple Ă  rĂ©sumer, mais riche Ă  analyser: une Croatie dominatrice dans les scores, robuste dans les moments instables, et suffisamment variĂ©e offensivement pour ne pas vivre sur une seule mĂšche. Reste maintenant l’autre histoire: celle du Mondial, oĂč tout se rejoue en trois matchs, sans filet, avec la pression qui fait trembler les meilleurs genoux.

Le chemin des éliminatoires

Le format UEFA est limpide dans sa logique et cruel dans ses dĂ©tails: les vainqueurs de groupe se qualifient directement pour la Coupe du monde; les deuxiĂšmes passent par les barrages, avec un systĂšme de play-offs en matchs Ă  Ă©limination directe. Autrement dit, la premiĂšre place n’est pas un bonus: c’est une porte ouverte. La deuxiĂšme, une salle d’attente oĂč l’on risque de perdre sa place en 90 minutes.

Dans le groupe L, la Croatie a choisi d’éviter cette salle d’attente. Elle termine devant la TchĂ©quie (16 points), les Îles FĂ©roĂ© (12), le MontĂ©nĂ©gro (9) et Gibraltar (0). L’écart n’est pas seulement au classement: il est dans la production. LĂ  oĂč la TchĂ©quie finit Ă  +10 de diffĂ©rence, la Croatie s’installe Ă  +22. LĂ  oĂč le MontĂ©nĂ©gro encaisse 17 buts, la Croatie n’en concĂšde que 4. Le groupe, au final, a une hiĂ©rarchie nette: une locomotive, un poursuivant, puis le reste qui a alternĂ© bons coups et plafonds bas.

La lecture fine passe par un dĂ©tail majeur: la Croatie n’a pas eu besoin de “gratter” la qualification sur des 1-0 serrĂ©s uniquement. Elle a fait les deux Ă  la fois: des cartons pour installer un matelas, et des matchs courts pour survivre Ă  l’inconfort. Elle gagne 0-1 aux Îles FĂ©roĂ© le 5 septembre 2025, signe d’une capacitĂ© Ă  prendre trois points sans flamboyer. Elle fait 0-0 Ă  Prague le 9 octobre 2025, et ce nul, dans une campagne parfaite, ressemble Ă  un match d’adulte: ne pas perdre, surtout ne pas donner au rival direct une fenĂȘtre mentale.

Mais ce parcours serait mal racontĂ© si on oubliait le match le plus “psychologique” de tous: MontĂ©nĂ©gro–Croatie, le 17 novembre 2025. MenĂ©e 2-0 (3’ et 17’), la Croatie aurait pu se fissurer. Elle rĂ©pond par un penalty (37’), puis renverse en deuxiĂšme pĂ©riode (72’, 87’). Au-delĂ  du score, ce match explique pourquoi une Ă©quipe finit premiĂšre: parce qu’elle sait survivre Ă  un dĂ©but de match ratĂ© sans perdre sa structure.

Et puis il y a l’autre axe: la Croatie a fait de ses matchs Ă  domicile un terrain de construction. 5-1 contre la TchĂ©quie, 4-0 contre le MontĂ©nĂ©gro, 3-0 contre Gibraltar, 3-1 contre les Îles FĂ©roĂ©: quatre rĂ©ceptions, quatre victoires, quinze buts marquĂ©s, deux encaissĂ©s. À l’extĂ©rieur, elle reste solide: quatre dĂ©placements, quatre victoires, onze buts marquĂ©s, deux encaissĂ©s. Ce n’est pas une Ă©quipe Ă  deux visages. C’est une Ă©quipe qui voyage avec ses habitudes.

Le dĂ©tail qui frappe enfin, c’est la place prise par quelques hommes dans le rĂ©cit des matchs, sans que l’équipe devienne dĂ©pendante d’un seul. Kramarić apparaĂźt comme un fil rouge: doublĂ© contre la TchĂ©quie, but aux Îles FĂ©roĂ©, doublĂ© Ă  Gibraltar, encore buteur dans la pluie de Faro-LoulĂ©. PeriĆĄić, lui, surgit souvent dans les moments oĂč il faut trancher: buts tardifs, penalty Ă  Podgorica, prĂ©sence constante dans les matchs ouverts. Mais on voit aussi Jakić, VlaĆĄić, Modrić sur penalty, Gvardiol, Musa, Sučić, Fruk, Erlić: des apports rĂ©partis qui racontent une Ă©quipe oĂč le danger ne vient pas d’une seule porte.

