Cap-Vert - Grupo H
Cap-Vert đšđ»đ„ une Ăźle en tĂȘte, un groupe en vue, et le goĂ»t du Mundial
Cap-Vert a gagné sa place avec des scores courts et des nerfs longs, et arrive au Mondial avec une identité simple, mais déjà solide.
Introduction
Le Cap-Vert nâa pas dĂ©barquĂ© en fanfare: il est arrivĂ© Ă pas feutrĂ©s, comme une Ă©quipe qui nâa pas besoin de crier pour exister. Une pelouse de Praia, un vent dâAtlantique, et cette maniĂšre dâenchaĂźner les matches sans se disperser. On a vu une sĂ©lection qui sâĂ©crit au stylo, pas au pinceau: des lignes nettes, des rĂ©sultats propres, une progression sans zigzags inutiles.
Le rĂ©cit commence presque comme un prologue: 0-0 contre lâAngola, le 16 novembre 2023, Ă lâEstĂĄdio Nacional de Praia. Rien dâexplosif, mais dĂ©jĂ un indice: le Cap-Vert ne se livre pas gratuitement. Cinq jours plus tard, le 21 novembre 2023, il voyage et gagne 2-0 contre lâEswatini, avec Mendes (17â) puis Monteiro (38â). Deux buts, aucune panique, et une idĂ©e qui sâinstalle: quand lâoccasion se prĂ©sente, il faut frapper vite, puis tenir.
La route nâa pas Ă©tĂ© une promenade. Le 8 juin 2024, Ă YaoundĂ©, le Cap-Vert prend une vague: Cameroun 4-1 Cap-Vert. Un match qui ressemble Ă une gifle utile, parce quâil oblige Ă se repositionner. La rĂ©ponse arrive vite, trois jours plus tard, le 11 juin 2024: victoire 1-0 contre la Libye, but de Diney (10â). Dans ce genre de sĂ©quence, on reconnaĂźt les Ă©quipes qui apprennent: elles transforment une dĂ©faite lourde en discipline.
Et puis il y a les matches-bascule, ceux qui redessinent une campagne. Le 25 mars 2025, Ă Luanda, Angola 1-2 Cap-Vert: Gelson Dala rĂ©pond, mais Livramento marque avant la pause (45+2â) puis remet ça (63â). Une victoire Ă lâextĂ©rieur qui vaut plus que trois points: elle donne du relief, de la crĂ©dibilitĂ©, et une sensation dâĂ©quipe qui sait vivre loin de ses repĂšres.
Au bout des dix journĂ©es, le Cap-Vert termine premier du groupe D avec 23 points en 10 matches, bilan de 7 victoires, 2 nuls, 1 dĂ©faite. Il marque 16 buts, en encaisse 8, pour une diffĂ©rence de +8. Ce nâest pas une machine Ă coups dâĂ©clat: câest une sĂ©lection qui gagne souvent, et qui concĂšde rarement lâessentiel. Dans les chiffres, câest dĂ©jĂ un style.
Si on devait rĂ©sumer son parfum compĂ©titif: peu de matches qui sâouvrent trop, beaucoup de matches qui se verrouillent au bon moment. La campagne contient des signatures claires: une sĂ©rie de 1-0 Ă domicile, une capacitĂ© Ă gagner 2-0 en dĂ©placement, et une aptitude Ă rĂ©pondre aprĂšs un accident. Ă ce stade, ce nâest plus un conte exotique: câest un dossier sĂ©rieux.
Le chemin des éliminatoires
Le cadre est simple: dans ce groupe D, dix journées pour départager six équipes. Le Cap-Vert a construit sa premiÚre place avec une régularité de métronome, pendant que ses poursuivants alternaient les demi-victoires, les nuls confortables et les frustrations. Dans ce type de groupe, la différence se fait souvent sur deux détails: savoir gagner les matches serrés, et ne pas offrir de points quand tout se complique.
La lecture de la table est un bon point de dĂ©part. Le Cap-Vert finit Ă 23 points, devant le Cameroun Ă 19, puis la Libye Ă 16. LâAngola suit Ă 12, tandis que Maurice (6) et lâEswatini (3) ferment la marche. Les chiffres disent beaucoup: le Cameroun a la meilleure diffĂ©rence de buts (+12) avec 17 marquĂ©s et 5 encaissĂ©s, mais il reste derriĂšre au classement. Traduction: le Cap-Vert a mieux rentabilisĂ© ses moments dĂ©cisifs, lĂ oĂč la campagne se gagne rĂ©ellement.
