Colombie - Grupo K
Colombie đšđŽđ„ Cap sur 2026, la Tricolor en mode prĂ©cision et caractĂšre
Une qualification au cordeau, une attaque qui sait mordre, et un groupe oĂč chaque dĂ©tail peut faire basculer lâhistoire.
Introduction
Barranquilla a ce don rare: faire transpirer le ballon avant mĂȘme le premier contrĂŽle. La Colombie a traversĂ© ses Ă©liminatoires comme on traverse une saison tropicale: des averses de buts quand le ciel sâouvre, des pĂ©riodes de lourdeur quand lâair manque, et au milieu, cette sensation persistante que lâĂ©quipe avance au rythme de sa propre pulsation. Pas toujours spectaculaire, souvent solide, parfois piquĂ©e au vif, mais rarement indiffĂ©rente.
Il y a eu des soirĂ©es qui collent Ă la peau. Une victoire courte, presque inaugurale, comme un serment: ColombieâVenezuela 1-0 le 7 septembre 2023, but de BorrĂ© juste aprĂšs la pause. Et puis ces matchs oĂč lâon comprend quâun point peut ĂȘtre un outil de chantier: 0-0 au Chili le 12 septembre 2023, 0-0 en Ăquateur le 17 octobre 2023. Des lignes qui se serrent, des nerfs qui se tendent, une Ă©quipe qui apprend Ă ne pas se trahir.
Ensuite, les matches-charniĂšres ont imposĂ© leur dramaturgie. Le 16 novembre 2023, la Colombie renverse le BrĂ©sil 2-1 Ă Barranquilla, avec un doublĂ© de Luis DĂaz en quatre minutes: un coup de tonnerre qui change la perception de tout le monde, y compris la sienne. Le 10 septembre 2024, elle enchaĂźne avec un 2-1 contre lâArgentine, toujours Ă domicile: preuve que ce nâĂ©tait pas une Ă©tincelle isolĂ©e, mais une capacitĂ© Ă frapper juste dans les grands soirs.
Le dernier chapitre des Ă©liminatoires, lui, ressemble Ă un film dâaction qui refuse de sâĂ©teindre. Le 9 septembre 2025, au Monumental de MaturĂn, la Colombie bat le Venezuela⊠6-3. Un score de coupe, un score de rue, un score qui dit: âon peut aussi gagner en dĂ©sordre, si notre dĂ©sordre est plus tranchant que le vĂŽtre.â Câest cette Ă©quipe-lĂ qui arrive au Mondial: qualifiĂ©e, oui, mais surtout marquĂ©e par une qualification construite sur lâĂ©quilibre et des pics de puissance.
Les chiffres, eux, installent le dĂ©cor sans fioritures: 3e de la zone CONMEBOL avec 28 points en 18 matches, un bilan de 7 victoires, 7 nuls, 4 dĂ©faites, 28 buts marquĂ©s et 18 encaissĂ©s, soit +10 de diffĂ©rence. Câest une Colombie qui sait additionner: les points des soirs fermĂ©s, les points des soirs ouverts, et ceux des soirs oĂč il faut serrer les dents.
Et quand on dĂ©roule le fil, trois moments restent comme des pivots narratifs. Dâabord, le 16 novembre 2023: ColombieâBrĂ©sil 2-1, DĂaz en mode accĂ©lĂ©rateur dâhistoire. Ensuite, le 15 octobre 2024: ColombieâChili 4-0, une dĂ©monstration qui nettoie les doutes au karcher. Enfin, le 9 septembre 2025: VenezuelaâColombie 3-6, la preuve quâil y a de la poudre offensive dans ce vestiaire, et quâelle peut exploser loin de la maison.
Le chemin des éliminatoires
Le format CONMEBOL nâa pas besoin de costume: câest une ligue de dix, en aller-retour, 18 journĂ©es, et la table comme juge unique. La mĂ©canique est simple Ă lire, dure Ă vivre: les six premiers se qualifient directement, le septiĂšme file au tournoi de barrage intercontinental. Dans ce contexte, chaque nul a un poids, chaque but encaissĂ© peut devenir une pierre dans la chaussure.
