Colombie - Grupo K

Colombie  Cap sur 2026, la Tricolor en mode précision et caractÚre

Colombie đŸ‡šđŸ‡ŽđŸ”„ Cap sur 2026, la Tricolor en mode prĂ©cision et caractĂšre

Une qualification au cordeau, une attaque qui sait mordre, et un groupe oĂč chaque dĂ©tail peut faire basculer l’histoire.

Introduction

Barranquilla a ce don rare: faire transpirer le ballon avant mĂȘme le premier contrĂŽle. La Colombie a traversĂ© ses Ă©liminatoires comme on traverse une saison tropicale: des averses de buts quand le ciel s’ouvre, des pĂ©riodes de lourdeur quand l’air manque, et au milieu, cette sensation persistante que l’équipe avance au rythme de sa propre pulsation. Pas toujours spectaculaire, souvent solide, parfois piquĂ©e au vif, mais rarement indiffĂ©rente.

Il y a eu des soirĂ©es qui collent Ă  la peau. Une victoire courte, presque inaugurale, comme un serment: Colombie–Venezuela 1-0 le 7 septembre 2023, but de BorrĂ© juste aprĂšs la pause. Et puis ces matchs oĂč l’on comprend qu’un point peut ĂȘtre un outil de chantier: 0-0 au Chili le 12 septembre 2023, 0-0 en Équateur le 17 octobre 2023. Des lignes qui se serrent, des nerfs qui se tendent, une Ă©quipe qui apprend Ă  ne pas se trahir.

Ensuite, les matches-charniĂšres ont imposĂ© leur dramaturgie. Le 16 novembre 2023, la Colombie renverse le BrĂ©sil 2-1 Ă  Barranquilla, avec un doublĂ© de Luis DĂ­az en quatre minutes: un coup de tonnerre qui change la perception de tout le monde, y compris la sienne. Le 10 septembre 2024, elle enchaĂźne avec un 2-1 contre l’Argentine, toujours Ă  domicile: preuve que ce n’était pas une Ă©tincelle isolĂ©e, mais une capacitĂ© Ă  frapper juste dans les grands soirs.

Le dernier chapitre des Ă©liminatoires, lui, ressemble Ă  un film d’action qui refuse de s’éteindre. Le 9 septembre 2025, au Monumental de MaturĂ­n, la Colombie bat le Venezuela
 6-3. Un score de coupe, un score de rue, un score qui dit: “on peut aussi gagner en dĂ©sordre, si notre dĂ©sordre est plus tranchant que le vĂŽtre.” C’est cette Ă©quipe-lĂ  qui arrive au Mondial: qualifiĂ©e, oui, mais surtout marquĂ©e par une qualification construite sur l’équilibre et des pics de puissance.

Les chiffres, eux, installent le dĂ©cor sans fioritures: 3e de la zone CONMEBOL avec 28 points en 18 matches, un bilan de 7 victoires, 7 nuls, 4 dĂ©faites, 28 buts marquĂ©s et 18 encaissĂ©s, soit +10 de diffĂ©rence. C’est une Colombie qui sait additionner: les points des soirs fermĂ©s, les points des soirs ouverts, et ceux des soirs oĂč il faut serrer les dents.

Et quand on dĂ©roule le fil, trois moments restent comme des pivots narratifs. D’abord, le 16 novembre 2023: Colombie–BrĂ©sil 2-1, DĂ­az en mode accĂ©lĂ©rateur d’histoire. Ensuite, le 15 octobre 2024: Colombie–Chili 4-0, une dĂ©monstration qui nettoie les doutes au karcher. Enfin, le 9 septembre 2025: Venezuela–Colombie 3-6, la preuve qu’il y a de la poudre offensive dans ce vestiaire, et qu’elle peut exploser loin de la maison.

Le chemin des éliminatoires

Le format CONMEBOL n’a pas besoin de costume: c’est une ligue de dix, en aller-retour, 18 journĂ©es, et la table comme juge unique. La mĂ©canique est simple Ă  lire, dure Ă  vivre: les six premiers se qualifient directement, le septiĂšme file au tournoi de barrage intercontinental. Dans ce contexte, chaque nul a un poids, chaque but encaissĂ© peut devenir une pierre dans la chaussure.

