Jordanie - Grupo J

Les Nashama à visage découvert: la Jordanie arrive au Mondial avec du cran et des chiffres

🇯🇴🔥 Les Nashama à visage découvert: la Jordanie arrive au Mondial avec du cran et des chiffres

Une trajectoire faite de buts, de nerfs solides et d’une idée simple: rester vivant jusqu’à la dernière minute.

Introduction

Il y a des sélections qui se présentent avec des slogans. Et puis il y a celles qui arrivent avec une habitude: ne jamais lâcher. La Jordanie, dans ces qualifications, a parfois donné l’impression d’être ce coureur qui reste dans la roue, qui encaisse, qui attend sa fenêtre… et qui, quand la course bascule, trouve encore une respiration en plus. L’image est nette: le 16 novembre 2023 à Douchanbé, mené et au bord d’un faux pas, le but tombe à 90+3’. Un match nul arraché, 1-1 contre le Tadjikistan, comme une signature.

Ce n’est pas une histoire de romantisme. C’est une histoire de détails. Et chez les Nashama, les détails prennent souvent la forme d’un penalty tardif concédé, d’un but planté sur une accélération, d’un match qui se verrouille à l’extérieur. Il y a eu des soirs plus rugueux, aussi: la défaite 0-2 contre l’Arabie saoudite le 21 novembre 2023 à Amman, sans appel dans le score, avec ce sentiment que la moindre hésitation se paye cash. Et il y a eu des soirées où le tableau s’ouvre comme une porte: le 26 mars 2024, 7-0 contre le Pakistan, une avalanche au stade international d’Amman.

Puis vient la partie la plus instructive: la troisième phase, celle qui ne pardonne pas l’irrégularité. Là, la Jordanie a alterné les matchs serrés et les claques posées sur la table. Un 0-0 à Bassorah contre l’Irak le 14 novembre 2024, une partition contrôlée. Un 1-1 à l’extérieur en Corée du Sud le 25 mars 2025, preuve qu’elle peut survivre au scénario défavorable (but encaissé à la 5e minute, égalisation à la 30e). Et, à l’opposé, un 0-3 à Mascate contre Oman le 5 juin 2025: triplé d’Olwan, dont un penalty à 45+7’, ce but au pire moment pour l’adversaire, au meilleur pour le visiteur.

Les chiffres, eux, racontent une sélection qui avance sans bruit mais sans complexe. Deuxième tour: première place du groupe G, 13 points en 6 matchs, 16 buts marqués, 4 encaissés, différence de +12. Troisième tour: deuxième du groupe B avec 16 points en 10 matchs, 16 buts pour, 8 contre, +8. Ce n’est pas l’ivresse d’une machine à marquer à chaque sortie, mais c’est une courbe stable: une attaque capable de gros volumes quand le match s’ouvre, et une défense qui, globalement, maintient l’équipe dans la zone respirable.

Il y a aussi des moments-bisagra, ces virages où une qualification se forge plus dans la tête que dans les jambes. Le 11 juin 2024 à Riyad, gagner 2-1 en Arabie saoudite, c’est un statement: encaisser tôt (16’), répondre (27’) et frapper juste avant la pause (45+2’). Le 10 octobre 2024, perdre 0-2 à domicile contre la Corée du Sud, c’est une alerte: le niveau supérieur se paie en précision et en gestion des temps faibles. Et le 10 juin 2025, dernier match de la campagne du troisième tour, 0-1 contre l’Irak à Amman (but à la 77’): c’est la piqûre, celle qui rappelle qu’une trajectoire solide peut se jouer sur un ballon, une zone mal défendue, un moment d’inattention.

La Jordanie arrive donc avec une identité de qualification: marquer quand il faut, résister quand il faut, et accepter que certains matchs se gagnent à la patience. Au Mondial, ce genre de sélection n’est jamais un figurant confortable pour les autres: elle n’offre pas de cadeau, et elle sait transformer une partie ordinaire en match nerveux.