La Colombie termine 3e avec 28 points. Ă ce niveau, la table ressemble Ă un embouteillage contrĂŽlĂ©: Uruguay 4e avec 28, BrĂ©sil 5e avec 28, Paraguay 6e avec 28. Quatre Ă©quipes alignĂ©es au point, et la diffĂ©rence se fait aux dĂ©tails: buts marquĂ©s, buts encaissĂ©s, diffĂ©rence de buts, et la capacitĂ© Ă ne pas sâeffondrer dans les matchs-piĂšges. La Colombie sâen sort avec un +10, identique Ă lâUruguay, supĂ©rieur au BrĂ©sil (+7) et au Paraguay (+4). Ce nâest pas un trophĂ©e, mais câest un avantage structurel: elle a su gagner ses matchs avec un peu plus dâair.
Le parcours, lui, se lit en deux saisons entremĂȘlĂ©es. Une premiĂšre oĂč la Colombie installe sa base: 6 premiĂšres journĂ©es sans dĂ©faite (victoires contre Venezuela, BrĂ©sil, Paraguay; nuls contre Chili, Uruguay, Ăquateur). Une deuxiĂšme plus heurtĂ©e: elle bat lâArgentine, puis se casse les dents en altitude en Bolivie (dĂ©faite 0-1 le 10 octobre 2024) et subit deux coups durs en novembre 2024 (3-2 en Uruguay, puis 0-1 contre lâĂquateur Ă Barranquilla). Câest lĂ que le rĂ©cit aurait pu se fissurer. Au lieu de ça, la Colombie finit par se stabiliser, puis par accĂ©lĂ©rer au moment de conclure.
Il y a une donnĂ©e qui rĂ©sume bien cette campagne: la Colombie a beaucoup âjouĂ© petitâ⊠jusquâau jour oĂč elle a dĂ©cidĂ© de âjouer grandâ. Elle a signĂ© plusieurs scores serrĂ©s (1-0, 2-1, 1-1, 0-0), et pourtant elle termine avec 28 buts en 18 matches, soit une moyenne de 1,56 but par match. Cela signifie que quand elle a ouvert le robinet, elle lâa ouvert pour de bon: 4-0 contre le Chili, 3-0 contre la Bolivie, 6-3 au Venezuela.
Le calendrier interne raconte aussi une gĂ©ographie du rendement. Ă Barranquilla, la Colombie a empilĂ© des rĂ©sultats forts: 1-0 Venezuela, 2-2 Uruguay, 2-1 BrĂ©sil, 2-1 Argentine, 4-0 Chili, 2-2 Paraguay, 0-0 PĂ©rou, 3-0 Bolivie. Huit matches Ă domicile, une seule dĂ©faite (0-1 contre lâĂquateur), et surtout une capacitĂ© Ă battre les gĂ©ants sur ses terres. Ă lâextĂ©rieur, le tableau est plus contrastĂ©: nuls propres au Chili et en Ăquateur, succĂšs Ă AsunciĂłn, mais aussi des dĂ©faites qui piquent (0-1 en Bolivie, 2-3 en Uruguay, 1-2 au BrĂ©sil). La qualification, au fond, sâest jouĂ©e sur cette alchimie classique en AmĂ©rique du Sud: tenir dehors, mordre dedans.
Le cĆur tactique â sans inventer des schĂ©mas â se devine dans les scĂ©narios. La Colombie a su survivre aux matchs Ă score fermĂ©, signe dâune structure dĂ©fensive compĂ©tente, mais elle a aussi parfois laissĂ© filer des fins de match. Le 12 octobre 2023 contre lâUruguay, elle concĂšde un penalty Ă 90+1â. Le 15 novembre 2024 Ă Montevideo, elle prend un but Ă 90+11â. Et le 20 mars 2025 Ă Brasilia, VinĂcius marque Ă 90+9â. Trois coups de couteau tardifs: ce nâest pas anodin, câest une tendance Ă surveiller.
Et pourtant, elle a aussi prouvĂ© quâelle pouvait frapper tard. Ă Lima, le 6 septembre 2024, DĂaz Ă©galise Ă la 82e. Ă Buenos Aires, le 10 juin 2025, elle arrache un 1-1 en tenant tĂȘte dans un Monumental hostile. Et Ă MaturĂn, le 9 septembre 2025, elle transforme un match fou en festival de buts. Cela raconte une Ă©quipe qui ne âmeurtâ pas facilement. Parfois elle se dĂ©sorganise, mais elle reste vivante.