Le cĆur de la campagne capverdienne, câest lâart du match sous contrĂŽle. Sept victoires sur dix: ce nâest pas seulement âgagner souventâ, câest âgagner suffisammentâ pour ne jamais dĂ©pendre dâune derniĂšre journĂ©e sous tension. Deux nuls: lâun au dĂ©part (0-0 contre lâAngola), lâautre plus tard (3-3 en Libye, le 8 octobre 2025) dans un scĂ©nario beaucoup plus agitĂ©. Une seule dĂ©faite, et elle est nette (4-1 Ă YaoundĂ©). Ce contraste entre la lourde dĂ©faite unique et la sĂ©rie de victoires courtes autour est une clĂ©: lâĂ©quipe perd rarement, mais quand elle perd, câest quâelle a Ă©tĂ© sortie de son script.
Ă domicile, le Cap-Vert a fait de Praia un atelier de points. Quatre victoires et un nul: 0-0 contre lâAngola, puis 1-0 contre la Libye, 1-0 contre Maurice, 1-0 contre le Cameroun, 3-0 contre lâEswatini. Total: 6 buts marquĂ©s, 0 encaissĂ© Ă domicile sur ces cinq matches. Ce chiffre-lĂ raconte une identitĂ©: si vous venez Ă Praia, il faudra marquer le premier⊠et ce nâest pas arrivĂ© sur la campagne.
Ă lâextĂ©rieur, il y a plus de variations, mais le rendement reste trĂšs haut: trois victoires (Eswatini 0-2, Angola 1-2, Maurice 0-2), un nul spectaculaire (Libye 3-3), et une dĂ©faite (Cameroun 4-1). Bilan extĂ©rieur: 9 buts marquĂ©s, 8 encaissĂ©s. Câest Ă lâextĂ©rieur que le Cap-Vert a concĂ©dĂ© la quasi-totalitĂ© de ses buts, ce qui est logique; lâimportant est ailleurs: il a su y gagner trois fois, et surtout gagner chez des adversaires directs comme lâAngola.
Le match du 9 septembre 2025, Cap-Vert 1-0 Cameroun, est une autre charniĂšre. Pas seulement parce quâil sâagit dâun concurrent direct: câest un miroir tendu Ă la lourde dĂ©faite de YaoundĂ©. On voit une sĂ©lection qui a retenu la leçon: au lieu de courir aprĂšs le match, elle le fait venir Ă elle. Livramento marque Ă la 54e, puis le Cap-Vert ferme la porte. Une victoire qui a le parfum des Ă©quipes pragmatiques: un but, une soirĂ©e, trois points.
Et puis il y a le 8 octobre 2025 Ă Tripoli: Libye 3-3 Cap-Vert. But contre son camp de Lopes (1â), puis le match sâenflamme. Le Cap-Vert marque trois fois (Arcanjo 29â, Cabral 76â, W. Semedo 82â), mais encaisse aussi trois. Câest lâexception dans la campagne: un match sans frein. Ce nul sert dâalerte utile: quand le match sort du cadre, le Cap-Vert sait attaquer, mais il doit encore apprendre Ă Ă©teindre lâincendie plus tĂŽt.