Le chemin des éliminatoires

Le parcours jordanien, tel que le racontent les données, s’organise en deux étages distincts: un deuxième tour (groupe G) puis un troisième tour (groupe B). Sur le plan narratif, c’est presque deux équipes dans une seule campagne: d’abord celle qui doit faire le boulot, ensuite celle qui doit tenir la distance contre des adversaires plus constants et plus armés.

Au deuxième tour, la Jordanie termine en tête du groupe G avec 13 points, à égalité de points avec l’Arabie saoudite mais devant au classement. Le bilan brut est propre: 6 matchs, 4 victoires, 1 nul, 1 défaite, 16 buts marqués, 4 encaissés. Ce +12 n’est pas un détail: il dit la capacité à faire très mal contre les équipes du bas de tableau, sans pour autant perdre toute discipline. Le 21 mars 2024 (0-3 au Pakistan) puis le 26 mars 2024 (7-0 contre le Pakistan) résument cette dynamique: quand la Jordanie prend l’avantage tôt, elle peut transformer la soirée en exercice offensif.

Dans ce groupe G, l’Arabie saoudite a été le point de référence immédiat: même total de points (13), une différence de buts plus courte (+9). Et la Jordanie a vécu le face-à-face en deux chapitres: une défaite 0-2 à domicile le 21 novembre 2023, puis une victoire 2-1 à l’extérieur le 11 juin 2024. Cette alternance est précieuse à analyser: elle montre que la Jordanie n’a pas seulement profité de matchs “à gagner”, elle a aussi su se relever contre l’adversaire le plus crédible du groupe.

Le troisième tour, lui, change la texture des matchs. La Jordanie y finit deuxième avec 16 points en 10 rencontres: 4 victoires, 4 nuls, 2 défaites. Elle marque 16 buts et n’en concède que 8. Cette moyenne (1,6 but marqué par match, 0,8 encaissé) raconte une équipe plutôt équilibrée, mais surtout une équipe qui sait vivre dans des scores contrôlés. Dans la même table, l’Irak suit à 15 points, avec une différence de buts neutre (9 marqués, 9 encaissés). Autrement dit: une seule unité sépare la Jordanie d’une sélection qui a mieux su accrocher des résultats “fonctionnels”, mais moins bien su capitaliser sur ses temps forts offensifs.

Il faut aussi noter l’ombre portée de la Corée du Sud, première avec 22 points et invaincue (6 victoires, 4 nuls). La Jordanie n’a pas réussi à gagner le duel direct: défaite 0-2 à Amman le 10 octobre 2024, nul 1-1 à Suwon le 25 mars 2025. Mais elle a prouvé qu’elle peut exister dans un match où l’adversaire ouvre le score très tôt. Ce 1-1, avec un but encaissé à la 5e puis un retour à la 30e, est typiquement un match de qualification: rester calme, rester dans le plan, attendre le moment où l’adversaire cesse de tuer la rencontre.

Ce qui dessine le chemin, ce n’est pas seulement le classement, c’est la manière de distribuer les points. La Jordanie a beaucoup produit à domicile (gros score contre Oman, 4-0 le 15 octobre 2024; victoire 3-1 contre la Palestine le 20 mars 2025), mais a aussi pris des résultats utiles à l’extérieur: 0-0 en Irak, 1-1 en Corée du Sud, 3-0 à Oman. Le revers, c’est que les deux défaites du troisième tour ont eu une saveur particulière: un 0-2 à domicile contre la Corée du Sud, et un 0-1 à domicile contre l’Irak le 10 juin 2025. Perdre à la maison dans une phase aussi serrée, c’est la note qui reste dans le carnet, celle qui rappelle que la marge est mince.