Tableau 1 â Tous les matches de la Colombie en Ă©liminatoires CONMEBOL
| Date | Journée | Adversaire | Condition | Résultat | Buteurs | Stade |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 7 septembre 2023 | 1 | Venezuela | Domicile | 1-0 | Borré 46' | Stade Metropolitano, Barranquilla |
| 12 septembre 2023 | 2 | Chili | Extérieur | 0-0 | Stade Monumental, Santiago | |
| 12 octobre 2023 | 3 | Uruguay | Domicile | 2-2 | RodrĂguez 35', Uribe 52' | Stade Metropolitano, Barranquilla |
| 17 octobre 2023 | 4 | Ăquateur | ExtĂ©rieur | 0-0 | Stade Rodrigo Paz Delgado, Quito | |
| 16 novembre 2023 | 5 | BrĂ©sil | Domicile | 2-1 | DĂaz 75', 79' | Stade Metropolitano, Barranquilla |
| 21 novembre 2023 | 6 | Paraguay | Extérieur | 1-0 | Borré 11' | Stade Defensores del Chaco, Asunción |
| 6 septembre 2024 | 7 | PĂ©rou | ExtĂ©rieur | 1-1 | DĂaz 82' | Stade Nacional, Lima |
| 10 septembre 2024 | 8 | Argentine | Domicile | 2-1 | Mosquera 25', RodrĂguez 60' | Stade Metropolitano, Barranquilla |
| 10 octobre 2024 | 9 | Bolivie | Extérieur | 0-1 | Stade Municipal, El Alto | |
| 15 octobre 2024 | 10 | Chili | Domicile | 4-0 | D. SĂĄnchez 34', DĂaz 52', DurĂĄn 82', Sinisterra 90+3' | Stade Metropolitano, Barranquilla |
| 15 novembre 2024 | 11 | Uruguay | Extérieur | 2-3 | Quintero 31', Gómez 90+6' | Stade Centenario, Montevideo |
| 19 novembre 2024 | 12 | Ăquateur | Domicile | 0-1 | Stade Metropolitano, Barranquilla | |
| 20 mars 2025 | 13 | BrĂ©sil | ExtĂ©rieur | 1-2 | DĂaz 41' | Stade ManĂ© Garrincha, Brasilia |
| 25 mars 2025 | 14 | Paraguay | Domicile | 2-2 | DĂaz 1', DurĂĄn 13' | Stade Metropolitano, Barranquilla |
| 6 juin 2025 | 15 | Pérou | Domicile | 0-0 | Stade Metropolitano, Barranquilla | |
| 10 juin 2025 | 16 | Argentine | ExtĂ©rieur | 1-1 | DĂaz 24' | Stade Monumental, Buenos Aires |
| 4 septembre 2025 | 17 | Bolivie | Domicile | 3-0 | RodrĂguez 31', CĂłrdoba 74', Quintero 83' | Stade Metropolitano, Barranquilla |
| 9 septembre 2025 | 18 | Venezuela | ExtĂ©rieur | 6-3 | Mina 10', SuĂĄrez 42', 50', 59', 67', CĂłrdoba 78' | Stade Monumental, MaturĂn |
Pour lire cette campagne avec un Ćil de performance, deux segments sont particuliĂšrement parlants.
Dâabord, les matches âĂ un but dâĂ©cartâ et les matches âĂ margeâ. La Colombie gagne 1-0 contre Venezuela, 1-0 au Paraguay, 2-1 contre BrĂ©sil, 2-1 contre Argentine: quatre victoires oĂč la marge est minimale. Ă lâinverse, elle signe aussi des Ă©carts nets: 4-0 contre Chili, 3-0 contre Bolivie, 6-3 au Venezuela. Cela dessine une Ă©quipe capable de sâinstaller dans deux modes: le mode gestion (gagner sans se dĂ©couvrir) et le mode attaque (dĂ©truire le match quand il sâouvre). Câest une richesse, Ă condition de savoir choisir le bon mode au bon moment.
Ensuite, la question des nuls: la Colombie en a sept. Ils ne sont pas tous identiques. Il y a les nuls âpropresâ (0-0 au Chili, 0-0 en Ăquateur), qui ressemblent Ă des feuilles de route respectĂ©es. Il y a les nuls âĂ butsâ (2-2 Uruguay, 1-1 PĂ©rou, 2-2 Paraguay, 1-1 Argentine), qui tĂ©moignent dâune capacitĂ© Ă rĂ©pondre mais aussi dâune difficultĂ© Ă verrouiller. Dans une phase de groupe de Coupe du monde, ce dĂ©tail peut devenir une clĂ©: une Ă©quipe habituĂ©e aux nuls ne panique pas, mais elle doit savoir tuer un match quand lâoccasion se prĂ©sente.