Table 1 â Matches du Cap-Vert
| Date | Groupe | Journée | Adversaire | Condition | Résultat | Buteurs | Stade et ville |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 16 novembre 2023 | D | 1 | Angola | Domicile | 0-0 | Stade Nacional, Praia | |
| 21 novembre 2023 | D | 2 | Eswatini | ExtĂ©rieur | 0-2 | Mendes 17â, Monteiro 38â | Stade Mbombela, Mbombela |
| 8 juin 2024 | D | 3 | Cameroun | ExtĂ©rieur | 4-1 | Monteiro 37â | Stade Ahmadou Ahidjo, YaoundĂ© |
| 11 juin 2024 | D | 4 | Libye | Domicile | 1-0 | Diney 10â | Stade Nacional, Praia |
| 20 mars 2025 | D | 5 | Maurice | Domicile | 1-0 | Y. Semedo 84â | Stade Nacional, Praia |
| 25 mars 2025 | D | 6 | Angola | ExtĂ©rieur | 1-2 | Livramento 45+2â, 63â | Stade 11 de Noviembre, Luanda |
| 4 septembre 2025 | D | 7 | Maurice | ExtĂ©rieur | 0-2 | Jovane 22â, Diney 70â | CĂŽte d'Or National Sports Complex, Saint Pierre |
| 9 septembre 2025 | D | 8 | Cameroun | Domicile | 1-0 | Livramento 54â | Stade Nacional, Praia |
| 8 octobre 2025 | D | 9 | Libye | ExtĂ©rieur | 3-3 | Arcanjo 29â, Cabral 76â, W. Semedo 82â | Stade Internacional, TrĂpoli |
| 13 octobre 2025 | D | 10 | Eswatini | Domicile | 3-0 | Livramento 48â, W. Semedo 54â, StopĂra 90+1â | Stade Nacional, Praia |
Table 2 â Classement du groupe D
| Pos | Ăquipe | Pts | MJ | V | N | D | BP | BC | Diff |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Cap-Vert | 23 | 10 | 7 | 2 | 1 | 16 | 8 | +8 |
| 2 | Cameroun | 19 | 10 | 5 | 4 | 1 | 17 | 5 | +12 |
| 3 | Libye | 16 | 10 | 4 | 4 | 2 | 12 | 10 | +2 |
| 4 | Angola | 12 | 10 | 2 | 6 | 2 | 9 | 8 | +1 |
| 5 | Maurice | 6 | 10 | 1 | 3 | 6 | 7 | 17 | â10 |
| 6 | Eswatini | 3 | 10 | 0 | 3 | 7 | 6 | 19 | â13 |
Ce classement dessine une histoire de marges. Le Cap-Vert finit devant le Cameroun malgrĂ© une diffĂ©rence de buts infĂ©rieure, ce qui indique une efficacitĂ© dans les matches qui comptent: ces 1-0 Ă rĂ©pĂ©tition Ă domicile valent de lâor. La Libye, troisiĂšme, a une diffĂ©rence positive mais limitĂ©e, et lĂąche des points dans des matches oĂč le Cap-Vert, lui, a su rester clinique. LâAngola, avec six nuls, donne lâimpression dâune Ă©quipe qui rĂ©siste mais ne conclut pas; le Cap-Vert, au contraire, conclut.
Au rayon des segments chiffrĂ©s, il y a une statistique qui claque: cinq matches Ă domicile, zĂ©ro but encaissĂ©. Et une autre qui dit la nature du Cap-Vert: sur sept victoires, quatre sont des 1-0. Câest une Ă©quipe qui sait jouer sur le fil, sans se consumer. Elle ne cherche pas forcĂ©ment Ă Ă©craser: elle cherche Ă gagner, et Ă garder lâĂ©quilibre du match.
Dernier point: les buts marquĂ©s ne sont pas concentrĂ©s sur un seul match. Oui, il y a un 3-0 contre lâEswatini, mais la majoritĂ© vient dâune production rĂ©guliĂšre: deux buts ici (Eswatini, Maurice Ă lâextĂ©rieur), un but lĂ (Libye, Maurice Ă domicile, Cameroun), et une soirĂ©e plus ouverte (3-3 en Libye). Câest la signature dâun collectif qui ne vit pas dâun seul feu dâartifice.
Comment ils jouent
Le Cap-Vert de cette campagne nâest pas une Ă©quipe de folklore offensif: câest une Ă©quipe de gestion. La preuve est dans la distribution des scores. Quand une sĂ©lection gagne quatre fois 1-0 sur sept victoires, elle montre un trait central: elle prĂ©fĂšre sĂ©curiser lâavantage plutĂŽt que de le multiplier. Cela implique une certaine discipline: savoir quand accĂ©lĂ©rer, et surtout savoir quand ne pas se dĂ©couvrir.
Le âtempoâ de ses matches est souvent celui dâun rideau qui se baisse progressivement. Regardez les buteurs et les minutes: Diney marque tĂŽt contre la Libye (10â), ce qui permet de verrouiller; Y. Semedo marque tard contre Maurice (84â), signe dâune Ă©quipe qui continue de pousser sans paniquer; Livramento marque Ă la 54e contre le Cameroun, comme un coup portĂ© au milieu du second acte, au moment oĂč beaucoup dâĂ©quipes se dĂ©sorganisent. Le Cap-Vert semble Ă lâaise dans les matches oĂč il faut attendre son moment.
En chiffres bruts, lâĂ©quipe termine avec 16 buts marquĂ©s et 8 encaissĂ©s en 10 matches. On est sur une moyenne de 1,6 but marquĂ© par match et 0,8 encaissĂ©. Ce nâest pas un profil de domination permanente, mais un profil de contrĂŽle global: marquer suffisamment, concĂ©der peu. Et Ă domicile, câest encore plus tranchant: 6 buts marquĂ©s, 0 encaissĂ©. Le match se joue alors dans une logique claire: si le Cap-Vert marque, il devient trĂšs difficile Ă renverser.