Tableau 1

Tous les matchs de la Croatie dans le groupe L

Date Groupe Adversaire Condition Résultat Buteurs Stade
6 juin 2025 Groupe L Gibraltar ExtĂ©rieur 0:7 PaĆĄalić 28', Budimir 30', F. Ivanović 60', 63', PeriĆĄić 73', Kramarić 77', 79' Stade Algarve, Faro-LoulĂ© (Portugal)
9 juin 2025 Groupe L RĂ©publique tchĂšque Domicile 5:1 Kramarić 42', 75', Modrić 62' pen., PeriĆĄić 68', Budimir 72' pen.; Souček 58' Opus Arena, Osijek
5 septembre 2025 Groupe L Îles FĂ©roĂ© ExtĂ©rieur 0:1 Kramarić 31' TĂłrsvĂžllur, TĂłrshavn
8 septembre 2025 Groupe L MontĂ©nĂ©gro Domicile 4:0 Jakić 35', Kramarić 51', Kuč c.s.c. 85', PeriĆĄić 90+2' Stade Maksimir, Zagreb
9 octobre 2025 Groupe L République tchÚque Extérieur 0:0 Eden Arena, Prague
12 octobre 2025 Groupe L Gibraltar Domicile 3:0 Fruk 30', Sučić 78', Erlić 90+6' Stade Varteks, VaraĆŸdin
14 novembre 2025 Groupe L Îles FĂ©roĂ© Domicile 3:1 Gvardiol 23', Musa 57', VlaĆĄić 70'; Turi 16' Stadion Rujevica, Rijeka
17 novembre 2025 Groupe L MontĂ©nĂ©gro ExtĂ©rieur 2:3 PeriĆĄić 37' pen., Jakić 72', VlaĆĄić 87'; Osmajić 3', Krstović 17' Stade Pod Goricom, Podgorica

Tableau 2

Classement complet du groupe L

Pos Équipe Pts MJ V N D BP BC Diff Statut
1 Croatie 22 8 7 1 0 26 4 +22 Coupe du monde 2026
2 République tchÚque 16 8 5 1 2 18 8 +10 play-offs
3 Îles FĂ©roĂ© 12 8 4 0 4 11 9 +2 Non qualifiĂ©
4 MontĂ©nĂ©gro 9 8 3 0 5 8 17 −9 Non qualifiĂ©
5 Gibraltar 0 8 0 0 8 3 28 −25 Non qualifiĂ©

Ce classement permet un zoom utile: la Croatie termine Ă  six points de la TchĂ©quie. Et ce “+6” a une bande-son: le 5-1 du 9 juin 2025, vĂ©ritable match de rupture. MĂȘme le nul Ă  Prague n’a rien changĂ© Ă  l’impression globale: la Croatie a dominĂ© le duel direct sur 180 minutes (5-1 puis 0-0), en prenant le meilleur sur l’essentiel.

CĂŽtĂ© segmentation chiffrĂ©e, la campagne est presque symĂ©trique: 4 matchs Ă  domicile, 4 Ă  l’extĂ©rieur, et une maĂźtrise constante. Sur 8 matchs, la Croatie encaisse 4 buts, soit 0,5 but par match. Mais ce chiffre cache un autre dĂ©tail: deux de ces quatre buts arrivent dans un seul match, Ă  Podgorica, sur un dĂ©part ratĂ©. À l’inverse, elle en met 26, soit 3,25 buts par match: volume d’attaque d’une Ă©quipe qui refuse les matchs ternes.