La Colombie termine 3e avec 28 points. À ce niveau, la table ressemble Ă  un embouteillage contrĂŽlĂ©: Uruguay 4e avec 28, BrĂ©sil 5e avec 28, Paraguay 6e avec 28. Quatre Ă©quipes alignĂ©es au point, et la diffĂ©rence se fait aux dĂ©tails: buts marquĂ©s, buts encaissĂ©s, diffĂ©rence de buts, et la capacitĂ© Ă  ne pas s’effondrer dans les matchs-piĂšges. La Colombie s’en sort avec un +10, identique Ă  l’Uruguay, supĂ©rieur au BrĂ©sil (+7) et au Paraguay (+4). Ce n’est pas un trophĂ©e, mais c’est un avantage structurel: elle a su gagner ses matchs avec un peu plus d’air.

Le parcours, lui, se lit en deux saisons entremĂȘlĂ©es. Une premiĂšre oĂč la Colombie installe sa base: 6 premiĂšres journĂ©es sans dĂ©faite (victoires contre Venezuela, BrĂ©sil, Paraguay; nuls contre Chili, Uruguay, Équateur). Une deuxiĂšme plus heurtĂ©e: elle bat l’Argentine, puis se casse les dents en altitude en Bolivie (dĂ©faite 0-1 le 10 octobre 2024) et subit deux coups durs en novembre 2024 (3-2 en Uruguay, puis 0-1 contre l’Équateur Ă  Barranquilla). C’est lĂ  que le rĂ©cit aurait pu se fissurer. Au lieu de ça, la Colombie finit par se stabiliser, puis par accĂ©lĂ©rer au moment de conclure.

Il y a une donnĂ©e qui rĂ©sume bien cette campagne: la Colombie a beaucoup “jouĂ© petit”
 jusqu’au jour oĂč elle a dĂ©cidĂ© de “jouer grand”. Elle a signĂ© plusieurs scores serrĂ©s (1-0, 2-1, 1-1, 0-0), et pourtant elle termine avec 28 buts en 18 matches, soit une moyenne de 1,56 but par match. Cela signifie que quand elle a ouvert le robinet, elle l’a ouvert pour de bon: 4-0 contre le Chili, 3-0 contre la Bolivie, 6-3 au Venezuela.

Le calendrier interne raconte aussi une gĂ©ographie du rendement. À Barranquilla, la Colombie a empilĂ© des rĂ©sultats forts: 1-0 Venezuela, 2-2 Uruguay, 2-1 BrĂ©sil, 2-1 Argentine, 4-0 Chili, 2-2 Paraguay, 0-0 PĂ©rou, 3-0 Bolivie. Huit matches Ă  domicile, une seule dĂ©faite (0-1 contre l’Équateur), et surtout une capacitĂ© Ă  battre les gĂ©ants sur ses terres. À l’extĂ©rieur, le tableau est plus contrastĂ©: nuls propres au Chili et en Équateur, succĂšs Ă  AsunciĂłn, mais aussi des dĂ©faites qui piquent (0-1 en Bolivie, 2-3 en Uruguay, 1-2 au BrĂ©sil). La qualification, au fond, s’est jouĂ©e sur cette alchimie classique en AmĂ©rique du Sud: tenir dehors, mordre dedans.

Le cƓur tactique — sans inventer des schĂ©mas — se devine dans les scĂ©narios. La Colombie a su survivre aux matchs Ă  score fermĂ©, signe d’une structure dĂ©fensive compĂ©tente, mais elle a aussi parfois laissĂ© filer des fins de match. Le 12 octobre 2023 contre l’Uruguay, elle concĂšde un penalty Ă  90+1’. Le 15 novembre 2024 Ă  Montevideo, elle prend un but Ă  90+11’. Et le 20 mars 2025 Ă  Brasilia, VinĂ­cius marque Ă  90+9’. Trois coups de couteau tardifs: ce n’est pas anodin, c’est une tendance Ă  surveiller.

Et pourtant, elle a aussi prouvĂ© qu’elle pouvait frapper tard. À Lima, le 6 septembre 2024, DĂ­az Ă©galise Ă  la 82e. À Buenos Aires, le 10 juin 2025, elle arrache un 1-1 en tenant tĂȘte dans un Monumental hostile. Et Ă  MaturĂ­n, le 9 septembre 2025, elle transforme un match fou en festival de buts. Cela raconte une Ă©quipe qui ne “meurt” pas facilement. Parfois elle se dĂ©sorganise, mais elle reste vivante.