Et pourtant, sur l’ensemble, le bilan donne une sélection qui progresse par accumulation: elle sait gagner large quand elle le peut, elle sait faire match nul quand il le faut, et elle concède rarement des défaites en cascade. Elle se trompe, oui. Mais elle ne s’effondre pas.

Tableau 1: Partidos de la Jordanie en qualifications

Date Phase Groupe Journée Adversaire Condition Résultat Buteurs Stade
16 novembre 2023 Deuxième tour G Tadjikistan Extérieur 1:1 Tadjikistan: Samiev 89'. Jordanie: Al-Naimat 90+3'. Stade Pamir, Dusambé
21 novembre 2023 Deuxième tour G Arabie saoudite Domicile 0:2 Arabie saoudite: Al-Shehri 8', 30'. Stade Internacional, Amán
21 mars 2024 Deuxième tour G Pakistan Extérieur 0:3 Jordanie: Al-Tamari 2', 86', Olwan 9' pen. Stade Jinnah Sports, Islamabad
26 mars 2024 Deuxième tour G Pakistan Domicile 7:0 Jordanie: Al-Taamari 15', 62', 79', Al-Naimat 28', Al-Rosan 52', Olwan 75', Abu Zraiq 83' Stade Internacional, Amán
6 juin 2024 Deuxième tour G Tadjikistan Domicile 3:0 Jordanie: Olwan 51', Al-Naimat 68', Sadeh 90+4' Stade Internacional, Amán
11 juin 2024 Deuxième tour G Arabie saoudite Extérieur 1:2 Arabie saoudite: Lajami 16'. Jordanie: Olwan 27', Al-Rawabdeh 45+2' Stade KSU, Riad
5 septembre 2024 Troisième tour B 1 Koweït Domicile 1-1 Jordanie: Al-Tamari 14'; Koweït: Al-Sulaiman 90+2' pen. Stade Internacional, Amán
10 septembre 2024 Troisième tour B 2 Palestine Extérieur 1-3 Palestine: Ali 41'; Jordanie: Al-Naimat 5', 50', Al-Rawabdeh 72' Stade Kuala Lumpur, Kuala Lumpur
10 octobre 2024 Troisième tour B 3 Corée du Sud Domicile 0-2 Corée du Sud: Lee Jae-sung 38', Oh Hyeon-gyu 68' Stade Internacional, Amán
15 octobre 2024 Troisième tour B 4 Oman Domicile 4-0 Jordanie: Al-Naimat 26', 54', Olwan 49' pen., 87' Stade Internacional, Amán
14 novembre 2024 Troisième tour B 5 Irak Extérieur 0-0 Stade Internacional, Basora
19 novembre 2024 Troisième tour B 6 Koweït Extérieur 1-1 Koweït: Daham 68'; Jordanie: Al-Naimat 21' Stade Internacional Jaber Al-Ahmad, Kuwait
20 mars 2025 Troisième tour B 7 Palestine Domicile 3-1 Jordanie: Al-Arab 3', Nasib 11', Al-Tamari 45+3'; Palestine: Seyam 33' Stade Internacional, Amán
25 mars 2025 Troisième tour B 8 Corée du Sud Extérieur 1-1 Corée du Sud: Lee Jae-sung 5'; Jordanie: Al-Mardi 30' Stade Mundialista, Suwon
5 juin 2025 Troisième tour B 9 Oman Extérieur 0-3 Jordanie: Olwan 45+7' pen., 51', 64' Complejo Deportivo del Sultán Qaboos, Mascate
10 juin 2025 Troisième tour B 10 Irak Domicile 0-1 Irak: Jassim 77' Stade Internacional, Amán

Tableau 2: Tables de positions

Tableau 2.1: Deuxième tour, groupe G

Pos. Équipe Pts. MJ G N P BP BC Diff.
1 Jordanie 13 6 4 1 1 16 4 +12
2 Arabie saoudite 13 6 4 1 1 12 3 +9
3 Tadjikistan 8 6 2 2 2 11 7 +4
4 Pakistan 0 6 0 0 6 1 26 -25