Le partage du but est un autre indice de santĂ© collective. Livramento apparaĂźt comme une figure centrale sur la phase retour: doublĂ© en Angola, but contre le Cameroun, but contre lâEswatini. Diney marque contre la Libye et contre Maurice Ă lâextĂ©rieur. W. Semedo apparaĂźt dans les matches qui basculent en seconde pĂ©riode (but en Libye, but contre lâEswatini). Monteiro marque mĂȘme dans la lourde dĂ©faite au Cameroun, preuve que lâĂ©quipe peut trouver un but mĂȘme quand elle souffre. Sans entrer dans une lecture tactique fine, la feuille de match indique une production rĂ©partie, avec des buteurs capables de frapper Ă diffĂ©rents moments.
La vulnĂ©rabilitĂ©, elle, se voit surtout hors de Praia. Sur les cinq matches Ă lâextĂ©rieur, le Cap-Vert encaisse huit buts, dont quatre dâun coup Ă YaoundĂ©. Câest le scĂ©nario le plus inconfortable: quand lâadversaire impose un match rapide et punit les erreurs, le Cap-Vert peut se retrouver en poursuite, et ce nâest pas sa zone naturelle. Lâautre match rĂ©vĂ©lateur est le 3-3 en Libye: lâĂ©quipe sait rĂ©pondre offensivement, mais elle concĂšde trop dans un match qui part dans tous les sens.
Enfin, lâĂ©quipe semble trĂšs Ă lâaise dans les matches de âmarge minimaleâ, ceux oĂč un dĂ©tail dĂ©cide tout. Il faut une qualitĂ© mentale spĂ©cifique pour gagner 1-0 Ă rĂ©pĂ©tition: accepter que le match reste vivant, ne pas surjouer, ne pas se prĂ©cipiter aprĂšs un deuxiĂšme but âpour se rassurerâ. Cette capacitĂ©, câest souvent ce qui permet Ă une sĂ©lection de franchir un palier quand elle arrive sur la scĂšne mondiale.
Le groupe Ă la Coupe du monde
Le dĂ©cor change: groupe H, trois matches, trois villes amĂ©ricaines, et trois adversaires au profil trĂšs diffĂ©rent. Le Cap-Vert ouvre contre lâEspagne le 15 juin 2026 Ă Atlanta, enchaĂźne contre lâUruguay le 21 juin 2026 Ă Miami, et termine contre lâArabie saoudite le 26 juin 2026 Ă Houston. Dans un groupe comme celui-ci, lâordre des matches compte presque autant que les matches eux-mĂȘmes: commencer fort mentalement, survivre au deuxiĂšme, puis arriver vivant au troisiĂšme.
Table â Calendrier du Cap-Vert en groupe H
| Date | Stade | Ville | Adversaire |
|---|---|---|---|
| 15 juin 2026 | Mercedes-Benz Stadium | Atlanta | Espagne |
| 21 juin 2026 | Hard Rock Stadium | Miami | Uruguay |
| 26 juin 2026 | NRG Stadium | Houston | Arabie saoudite |
Le premier match, contre lâEspagne, ressemble Ă un test de patience. Pour le Cap-Vert, lâobjectif prioritaire nâest pas dâouvrir un match de bout en bout: câest dâĂ©viter de concĂ©der vite. Sa campagne qualificative montre quâil sait vivre dans le 0-0 et le 1-0, quâil peut tenir une cage propre Ă domicile, et quâil aime les matches oĂč le score reste sous contrĂŽle. Pronostic: gagne Espagne. Mais le scĂ©nario capverdien crĂ©dible, câest un match longtemps fermĂ©, oĂč chaque minute sans encaisser renforce lâidĂ©e que le coup est possible.
Le deuxiĂšme match, contre lâUruguay, arrive comme une charniĂšre Ă©motionnelle. AprĂšs lâEspagne, il peut y avoir deux Ă©tats: la frustration ou la confiance. Le Cap-Vert a montrĂ© quâil sait rebondir aprĂšs un choc, comme aprĂšs le 4-1 au Cameroun suivi du 1-0 contre la Libye. Ce type de rĂ©ponse est prĂ©cieux en tournoi. Pronostic: gagne Uruguay. LĂ encore, la mission capverdienne est claire: rester dans le match, ne pas offrir une sĂ©quence qui fait exploser le score, et croire Ă sa capacitĂ© Ă marquer sur ses temps forts.