Tableau 1 — Tous les matches de la Colombie en Ă©liminatoires CONMEBOL

Date Journée Adversaire Condition Résultat Buteurs Stade
7 septembre 2023 1 Venezuela Domicile 1-0 Borré 46' Stade Metropolitano, Barranquilla
12 septembre 2023 2 Chili Extérieur 0-0 Stade Monumental, Santiago
12 octobre 2023 3 Uruguay Domicile 2-2 RodrĂ­guez 35', Uribe 52' Stade Metropolitano, Barranquilla
17 octobre 2023 4 Équateur ExtĂ©rieur 0-0 Stade Rodrigo Paz Delgado, Quito
16 novembre 2023 5 Brésil Domicile 2-1 Díaz 75', 79' Stade Metropolitano, Barranquilla
21 novembre 2023 6 Paraguay Extérieur 1-0 Borré 11' Stade Defensores del Chaco, Asunción
6 septembre 2024 7 Pérou Extérieur 1-1 Díaz 82' Stade Nacional, Lima
10 septembre 2024 8 Argentine Domicile 2-1 Mosquera 25', RodrĂ­guez 60' Stade Metropolitano, Barranquilla
10 octobre 2024 9 Bolivie Extérieur 0-1 Stade Municipal, El Alto
15 octobre 2024 10 Chili Domicile 4-0 D. SĂĄnchez 34', DĂ­az 52', DurĂĄn 82', Sinisterra 90+3' Stade Metropolitano, Barranquilla
15 novembre 2024 11 Uruguay Extérieur 2-3 Quintero 31', Gómez 90+6' Stade Centenario, Montevideo
19 novembre 2024 12 Équateur Domicile 0-1 Stade Metropolitano, Barranquilla
20 mars 2025 13 Brésil Extérieur 1-2 Díaz 41' Stade Mané Garrincha, Brasilia
25 mars 2025 14 Paraguay Domicile 2-2 DĂ­az 1', DurĂĄn 13' Stade Metropolitano, Barranquilla
6 juin 2025 15 Pérou Domicile 0-0 Stade Metropolitano, Barranquilla
10 juin 2025 16 Argentine Extérieur 1-1 Díaz 24' Stade Monumental, Buenos Aires
4 septembre 2025 17 Bolivie Domicile 3-0 RodrĂ­guez 31', CĂłrdoba 74', Quintero 83' Stade Metropolitano, Barranquilla
9 septembre 2025 18 Venezuela Extérieur 6-3 Mina 10', Suårez 42', 50', 59', 67', Córdoba 78' Stade Monumental, Maturín

Pour lire cette campagne avec un Ɠil de performance, deux segments sont particuliùrement parlants.

D’abord, les matches “à un but d’écart” et les matches “à marge”. La Colombie gagne 1-0 contre Venezuela, 1-0 au Paraguay, 2-1 contre BrĂ©sil, 2-1 contre Argentine: quatre victoires oĂč la marge est minimale. À l’inverse, elle signe aussi des Ă©carts nets: 4-0 contre Chili, 3-0 contre Bolivie, 6-3 au Venezuela. Cela dessine une Ă©quipe capable de s’installer dans deux modes: le mode gestion (gagner sans se dĂ©couvrir) et le mode attaque (dĂ©truire le match quand il s’ouvre). C’est une richesse, Ă  condition de savoir choisir le bon mode au bon moment.

Ensuite, la question des nuls: la Colombie en a sept. Ils ne sont pas tous identiques. Il y a les nuls “propres” (0-0 au Chili, 0-0 en Équateur), qui ressemblent Ă  des feuilles de route respectĂ©es. Il y a les nuls “à buts” (2-2 Uruguay, 1-1 PĂ©rou, 2-2 Paraguay, 1-1 Argentine), qui tĂ©moignent d’une capacitĂ© Ă  rĂ©pondre mais aussi d’une difficultĂ© Ă  verrouiller. Dans une phase de groupe de Coupe du monde, ce dĂ©tail peut devenir une clĂ©: une Ă©quipe habituĂ©e aux nuls ne panique pas, mais elle doit savoir tuer un match quand l’occasion se prĂ©sente.