Les matchs “courts” existent, mais ils ne dĂ©finissent pas la Croatie: un 0-1 (Îles FĂ©roĂ©), un 0-0 (TchĂ©quie). Tout le reste est une victoire nette. Il y a mĂȘme une particularitĂ© qui mĂ©rite d’ĂȘtre notĂ©e: face Ă  Gibraltar, la Croatie produit deux partitions diffĂ©rentes. Un 0-7 Ă  l’extĂ©rieur (avec deux buts de Kramarić dans le dernier quart d’heure), puis un 3-0 Ă  domicile (avec un but Ă  la 90+6’). Cela raconte une Ă©quipe capable de rester concernĂ©e malgrĂ© l’écart de niveau et la fatigue mentale de ces affiches.

Enfin, la gestion des fins de match est un marqueur discret mais prĂ©cieux. But Ă  90+2’ contre le MontĂ©nĂ©gro le 8 septembre 2025, but Ă  90+6’ contre Gibraltar le 12 octobre 2025: mĂȘme quand le match est “fini”, la Croatie continue de pousser, comme si elle cherchait un rĂ©flexe plutĂŽt qu’un but. Dans une phase finale de Coupe du monde, ce genre de rĂ©flexe pĂšse lourd.

Comment ils jouent

Ce que raconte cette Croatie, ce n’est pas une formule tactique gravĂ©e dans le marbre, mais une identitĂ© lisible dans les scores: elle cherche Ă  prendre l’avantage tĂŽt ou Ă  dĂ©faut Ă  installer une domination progressive, puis Ă  transformer sa supĂ©rioritĂ© en marge. Sur 8 matchs, elle gagne 7 fois et ne concĂšde qu’un nul. Ce n’est pas un profil d’équipe qui joue Ă  pile ou face: c’est un profil de contrĂŽle.

La force la plus Ă©vidente est l’efficacitĂ© offensive. 26 buts en 8 matchs: la Croatie ne vit pas de petites sĂ©ries. Deux matchs rĂ©sument le pouvoir de percussion: Gibraltar–Croatie (0-7) et Croatie–TchĂ©quie (5-1). Dans le premier, elle marque sept fois avec une variĂ©tĂ© d’horaires, y compris un doublet de F. Ivanović et un doublet de Kramarić. Dans le second, elle marque cinq fois contre l’adversaire direct, en intĂ©grant deux penalties (Modrić, Budimir), signe d’une capacitĂ© Ă  gĂ©nĂ©rer des situations “de surface” et Ă  les convertir.

Mais le tableau serait incomplet sans le volet dĂ©fensif. 4 buts encaissĂ©s en 8 matchs, et surtout une sĂ©rie de matchs propres: 4-0 contre le MontĂ©nĂ©gro, 3-0 contre Gibraltar, 0-0 Ă  Prague, 0-1 aux Îles FĂ©roĂ©. Ces scores suggĂšrent une Ă©quipe qui sait dĂ©fendre des contextes diffĂ©rents: dĂ©fendre en ayant le ballon et en empĂȘchant l’adversaire de respirer; dĂ©fendre en dĂ©placement avec un score minimal; dĂ©fendre en match d’équilibre (le 0-0 en TchĂ©quie) sans s’exposer Ă  un but qui tuerait la dynamique.

La campagne montre aussi une Croatie qui sait gagner autrement que par le confort. Le match de Podgorica est la meilleure preuve: encaissant deux buts en 17 minutes, elle ne panique pas et revient progressivement. Ce n’est pas uniquement une question de mental; c’est aussi une question de capacitĂ© Ă  remettre le match dans une zone qu’elle maĂźtrise: obtenir un penalty, rĂ©duire l’écart avant la pause, puis faire basculer la seconde pĂ©riode avec des buts (72’, 87’). En Coupe du monde, les matchs se tordent vite; la Croatie a montrĂ© qu’elle pouvait les dĂ©tordre.

Sur la rĂ©partition des buts, la ligne est claire: un homme se dĂ©tache, mais l’équipe n’est pas prisonniĂšre. Kramarić est omniprĂ©sent (buts contre Gibraltar, TchĂ©quie, Îles FĂ©roĂ©, MontĂ©nĂ©gro, plus un autre doublĂ© Ă  Faro-LoulĂ©). PeriĆĄić pĂšse dans les grands Ă©carts et dans les moments chauds (buts contre Gibraltar et MontĂ©nĂ©gro, penalty Ă  Podgorica). Et derriĂšre eux, des contributions ponctuelles mais prĂ©cieuses: PaĆĄalić, Budimir, Jakić (deux buts dans la campagne), VlaĆĄić (deux buts), Gvardiol, Musa, Sučić, Fruk, Erlić. Cette diversitĂ© a une vertu simple: elle empĂȘche l’adversaire de rĂ©sumer le danger Ă  une seule menace.