Tableau 2 â Classement final CONMEBOL
| Pos. | Sélection | Pts. | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Argentine | 38 | 18 | 12 | 2 | 4 | 31 | 10 | 21 |
| 2 | Ăquateur | 29 | 18 | 8 | 8 | 2 | 14 | 5 | 9 |
| 3 | Colombie | 28 | 18 | 7 | 7 | 4 | 28 | 18 | 10 |
| 4 | Uruguay | 28 | 18 | 7 | 7 | 4 | 22 | 12 | 10 |
| 5 | Brésil | 28 | 18 | 8 | 4 | 6 | 24 | 17 | 7 |
| 6 | Paraguay | 28 | 18 | 7 | 7 | 4 | 14 | 10 | 4 |
| 7 | Bolivie | 20 | 18 | 6 | 2 | 10 | 17 | 35 | -18 |
| 8 | Venezuela | 18 | 18 | 4 | 6 | 8 | 18 | 28 | -10 |
| 9 | Pérou | 12 | 18 | 2 | 6 | 10 | 6 | 21 | -15 |
| 10 | Chili | 11 | 18 | 2 | 5 | 11 | 9 | 27 | -18 |
Dans ce peloton Ă 28 points, la Colombie a surtout gagnĂ© une chose: la tranquillitĂ© du classement sans la facilitĂ© des matches. Elle nâest pas passĂ©e en touriste, elle est passĂ©e en Ă©quipe qui a dĂ» produire des rĂ©ponses. Et cette exigence-lĂ , en Coupe du monde, nâest jamais un handicap.
Comment ils jouent
La Colombie version Ă©liminatoires raconte une identitĂ© assez nette, visible dans les marqueurs les plus simples: elle marque beaucoup (28 buts), elle encaisse modĂ©rĂ©ment (18), et elle nâa pas besoin dâun seul scĂ©nario pour exister. On nâest pas face Ă une sĂ©lection monomaniaque. On est face Ă une Ă©quipe qui alterne la patience et la fulgurance.
Son premier trait, câest la capacitĂ© Ă survivre dans le match fermĂ©. Trois 0-0 (Chili, Ăquateur, PĂ©rou) ne sont pas des accidents: ce sont des preuves de discipline collective, dâun bloc qui sait refuser le chaos quand le match cherche Ă lâaspirer. Dans les Ă©liminatoires sud-amĂ©ricaines, oĂč les dĂ©placements sont des expĂ©ditions, sortir deux fois avec un 0-0 (Santiago, Quito) nâest pas un dĂ©tail de calendrier: câest un signe dâorganisation et de contrĂŽle Ă©motionnel.
Son deuxiĂšme trait, câest une attaque capable de passer de lâefficacitĂ© Ă lâexcĂšs. Le match de MaturĂn (6-3) est lâexemple extrĂȘme: six buts Ă lâextĂ©rieur, cinq inscrits par SuĂĄrez Ă lui seul, plus un but de Mina et un de CĂłrdoba. Mais la Colombie a aussi montrĂ© quâelle pouvait faire mal sans devenir folle: 3-0 contre la Bolivie, 4-0 contre le Chili. Quand elle prend lâavantage, elle peut appuyer lĂ oĂč ça fait mal. Et quand elle se sent en confiance, elle sait transformer un match en pente.
TroisiĂšme trait: la rĂ©partition du but, justement. Il y a une dĂ©pendance Ă©vidente Ă Luis DĂaz sur une grande partie de la campagne: but contre le BrĂ©sil (doublĂ©), contre le PĂ©rou, contre lâArgentine Ă deux reprises (domicile et extĂ©rieur), contre le Paraguay, et mĂȘme au BrĂ©sil. DĂaz est le fil rouge offensif, lâhomme qui revient quand la tension monte. Mais le tableau montre aussi une seconde ligne utile: RodrĂguez marque plusieurs fois (Uruguay, Argentine, Bolivie), Quintero pĂšse sur des moments clĂ©s (but en Uruguay, but contre la Bolivie), CĂłrdoba apporte en fin de parcours, et le match au Venezuela rĂ©vĂšle une profondeur de finition avec SuĂĄrez. Cela ne dit pas âtout le monde marque tout le tempsâ, mais cela indique que la Colombie nâest pas rĂ©duite Ă une seule solution.