Tableau 2 — Classement final CONMEBOL

Pos. Sélection Pts. MJ V N D BP BC Diff.
1 Argentine 38 18 12 2 4 31 10 21
2 Équateur 29 18 8 8 2 14 5 9
3 Colombie 28 18 7 7 4 28 18 10
4 Uruguay 28 18 7 7 4 22 12 10
5 Brésil 28 18 8 4 6 24 17 7
6 Paraguay 28 18 7 7 4 14 10 4
7 Bolivie 20 18 6 2 10 17 35 -18
8 Venezuela 18 18 4 6 8 18 28 -10
9 Pérou 12 18 2 6 10 6 21 -15
10 Chili 11 18 2 5 11 9 27 -18

Dans ce peloton Ă  28 points, la Colombie a surtout gagnĂ© une chose: la tranquillitĂ© du classement sans la facilitĂ© des matches. Elle n’est pas passĂ©e en touriste, elle est passĂ©e en Ă©quipe qui a dĂ» produire des rĂ©ponses. Et cette exigence-lĂ , en Coupe du monde, n’est jamais un handicap.

Comment ils jouent

La Colombie version Ă©liminatoires raconte une identitĂ© assez nette, visible dans les marqueurs les plus simples: elle marque beaucoup (28 buts), elle encaisse modĂ©rĂ©ment (18), et elle n’a pas besoin d’un seul scĂ©nario pour exister. On n’est pas face Ă  une sĂ©lection monomaniaque. On est face Ă  une Ă©quipe qui alterne la patience et la fulgurance.

Son premier trait, c’est la capacitĂ© Ă  survivre dans le match fermĂ©. Trois 0-0 (Chili, Équateur, PĂ©rou) ne sont pas des accidents: ce sont des preuves de discipline collective, d’un bloc qui sait refuser le chaos quand le match cherche Ă  l’aspirer. Dans les Ă©liminatoires sud-amĂ©ricaines, oĂč les dĂ©placements sont des expĂ©ditions, sortir deux fois avec un 0-0 (Santiago, Quito) n’est pas un dĂ©tail de calendrier: c’est un signe d’organisation et de contrĂŽle Ă©motionnel.

Son deuxiĂšme trait, c’est une attaque capable de passer de l’efficacitĂ© Ă  l’excĂšs. Le match de MaturĂ­n (6-3) est l’exemple extrĂȘme: six buts Ă  l’extĂ©rieur, cinq inscrits par SuĂĄrez Ă  lui seul, plus un but de Mina et un de CĂłrdoba. Mais la Colombie a aussi montrĂ© qu’elle pouvait faire mal sans devenir folle: 3-0 contre la Bolivie, 4-0 contre le Chili. Quand elle prend l’avantage, elle peut appuyer lĂ  oĂč ça fait mal. Et quand elle se sent en confiance, elle sait transformer un match en pente.

TroisiĂšme trait: la rĂ©partition du but, justement. Il y a une dĂ©pendance Ă©vidente Ă  Luis DĂ­az sur une grande partie de la campagne: but contre le BrĂ©sil (doublĂ©), contre le PĂ©rou, contre l’Argentine Ă  deux reprises (domicile et extĂ©rieur), contre le Paraguay, et mĂȘme au BrĂ©sil. DĂ­az est le fil rouge offensif, l’homme qui revient quand la tension monte. Mais le tableau montre aussi une seconde ligne utile: RodrĂ­guez marque plusieurs fois (Uruguay, Argentine, Bolivie), Quintero pĂšse sur des moments clĂ©s (but en Uruguay, but contre la Bolivie), CĂłrdoba apporte en fin de parcours, et le match au Venezuela rĂ©vĂšle une profondeur de finition avec SuĂĄrez. Cela ne dit pas “tout le monde marque tout le temps”, mais cela indique que la Colombie n’est pas rĂ©duite Ă  une seule solution.