Les vulnĂ©rabilitĂ©s, elles, se devinent par contraste. D’abord, le seul match oĂč la Croatie concĂšde deux buts est aussi celui oĂč elle est surprise trĂšs tĂŽt (3’ et 17’). Cela met un projecteur sur l’entame: si l’adversaire impose un rythme agressif dĂšs le coup d’envoi, la Croatie peut se retrouver Ă  devoir courir aprĂšs le score. Ensuite, le match nul (0-0) Ă  Prague montre qu’il existe des rencontres oĂč l’attaque peut ĂȘtre neutralisĂ©e: quand le duel devient fermĂ©, la Croatie sait ne pas perdre, mais l’issue offensive n’est pas garantie. Dans un groupe mondialiste, ces deux scĂ©narios peuvent coexister: un match qui dĂ©marre trop vite, et un match qui se verrouille.

En rĂ©sumĂ©: cette Croatie a une base de contrĂŽle, une attaque qui convertit en volume, et un pragmatisme de dĂ©placement. Sa zone d’alerte n’est pas une faille permanente, plutĂŽt un moment prĂ©cis: le dĂ©but de match, la premiĂšre rafale adverse. Si elle passe ce cap sans dĂ©gĂąts, les chiffres suggĂšrent qu’elle finit souvent par imposer sa loi.

Le groupe Ă  la Coupe du monde

Le groupe mondialiste est dĂ©jĂ  Ă©crit noir sur blanc pour la Croatie: trois matchs, trois styles de dĂ©fi, trois dĂ©cors nord-amĂ©ricains. D’abord l’Angleterre, ensuite le Panama, puis le Ghana. Sur le papier, cela ressemble Ă  un menu complet: un choc d’entrĂ©e, un match oĂč il faudra ĂȘtre sĂ©rieux et tranchant, puis une troisiĂšme journĂ©e qui peut devenir un calcul
 ou un piĂšge, selon ce que racontent les points.

Le premier match a des allures de test immĂ©diat: Angleterre–Croatie, le 17 juin 2026 Ă  Dallas, dans l’AT&T Stadium. Entrer dans une Coupe du monde par un duel de ce calibre, c’est rarement “idĂ©al”; mais pour une Ă©quipe qui a dominĂ© son groupe de qualification, c’est aussi une façon d’éviter le faux rythme. La Croatie arrive avec une statistique simple Ă  faire valoir: 0 dĂ©faite, 4 buts encaissĂ©s en 8 matchs. Elle n’a pas besoin de s’inventer un costume: elle doit juste enfiler celui qu’elle porte dĂ©jĂ , celui de l’équipe difficile Ă  bouger.

DeuxiĂšme rendez-vous: Panama–Croatie, le 23 juin 2026 Ă  Toronto, au BMO Field. C’est typiquement le match qui, dans les tournois, sĂ©pare les Ă©quipes qui “jouent bien” des Ă©quipes qui “passent”. La Croatie, durant les qualifs, a montrĂ© qu’elle savait gagner sans flamboyer (0-1 aux Îles FĂ©roĂ©). Ce genre de victoire minimaliste peut devenir une arme ici: prendre l’avantage, gĂ©rer, ne pas offrir un match ouvert.

TroisiĂšme match: Croatie–Ghana, le 27 juin 2026 Ă  Philadelphie, au Lincoln Financial Field. DerniĂšre journĂ©e: parfois une finale, parfois une formalitĂ©, souvent un match oĂč les nerfs s’invitent. La Croatie a dĂ©jĂ  prouvĂ© en qualifications qu’elle savait jouer une rencontre sous pression Ă©motionnelle (le renversement Ă  Podgorica). Cela ne garantit rien, mais ça donne une indication: elle ne se fragilise pas automatiquement quand le scĂ©nario devient inconfortable.