QuatriĂšme trait: une fragilitĂ© spĂ©cifique, rĂ©pĂ©tĂ©e, dans les fins de match Ă lâextĂ©rieur. Uruguay marque Ă 90+11â pour gagner 3-2; le BrĂ©sil marque Ă 90+9â pour gagner 2-1; lâUruguay arrache aussi un penalty tardif Ă Barranquilla (2-2, but encaissĂ© Ă 90+1â). Ce motif ne signifie pas que la Colombie âsâĂ©crouleâ, mais quâelle vit des fins de rencontres oĂč la gestion des derniĂšres minutes devient une zone critique: discipline, choix de jeu, gestion des transitions et des coups de pied arrĂȘtĂ©s. Dans une Coupe du monde, ce sont prĂ©cisĂ©ment les minutes qui dĂ©cident les groupes.
Ă cela sâajoute une lecture plus fine du rythme. La Colombie alterne les phases oĂč elle âgarde le match en cageâ et celles oĂč elle le lĂąche. Par exemple, contre le Paraguay le 25 mars 2025, elle mĂšne 2-0 trĂšs vite (1â, 13â) et finit Ă 2-2. Ă Lima, elle souffre puis Ă©galise tard. Ă Buenos Aires, elle mĂšne et se fait rejoindre. Ce nâest pas forcĂ©ment une faiblesse structurelle; câest aussi une signature de sĂ©lection: la capacitĂ© Ă marquer, oui, mais une difficultĂ© Ă transformer lâavantage en matelas dĂ©finitif.
En rĂ©sumĂ© performance: câest une Colombie qui produit du but, qui encaisse sans sombrer, mais dont la marge de progression la plus rentable est mentale et gestionnaire. Non pas âmieux jouerâ, mais mieux fermer. Non pas âattaquer davantageâ, mais choisir quand attaquer.
Le groupe Ă la Coupe du monde
Le dĂ©cor mondial est posĂ©: Groupe K, et trois rendez-vous trĂšs diffĂ©rents. Dâabord lâentrĂ©e contre lâOuzbĂ©kistan, puis un match contre un adversaire issu dâun barrage intercontinental, et enfin un duel face au Portugal. Trois styles possibles, trois rythmes possibles, et surtout un ordre qui compte: bien commencer pour ne pas courir aprĂšs la table, puis sĂ©curiser le deuxiĂšme match, avant dâaffronter un poids lourd.
Avant de parler pronostic, un mot sur le ârival par dĂ©finirâ du deuxiĂšme match. Le code K2, dans le calendrier, doit ĂȘtre lu ainsi: Rival por definirse, saldrĂĄ del repechaje internacional Llave A: Nueva Caledonia, Jamaica o RepĂșblica DemocrĂĄtica del Congo. La Colombie ne peut pas prĂ©parer un portrait-robot unique de cet adversaire, mais elle peut prĂ©parer un plan de match: imposer son intensitĂ©, Ă©viter de se compliquer la soirĂ©e, et chercher des buts qui comptent parfois double dans les classements de groupe.
Tableau â Les trois matches du Groupe K
| Date | Stade | Ville | Rival |
|---|---|---|---|
| 17 juin 2026 | Stade Azteca | Ciudad de México | Ouzbékistan |
| 23 juin 2026 | Stade Chivas | Guadalajara | Rival por definirse, saldrĂĄ del repechaje internacional Llave A: Nueva Caledonia, Jamaica o RepĂșblica DemocrĂĄtica del Congo. |
| 27 juin 2026 | Hard Rock Stadium | Miami | Portugal |
Match 1 â OuzbĂ©kistan vs Colombie, 17 juin 2026 Câest un match dâouverture au parfum de piĂšge classique: lâĂ©quipe favorite porte lâobligation, lâautre porte la libertĂ©. Pour la Colombie, le plan le plus logique â au vu des Ă©liminatoires â est de viser une victoire âpropreâ, sans se jeter. Les 0-0 et les 1-0 de la campagne montrent quâelle sait gagner sans transformer le match en rodĂ©o. Mais ses meilleurs soirs (BrĂ©sil 2-1, Argentine 2-1) montrent aussi quâelle peut accĂ©lĂ©rer aprĂšs la pause. Si elle parvient Ă installer ce rythme-lĂ , lâentrĂ©e peut ĂȘtre maĂźtrisĂ©e. Pronostic: gana Colombia.