QuatriĂšme trait: une fragilitĂ© spĂ©cifique, rĂ©pĂ©tĂ©e, dans les fins de match Ă  l’extĂ©rieur. Uruguay marque Ă  90+11’ pour gagner 3-2; le BrĂ©sil marque Ă  90+9’ pour gagner 2-1; l’Uruguay arrache aussi un penalty tardif Ă  Barranquilla (2-2, but encaissĂ© Ă  90+1’). Ce motif ne signifie pas que la Colombie “s’écroule”, mais qu’elle vit des fins de rencontres oĂč la gestion des derniĂšres minutes devient une zone critique: discipline, choix de jeu, gestion des transitions et des coups de pied arrĂȘtĂ©s. Dans une Coupe du monde, ce sont prĂ©cisĂ©ment les minutes qui dĂ©cident les groupes.

À cela s’ajoute une lecture plus fine du rythme. La Colombie alterne les phases oĂč elle “garde le match en cage” et celles oĂč elle le lĂąche. Par exemple, contre le Paraguay le 25 mars 2025, elle mĂšne 2-0 trĂšs vite (1’, 13’) et finit Ă  2-2. À Lima, elle souffre puis Ă©galise tard. À Buenos Aires, elle mĂšne et se fait rejoindre. Ce n’est pas forcĂ©ment une faiblesse structurelle; c’est aussi une signature de sĂ©lection: la capacitĂ© Ă  marquer, oui, mais une difficultĂ© Ă  transformer l’avantage en matelas dĂ©finitif.

En rĂ©sumĂ© performance: c’est une Colombie qui produit du but, qui encaisse sans sombrer, mais dont la marge de progression la plus rentable est mentale et gestionnaire. Non pas “mieux jouer”, mais mieux fermer. Non pas “attaquer davantage”, mais choisir quand attaquer.

Le groupe Ă  la Coupe du monde

Le dĂ©cor mondial est posĂ©: Groupe K, et trois rendez-vous trĂšs diffĂ©rents. D’abord l’entrĂ©e contre l’OuzbĂ©kistan, puis un match contre un adversaire issu d’un barrage intercontinental, et enfin un duel face au Portugal. Trois styles possibles, trois rythmes possibles, et surtout un ordre qui compte: bien commencer pour ne pas courir aprĂšs la table, puis sĂ©curiser le deuxiĂšme match, avant d’affronter un poids lourd.

Avant de parler pronostic, un mot sur le “rival par dĂ©finir” du deuxiĂšme match. Le code K2, dans le calendrier, doit ĂȘtre lu ainsi: Rival por definirse, saldrĂĄ del repechaje internacional Llave A: Nueva Caledonia, Jamaica o RepĂșblica DemocrĂĄtica del Congo. La Colombie ne peut pas prĂ©parer un portrait-robot unique de cet adversaire, mais elle peut prĂ©parer un plan de match: imposer son intensitĂ©, Ă©viter de se compliquer la soirĂ©e, et chercher des buts qui comptent parfois double dans les classements de groupe.

Tableau — Les trois matches du Groupe K

Date Stade Ville Rival
17 juin 2026 Stade Azteca Ciudad de México Ouzbékistan
23 juin 2026 Stade Chivas Guadalajara Rival por definirse, saldrĂĄ del repechaje internacional Llave A: Nueva Caledonia, Jamaica o RepĂșblica DemocrĂĄtica del Congo.
27 juin 2026 Hard Rock Stadium Miami Portugal

Match 1 — OuzbĂ©kistan vs Colombie, 17 juin 2026 C’est un match d’ouverture au parfum de piĂšge classique: l’équipe favorite porte l’obligation, l’autre porte la libertĂ©. Pour la Colombie, le plan le plus logique — au vu des Ă©liminatoires — est de viser une victoire “propre”, sans se jeter. Les 0-0 et les 1-0 de la campagne montrent qu’elle sait gagner sans transformer le match en rodĂ©o. Mais ses meilleurs soirs (BrĂ©sil 2-1, Argentine 2-1) montrent aussi qu’elle peut accĂ©lĂ©rer aprĂšs la pause. Si elle parvient Ă  installer ce rythme-lĂ , l’entrĂ©e peut ĂȘtre maĂźtrisĂ©e. Pronostic: gana Colombia.