Calendrier des trois matchs de groupe

Date Stade Ville Adversaire
17 juin 2026 AT&T Stadium Dallas Angleterre
23 juin 2026 BMO Field Toronto Panama
27 juin 2026 Lincoln Financial Field Philadelphie Ghana

Match par match, le scĂ©nario probable peut se raconter sans surcharger l’adversaire d’étiquettes. Contre l’Angleterre, la Croatie devra surtout rĂ©ussir son entrĂ©e: ne pas offrir un but “tĂŽt”, comme elle l’a fait au MontĂ©nĂ©gro Ă  Podgorica. Si elle traverse le premier quart d’heure sans dommages, sa campagne de qualifications suggĂšre qu’elle sait ensuite faire durer le match, l’amener vers un score court, puis frapper au bon moment. Pronostic prudent: empate.

Contre le Panama, l’enjeu sera moins la beautĂ© que la prĂ©cision. La Croatie a marquĂ© 26 fois en 8 matchs, mais elle a aussi montrĂ© qu’elle pouvait se contenter d’une marge minimale quand le contexte l’exige. Dans un match oĂč il faudra Ă©viter l’impatience, son volume offensif et sa soliditĂ© dĂ©fensive font pencher la balance. Pronostic: gana Croacia.

Contre le Ghana, la clĂ© sera l’état du groupe au moment d’entrer sur le terrain: besoin de gagner, besoin de ne pas perdre, ou possibilitĂ© de gĂ©rer. Dans tous les cas, la Croatie des qualifications a un atout transversal: sa capacitĂ© Ă  marquer avec plusieurs contributeurs, et Ă  tenir un score en encaissant peu. Si le match s’ouvre, elle a des arguments; s’il se ferme, elle sait aussi vivre avec un 0-0, comme Ă  Prague. Pronostic: gana Croacia.

Les clés de qualification, cÎté Croatie, peuvent se résumer ainsi:

  • Ne pas concĂ©der un but dans les premiĂšres minutes: la seule soirĂ©e vraiment instable des qualifications commence par deux buts encaissĂ©s avant la 20e minute.
  • Capitaliser sur les matchs “à points” en imposant une marge: la campagne montre que quand la Croatie prend de l’air, elle respire mieux que tout le monde.
  • Maintenir la discipline dĂ©fensive: 4 buts encaissĂ©s en 8 matchs, c’est une base de tournoi.
  • Garder la variĂ©tĂ© offensive: plusieurs buteurs, plusieurs fins de match actives, et des penalties convertis quand il faut.

Opinion éditoriale

La Croatie arrive au Mondial avec une vĂ©ritĂ© simple: elle n’a pas seulement gagnĂ©, elle a convaincu par la rĂ©pĂ©tition. Les qualifications l’ont montrĂ©e capable d’écraser, de gĂ©rer, de voyager, d’encaisser un coup et de revenir. Cette polyvalence-lĂ  est une monnaie rare en tournoi, parce qu’elle Ă©vite le piĂšge du “plan unique” qui meurt au premier imprĂ©vu.

Mais l’autre vĂ©ritĂ© est plus piquante: la marge peut endormir. Quand on met 0-7, quand on passe 5-1 Ă  un rival direct, on finit parfois par croire que le match se gagne tout seul. Or la Coupe du monde ne pardonne pas l’entame molle. Le match du 17 novembre 2025 au MontĂ©nĂ©gro est un rappel utile: deux minutes d’inattention, et tout un match bascule.

La Croatie n’a pas besoin d’un discours grandiose; elle a besoin d’un rĂ©flexe: entrer dans le match comme si le score Ă©tait dĂ©jĂ  contre elle. Si elle garde ce fil — celui qui l’a aidĂ©e Ă  renverser Podgorica aprĂšs avoir Ă©tĂ© menĂ©e 2-0 — alors son groupe mondialiste ne sera pas un mur, mais un chemin. Et dans un tournoi, un chemin clair vaut parfois mieux qu’un rĂȘve flou.