Tableau 2.2: Troisième tour, groupe B

Pos. Équipe Pts. MJ G N P BP BC Diff.
1 Corée du Sud 22 10 6 4 0 20 7 +13
2 Jordanie 16 10 4 4 2 16 8 +8
3 Irak 15 10 4 3 3 9 9 0
4 Oman 11 10 3 2 5 9 14 -5
5 Palestine 10 10 2 4 4 10 13 -3
6 Koweït 5 10 0 5 5 7 20 -13

La lecture de ces tables donne une conclusion simple: la Jordanie s’est installée dans la zone “qualif” par la constance plus que par la domination. Dans le groupe B du troisième tour, elle finit avec seulement un point d’avance sur l’Irak: c’est un écart de gestion, pas un écart de talent affiché sur dix matchs. La différence de buts (+8 contre 0) fait office de marqueur: la Jordanie a su transformer certaines soirées en victoires nettes (4-0, 0-3), quand l’Irak a davantage navigué dans des scores courts.

Si l’on segmente la campagne du troisième tour, une autre vérité apparaît: la Jordanie perd peu, mais elle concède des nuls qui coûtent. Quatre matchs nuls en dix rencontres, dont deux fois 1-1 contre le Koweït (à domicile puis à l’extérieur). Dans une course où la Corée du Sud file sans défaite, ces points laissés sur la route ressemblent à des opportunités manquées. À l’inverse, le 3-1 contre la Palestine (20 mars 2025) et le 0-3 à Oman (5 juin 2025) sont des matchs “d’air”: ceux qui donnent de la marge, ceux qui rendent le classement respirable.

Enfin, il faut noter un trait mental qui revient: les buts tardifs, dans les deux sens. La Jordanie marque à 90+3’ contre le Tadjikistan, elle encaisse à 90+2’ sur penalty contre le Koweït. Dans ces campagnes, ce n’est jamais anecdotique: c’est là que se jouent des bascules d’humeur, et parfois des bascules de destin.

Comment ils jouent

Ce que dit cette Jordanie-là, ce n’est pas d’abord une forme tactique dessinée au tableau. Les données racontent plutôt un tempérament de match: une équipe qui accepte les rencontres à petit score, mais qui sait aussi accélérer brutalement quand l’adversaire cède.

Premier indicateur: la défense. Sur le deuxième tour, 4 buts encaissés en 6 matchs. Sur le troisième tour, 8 encaissés en 10 matchs. Sur l’ensemble des matchs listés (16 rencontres), cela fait 12 buts encaissés: moins d’un but par match. Et ce n’est pas seulement une moyenne masquée par des goleadas: il y a des clean sheets marquantes (3-0 contre le Tadjikistan, 7-0 contre le Pakistan, 4-0 contre Oman, 0-3 à Oman) et un 0-0 en Irak. La Jordanie sait fermer la porte, surtout quand le match exige de la discipline.

Deuxième indicateur: la gestion des scénarios. Quand elle ouvre le score tôt, elle a tendance à prendre le contrôle émotionnel. Exemple clair: 21 mars 2024 au Pakistan, but à la 2e minute, puis 0-3 final. Exemple au troisième tour: contre la Palestine le 20 mars 2025, 2-0 dès la 11e minute, puis 3-1. À l’inverse, quand elle encaisse vite, elle ne disparaît pas: en Corée du Sud, but encaissé à la 5e, égalisation à la 30e, 1-1 final. Ce profil indique une équipe capable de rester dans son match, sans s’ouvrir de manière suicidaire.