Match 2 â Colombie vs rival issu du barrage intercontinental, 23 juin 2026 Ici, la Colombie doit regarder moins lâĂ©tiquette du rival que la structure du groupe. Un deuxiĂšme match est souvent celui oĂč lâon bascule: soit on se donne une chance de qualification avant la derniĂšre journĂ©e, soit on se met sous pression. La Colombie a prouvĂ© dans les Ă©liminatoires quâelle pouvait faire exploser un match quand elle sent lâodeur: 4-0, 3-0, 6-3. Mais elle a aussi montrĂ© quâun avantage rapide peut se dissoudre (2-2 contre le Paraguay aprĂšs 13 minutes de rĂȘve). La mission est simple: imposer, marquer, puis gĂ©rer sans offrir un retour Ă©motionnel Ă lâadversaire. Pronostic: gana Colombia.
Match 3 â Colombie vs Portugal, 27 juin 2026 Le troisiĂšme match peut ĂȘtre une finale ou un confort. La Colombie arrive avec une carte maĂźtresse: elle a dĂ©jĂ battu des gĂ©ants sur ce cycle, BrĂ©sil et Argentine, en assumant des matchs Ă haute tension. Mais elle traĂźne aussi une alerte: les fins de match contre des Ă©quipes capables de frapper tard peuvent la punir, comme lâont fait Uruguay et BrĂ©sil. Face Ă un adversaire de ce calibre, la Colombie devra ĂȘtre rigoureuse dans les derniĂšres minutes, et Ă©viter de transformer un match contrĂŽlĂ© en match de transitions incontrĂŽlĂ©es. Pronostic: empate.
Clés de qualification dans ce groupe
- Gagner lâentrĂ©e pour ne pas installer une pression inutile sur les deux matches suivants.
- Soigner la diffĂ©rence de buts: la Colombie a montrĂ© quâelle pouvait faire des Ă©carts, il faut savoir quand appuyer.
- Verrouiller les fins de match: les buts encaissés au-delà de 90 minutes ont déjà coûté cher en éliminatoires.
- Miser sur la variĂ©tĂ© de buteurs: ne pas dĂ©pendre dâun seul scĂ©nario offensif.
- Garder la tĂȘte froide si le match devient âĂ marge minimaleâ: la Colombie sait vivre dans ces scores, Ă elle de les terminer.
Opinion éditoriale
La Colombie arrive au Mondial avec une qualitĂ© rare: elle sait gagner de plusieurs maniĂšres. Elle peut faire 1-0 et dormir dessus, elle peut faire 2-1 et survivre Ă la tempĂȘte, elle peut faire 4-0 et transformer un match en dĂ©monstration, et elle peut mĂȘme gagner 6-3 quand le football dĂ©cide de partir en cavale. Beaucoup dâĂ©quipes nâont quâun costume; celle-ci a plusieurs vestes dans le placard. Câest un avantage Ă©norme dans une phase de groupes oĂč lâon ne rencontre jamais deux fois la mĂȘme mĂ©tĂ©o.
Mais il y a un prix Ă payer: une Ă©quipe qui sait ouvrir les matches doit aussi savoir les fermer. Les Ă©liminatoires ont laissĂ© des cicatrices trĂšs prĂ©cises, et elles ne sont pas abstraites. Elles ont une minute et un lieu: 90+11â Ă Montevideo, 90+9â Ă Brasilia, 90+1â contre lâUruguay Ă Barranquilla. Ce sont des instants oĂč la Colombie a perdu le contrĂŽle du rĂ©cit, oĂč le match lui a Ă©chappĂ© par une fissure. En Coupe du monde, ces fissures deviennent des portes.
La conclusion, elle, se raconte en une image: la Colombie est une sĂ©lection qui peut Ă©crire des chapitres flamboyants, mais qui doit relire ses derniĂšres lignes. Si elle veut passer un groupe comme le K avec la sĂ©rĂ©nitĂ© des Ă©quipes majeures, elle doit faire de ses fins de match un territoire sĂ»r, pas un terrain glissant. Lâavertissement est simple et concret, ancrĂ© dans un souvenir: UruguayâColombie 3-2, but encaissĂ© Ă 90+11â. Ă ce niveau, ce nâest pas âun dĂ©tailâ. Câest un destin.