Match 2 — Colombie vs rival issu du barrage intercontinental, 23 juin 2026 Ici, la Colombie doit regarder moins l’étiquette du rival que la structure du groupe. Un deuxiĂšme match est souvent celui oĂč l’on bascule: soit on se donne une chance de qualification avant la derniĂšre journĂ©e, soit on se met sous pression. La Colombie a prouvĂ© dans les Ă©liminatoires qu’elle pouvait faire exploser un match quand elle sent l’odeur: 4-0, 3-0, 6-3. Mais elle a aussi montrĂ© qu’un avantage rapide peut se dissoudre (2-2 contre le Paraguay aprĂšs 13 minutes de rĂȘve). La mission est simple: imposer, marquer, puis gĂ©rer sans offrir un retour Ă©motionnel Ă  l’adversaire. Pronostic: gana Colombia.

Match 3 — Colombie vs Portugal, 27 juin 2026 Le troisiĂšme match peut ĂȘtre une finale ou un confort. La Colombie arrive avec une carte maĂźtresse: elle a dĂ©jĂ  battu des gĂ©ants sur ce cycle, BrĂ©sil et Argentine, en assumant des matchs Ă  haute tension. Mais elle traĂźne aussi une alerte: les fins de match contre des Ă©quipes capables de frapper tard peuvent la punir, comme l’ont fait Uruguay et BrĂ©sil. Face Ă  un adversaire de ce calibre, la Colombie devra ĂȘtre rigoureuse dans les derniĂšres minutes, et Ă©viter de transformer un match contrĂŽlĂ© en match de transitions incontrĂŽlĂ©es. Pronostic: empate.

Clés de qualification dans ce groupe

  • Gagner l’entrĂ©e pour ne pas installer une pression inutile sur les deux matches suivants.
  • Soigner la diffĂ©rence de buts: la Colombie a montrĂ© qu’elle pouvait faire des Ă©carts, il faut savoir quand appuyer.
  • Verrouiller les fins de match: les buts encaissĂ©s au-delĂ  de 90 minutes ont dĂ©jĂ  coĂ»tĂ© cher en Ă©liminatoires.
  • Miser sur la variĂ©tĂ© de buteurs: ne pas dĂ©pendre d’un seul scĂ©nario offensif.
  • Garder la tĂȘte froide si le match devient “à marge minimale”: la Colombie sait vivre dans ces scores, Ă  elle de les terminer.

Opinion éditoriale

La Colombie arrive au Mondial avec une qualitĂ© rare: elle sait gagner de plusieurs maniĂšres. Elle peut faire 1-0 et dormir dessus, elle peut faire 2-1 et survivre Ă  la tempĂȘte, elle peut faire 4-0 et transformer un match en dĂ©monstration, et elle peut mĂȘme gagner 6-3 quand le football dĂ©cide de partir en cavale. Beaucoup d’équipes n’ont qu’un costume; celle-ci a plusieurs vestes dans le placard. C’est un avantage Ă©norme dans une phase de groupes oĂč l’on ne rencontre jamais deux fois la mĂȘme mĂ©tĂ©o.

Mais il y a un prix Ă  payer: une Ă©quipe qui sait ouvrir les matches doit aussi savoir les fermer. Les Ă©liminatoires ont laissĂ© des cicatrices trĂšs prĂ©cises, et elles ne sont pas abstraites. Elles ont une minute et un lieu: 90+11’ Ă  Montevideo, 90+9’ Ă  Brasilia, 90+1’ contre l’Uruguay Ă  Barranquilla. Ce sont des instants oĂč la Colombie a perdu le contrĂŽle du rĂ©cit, oĂč le match lui a Ă©chappĂ© par une fissure. En Coupe du monde, ces fissures deviennent des portes.

La conclusion, elle, se raconte en une image: la Colombie est une sĂ©lection qui peut Ă©crire des chapitres flamboyants, mais qui doit relire ses derniĂšres lignes. Si elle veut passer un groupe comme le K avec la sĂ©rĂ©nitĂ© des Ă©quipes majeures, elle doit faire de ses fins de match un territoire sĂ»r, pas un terrain glissant. L’avertissement est simple et concret, ancrĂ© dans un souvenir: Uruguay–Colombie 3-2, but encaissĂ© Ă  90+11’. À ce niveau, ce n’est pas “un dĂ©tail”. C’est un destin.