Troisième indicateur: l’attaque n’est pas monotone, même si quelques noms reviennent comme des refrains. Al-Tamari apparaît à répétition (triplé au Pakistan, but contre le Koweït, but contre la Palestine), Al-Naimat aussi (doublé contre la Palestine à l’extérieur, doublé contre Oman, but tardif contre le Tadjikistan). Olwan, lui, est une clé de volume: penaltys compris, il signe des doublés et un triplé, et il marque dans des matchs-pivots (2-1 en Arabie saoudite, 4-0 contre Oman, 0-3 à Oman). Le fait que des buts viennent aussi de joueurs comme Al-Rawabdeh, Al-Mardi, Sadeh, Nasib ou Al-Arab suggère une sélection qui ne vit pas uniquement d’un seul buteur, même si sa production est fortement portée par un noyau.

Quatrième indicateur: la Jordanie aime les matchs qui basculent sur un moment, parfois tard. On le voit à la fois en attaque (90+3’ contre le Tadjikistan; 45+2’ en Arabie saoudite; 45+7’ à Oman) et en défense (90+2’ concédé contre le Koweït). Cette relation avec les fins de mi-temps n’est pas qu’un détail statistique: elle raconte une équipe attentive aux instants de relâchement, mais pas imperméable aux erreurs de concentration. Au Mondial, où le moindre but peut décider d’un classement, c’est une zone à surveiller.

Enfin, il y a la vulnérabilité la plus lisible: les matchs où la Jordanie ne marque pas. Elle perd 0-2 contre la Corée du Sud, 0-1 contre l’Irak; elle fait 0-0 contre l’Irak. Quand le premier but ne vient pas, ou quand l’adversaire verrouille l’axe, la Jordanie peut s’installer dans un match où elle manque de plan B chiffré. Ce n’est pas une condamnation: c’est une alerte de performance. Dans ce type de tournoi, savoir gratter un but “sale” peut être aussi précieux que savoir gagner 4-0.

Le groupe à la Coupe du monde

Le Mondial place la Jordanie dans le groupe J, avec un calendrier qui raconte déjà une histoire: deux matchs à San Francisco, puis un dernier rendez-vous à Dallas. Trois décors, mais surtout trois tests de nature différente: commencer contre l’Autriche, enchaîner contre l’Algérie, terminer contre l’Argentine.

Il y a un avantage discret dans cet ordre: la Jordanie n’est pas obligée de vivre son match le plus exposé dès l’ouverture. Commencer face à l’Autriche peut permettre une entrée dans le tournoi sur un match à structure, où la Jordanie sait exister si la partie reste dans des scores courts. Ensuite, l’Algérie, match de transition potentielle: selon le scénario du groupe, cela peut devenir soit une finale pour rester dans la course, soit un match à gérer avec une certaine prudence. Et enfin l’Argentine, un match qui, souvent, se joue aussi dans la tête: ne pas se laisser sortir du tournoi avant même le coup d’envoi.

Le paramètre géographique n’est pas neutre: enchaîner deux matchs au Levi’s Stadium à San Francisco peut aider la logistique, les repères, la routine. Dans une compétition où l’énergie mentale s’use vite, réduire les variables hors terrain est parfois un petit bonus. Ensuite, changement de cadre au AT&T Stadium de Dallas: troisième match, celui où les groupes se résument souvent à des calculs simples. La Jordanie, qui a vécu une campagne de qualification au bord de l’égalité sur plusieurs points clés, sait ce que veut dire jouer avec une pression de classement.

Ce groupe J invite surtout à une question: quel type de Jordanie verra-t-on, celle des matchs verrouillés ou celle des matchs qui se déchaînent? Les indices de qualification donnent une direction: elle doit essayer de transformer les rencontres en partitions serrées, là où son taux de buts encaissés reste bas. Mais elle doit aussi conserver une capacité d’agression sur des séquences: ses grands résultats (7-0, 4-0, 0-3) montrent que, quand elle trouve un rythme, elle peut punir. Le Mondial, lui, donne rarement autant d’espace. Il faudra donc gagner en efficacité: peu d’occasions, mais des occasions converties.