Le troisiĂšme match, contre lâArabie saoudite, peut devenir la soirĂ©e oĂč tout sâĂ©crit. Câest le dernier match de groupe, celui oĂč les calculs existent, mais oĂč la simplicitĂ© est un avantage: jouer pour gagner ou jouer pour ne pas perdre, selon la situation. Le Cap-Vert, lui, a montrĂ© quâil savait gagner âpetitâ et tenir un rĂ©sultat. Sâil arrive Ă Houston avec une possibilitĂ© rĂ©elle de qualification, son profil de scores courts devient une arme: le 1-0 nâest pas une fiction pour lui, câest une habitude. Pronostic: empate. Parce que câest prĂ©cisĂ©ment le type de match oĂč le Cap-Vert peut faire durer, rester propre, et chercher le moment.
Le fil rouge, match par match, reste le mĂȘme: le Cap-Vert ne doit pas trahir son identitĂ©. Sa campagne a Ă©tĂ© bĂątie sur la maĂźtrise des dĂ©tails: un but tĂŽt (Diney 10â), un but tard (Y. Semedo 84â), un but au cĆur du second acte (Livramento 54â). En tournoi, ces minutages sont des fenĂȘtres: lâĂ©quipe sait que son match nâa pas besoin dâĂȘtre parfait 90 minutes, il doit ĂȘtre juste au bon moment.
Il y a aussi une leçon importante: le seul vrai accroc de la campagne, câest le 4-1 au Cameroun. Cela rappelle que si le match sâouvre trop tĂŽt, si lâadversaire impose une intensitĂ© qui provoque des erreurs en chaĂźne, le Cap-Vert peut subir une dĂ©faite large. Dans un groupe avec lâEspagne et lâUruguay, la premiĂšre demi-heure de chaque match prend un poids Ă©norme.
Clés de qualification pour le Cap-Vert
- Garder le match fermé le plus longtemps possible, surtout sur les deux premiÚres journées.
- Marquer le premier dĂšs que lâoccasion se prĂ©sente: la campagne montre que lâĂ©quipe sait ensuite protĂ©ger lâavantage.
- Ăviter les matches âsans freinâ comme le 3-3 en Libye: en tournoi, un match qui sâemballe coĂ»te souvent deux matches.
- Arriver au troisiĂšme match avec de lâair mental: ne pas se faire vider par un score lourd sur les deux premiers.
- Maximiser les phases oĂč lâĂ©quipe a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©cisive: dĂ©buts de match et derniĂšres minutes.
Opinion éditoriale
Le Cap-Vert nâa pas besoin de se dĂ©guiser en autre chose pour exister au Mondial. Sa force, câest cette normalitĂ© compĂ©titive: gagner quand il faut, refuser le chaos, transformer un match en dossier administratif oĂč le score se range sagement dans la bonne colonne. Dans une compĂ©tition courte, beaucoup dâĂ©quipes âjouent bienâ sans gagner; le Cap-Vert, lui, a montrĂ© quâil savait gagner sans briller, et câest une compĂ©tence rare quand les nerfs font partie du onze de dĂ©part.
Mais il y a une condition non nĂ©gociable: ne jamais laisser le match dĂ©cider du Cap-Vert Ă sa place. Le souvenir de YaoundĂ©, le 8 juin 2024, est lĂ pour ça. Cameroun 4-1 Cap-Vert: quand lâadversaire dicte le rythme et punit chaque erreur, lâĂ©quipe se retrouve dans une poursuite qui lâĂ©loigne de son ADN. Le Mondial ne pardonne pas les matches âhors scriptâ: lâavertissement est simple, presque banal, et pourtant essentiel â dans les grands tournois, la discipline nâest pas un mot, câest un score.
Si le Cap-Vert arrive Ă rester fidĂšle Ă cette campagne â celle des 1-0, des cages propres Ă Praia, des victoires extĂ©rieures sans hystĂ©rie â il peut transformer un groupe difficile en sĂ©rie de matches jouables. Pas forcĂ©ment brillants, pas forcĂ©ment spectaculaires, mais jouables. Et parfois, au Mondial, câest exactement comme ça que les histoires commencent: en refusant de perdre le fil, jusquâĂ ce que le fil devienne une corde, puis une traction, puis une surprise que plus personne ne peut ignorer.