Tableau: Calendrier de la Jordanie, groupe J

Date Stade Ville Rival
16 juin 2026 Levi's Stadium San Francisco Autriche
22 juin 2026 Levi's Stadium San Francisco Algérie
27 juin 2026 AT&T Stadium Dallas Argentine

Match 1: Autriche vs Jordanie, 16 juin 2026 Le premier match d’un tournoi est souvent un piège: soit on veut trop, soit on n’ose pas assez. Pour la Jordanie, le scénario le plus “cohérent” avec ses qualifications serait un match de patience, où l’objectif est de rester au contact jusque tard. Les Nashama ont montré qu’ils pouvaient tenir des scores contrôlés et frapper sur des instants (buts juste avant la pause, buts très tardifs). Pronostic: match nul.

Match 2: Jordanie vs Algérie, 22 juin 2026 Deuxième match, même stade, une chance de stabiliser la dynamique. La Jordanie a montré qu’elle peut produire des séries offensives quand elle prend confiance et quand elle marque tôt. L’idée, ici, serait de chercher un but en première période pour forcer l’adversaire à s’ouvrir. Mais prudence: si le match reste bloqué, la Jordanie doit éviter le faux pas d’un penalty concédé dans le temps additionnel, comme contre le Koweït (90+2’). Pronostic: gagne la Jordanie.

Match 3: Jordanie vs Argentine, 27 juin 2026 Dernier match, changement de ville, et un adversaire qui impose souvent une densité technique difficile à absorber. La Jordanie devra s’accrocher à ses fondamentaux: ne pas se désunir, accepter de défendre bas si nécessaire, et rester dangereuse sur quelques séquences. Mais sur la simple logique de confrontation, et sans inventer de détails sur l’adversaire, le match ressemble à une soirée où la Jordanie devra jouer proche de la perfection. Pronostic: gagne l’Argentine.

Clés de qualification dans le groupe J:

  • Garder le match “vivant” jusqu’aux 20 dernières minutes, là où la Jordanie a souvent trouvé des buts décisifs ou des égalisations.
  • Éviter les fautes inutiles en fin de match: les buts concédés très tard ont déjà coûté des points.
  • Marquer en premier: les meilleurs résultats jordaniens arrivent souvent quand le score s’ouvre tôt en sa faveur.
  • Protéger la maison à San Francisco: deux matchs au même stade, deux opportunités de construire un socle de points.

Opinion éditoriale

La Jordanie ne vient pas au Mondial pour jouer les figurants polis. Elle vient avec une vérité très qualification: elle sait survivre. Et survivre, dans un groupe, c’est parfois la compétence la plus rare. Les Nashama ont prouvé qu’ils pouvaient encaisser un coup, rester debout, et répondre avec un but qui arrive au moment où l’adversaire commence à se projeter vers la victoire. Ce n’est pas toujours beau, mais c’est souvent utile.

Le piège, c’est de croire que cette résilience suffit à elle seule. Le niveau supérieur ne pardonne pas les matchs sans but. La Jordanie a perdu 0-2 contre la Corée du Sud et 0-1 contre l’Irak; elle a fait 0-0 à Bassorah. Ces lignes-là ne sont pas des accidents isolés: elles dessinent la frontière entre “tenir” et “prendre”. Pour franchir la frontière, il faudra convertir les petits temps forts, pas seulement les traverser.

Et s’il fallait garder une alerte concrète en tête, ce serait celle du 10 juin 2025, à Amman contre l’Irak: un match qui semblait pouvoir basculer sur un détail, et qui finit par se perdre sur un but à la 77e minute. Au Mondial, ce type de minute n’est pas un simple passage du temps: c’est l’endroit précis où les rêves se durcissent, où les groupes se tranchent. La Jordanie a les outils pour être dans la discussion. La question, au fond, est simple: saura-t-elle transformer ses matchs serrés en points, et ses points en histoire?